28 avril 2009
Little miss sunshine - Film de Jonathan Dayton et Valerie Faris
Little miss Sunshine (2006)
Film de Jonathan Dayton et Valerie Faris
Avec
Abigail Breislin
Toni Collette
Greg Kinnear
Durée: 1h40 - Distribution: Fox
Olive est une petite fille qui rêve d'être miss. Par un heureux hasard, elle est repêchée dans un concours de miss après le désistement d'une des candidates... à l'autre bout des USA. Il faut alors partir dans le Volkswagen jaune avec toute la famille: le père castrateur et énervant, la mère scoot toujours, le frère mutique, le tonton gay et suicidaire et le papy héroïnomane. Autant dire que rien ne va véritablement se passer comme prévu d'autant que le van est lui-même un personnage à part entière et que lui aussi fait des caprice (il ne démarre qu'en troisième). Ils vont y arriver à ce concours mais dans quel état?
J'avais déjà entendu parler de ce film qui avait été un succès à sa sortie. première bonne surprise, celle de retrouver Toni Collette, la Muriel du mythique Muriel, cette jeune fille moche fan d'ABBA. Elle est incroyable dans ce rôle de mère courage pathétique qui tient sa famille à bout de bras comme elle peut. D'autre part, la surprise vient également des personnages qui ont une vraie histoire, de vraies félures et qui nous font nous attacher très rapidement. la seule chose que l'on pourrait reprocher au film, c'est un plagiat certain du titre dont la victime est une oeuvre incontestée aujourd'hui:
Ce road-movie improbable est une leçon de vie où la connerie ordinaire y est dénoncée, particulièrement durant la scène finale qu'il ne faut vraiment pas rater. Ce film est humain, une bouffée de bonheur qui doit sa réussite à sa sobriété. Ce film est une merveille, je ne mets que 4 étoiles car c'est la codification mais j'en mettrai bien plus si je pouvais.
*****
13 avril 2009
Signé Furax - Un film de Marc Simenon
Film de Marc Simenon
Avec
Bernard Haller
Jean-Pierre Darras
Paul Préboist
Durée: 1h30
Furax, bandit qui défraya naguère la chronique, est considéré comme mort mais un usurpateur le fait revivre. Deux inspecteurs rivaux (Bernard Haller et Jean-Pierre Darras) vont tenter d'élucider ce mystère à coups de bons mots et de situations totalement débiles mais qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse. Les deux hommes de loi marcher main dans la main et croisent donc une gallerie de portrait délirante où l'absurde le dispute aux jeux de mots foireux et néanmoins géniaux. La chute de l'histoire est surprenante, la première fois (mais j'avais 9 ans), je ne l'avais pas vu arriver.
C'est certainement la plus grande merveille du film absurde de cette deuxième partie du XXème siècle selon moi et issu du personnage crée par Pierre Dac et Francis Blanche. Bizarrement, Signé Furax vaut par son côté amateur sur les bords et une certaine maîtrise de l'art comique, ce qui constitue en soi un grand écart assez spectaculaire. L'art comique est représenté ici par la fine fleur du rire français. En effet, on y retrouve Bernard Haller, Daniel Gélin, Pierre Mondy, Jean le Poulain (De la comédie française s'il vous plaît qui est l'inoubliable Klakmuf), Michel Constantin, Jean-Pierre Darras, Roger Carel, Michel Galabru, Gérard Loussine, Gérard Hernandez, Paul Préboist, Jean-Marc Thibault (petit rôle de ministre de l'intérieur qui lit sa liste de course en direct), Patrick Préjean, Xavier Gélin, Fanny Cottençon (qui perd tout le temps le bouton de sa blouse quand elle rigole), Philippe Castelli même Pierre Desproges (dans un tout petit rôle de traducteur pour sourds et mal-entendants), Olivier Lejeune (enfin, lui il est pas drôle), Dany Saval et Coluche sont présents.
Ce qui est génial, c'est le fait que tout est en fait d'une rare subtilité dans ce road movie policier (si, si) où le système même de l'enquête est démonté puis remonté pour donner un truc très drôle où le scénario est génial et où les dialogues me permettent une bonne crise de rire une fois de temps en temps. Voici quelques répliques cultes:
Darras: "J'ai découvert…"
Haller: "Moi aussi, j'ai des couverts, je mange pas avec les doigts"
Haller à Dany Saval: "La situation se complique, appelez-moi Jérôme"
Saval: "Oh oui, Jérôme"
Haller: "Mais non, pas moi, l'inspecteur Jérôme, méduse primaire!!!"
A noter l'insulte suprême qui me paraît ce qu'on fait de mieux depuis longtemps "Méduse primaire"
On voit même apparaître Pierre Tchernia en flic et même Jean Richard dans le rôle de… Maigret ainsi qu'un tube géant qui n'a pas connu le succès escompté (d'ailleurs, si quelqu'un a le 45 tours, je suis très intéressé)
Les paroles:
Des figues des bananes des noix
Des noix des bananes des figues
Tout le monde y pue il sent la charogne
Y a qu'le grand Babu qui sent l'eau d'Cologne
Tout le monde y pue, y fait mal au cœur
Ya qu'le grand Babu qu'a la bonne odeur
Ce film, très rarement rediffusé à la télé, mérite cependant une place de choix dans l'histoire du film comique français pour sa fraicheur et son inventivité. C'est donc l'heure de fouiller intensément car ce film n'a jamais été réédité à ma connaissance.
Remanié le 11/04/2009 à 11h37
*****
05 mars 2009
La zizanie - Film de Claude Zidi
La zizanie
Film de Claude Zidi (1978)
Avec
Louis de Funès
Annie Girardot
Julien Guiomar
Durée: 1h36 - Distribution:
Guillaume Daubray-Lacaze (Louis de Funès) est un chef d'entreprise très ambitieux et visionnaire, il est également maire de sa ville. Il a envie de progresser, de vendre bref de s'enrichir de plus en plus. Bien que sa femme (Annie Girardot) soit très compréhensive, elle n'accepte absolument pas qu'après un contrat signé avec des japonais, son mari vienne envahir son espace vital qui est constitué principalement de son cher jardin. Elle décide dès lors de se présenter face à son maire de mari pour lui piquer sa place. C'est sur une liste écolo dont le deuxième est un médecin épris de Mme Daubray-Lacaze (Julien Guiomar) que celle-ci se présente, et là commence le bordel (d'où le nom du film).
Voici un charmant classique de Claude Zidi emprunt à l'air du temps, à savoir à l'époque l'écologie. C'est l'idée centrale de ce film qui nous montre un Louis de Funès certes fatigué à l'époque (une première crise l'avait frappé quelques années plus tôt) mais toujours aussi brillant, n'en déplaise à Pierre Richard qui refusa le rôle de Coluche dans L'aile ou la cuisse trouvant l'acteur has-been... Il est accompagné d'une nouvelle femme après Claude Gensac, Jacqueline Maillan, une petite fille (si, si) ou Suzy Delair, c'est Annie Girardot qui prend se rôle à merveille. Elle campe une femme patiente mais ferme, totalement hilarante et nous rpapelle une fois de plus qu'elle est une actrice géniale à qui on pense fréquemment.
Les blagues sont plutôt originales même si la mise en scène sent un peu le passage obligé. Il n'empêche que le plaisir reste intact et que le rythme est tout de même soutenu. Il est important de préciser que ce film montre un Louis de Funès romantique et amoureux, ce qui est fort rare, qui cherche à reconquérir sa femme par tous les moyens. Il est donc plaisant de voir que derrière le comique, il y a un petit coeur qui bat, c'est rassurant.
Au delà, si vous aime de Funès, ce sera forcément votre truc, sinon, il est possible que vous trouviez tout ceci un peu longuet. J'ai de la chance, je suis dans la première catégorie... Résolument.
****
12 janvier 2009
Podium - Film de Yann Moix
Podium
Film de Yann Moix (2004)
Avec
Benoît Poelvoorde
Jean-Paul rouve
Julie Depardieu
Durée: 1h35 - Distribution: Mars
Il est des métiers difficiles mais celui de Claude François est un métier fort compliqué d'autant plus qu'il y a de la concurrence. Mais cela n'est pas une difficulté pour Bernard Frédéric (Benoît Poelvoorde) car il est incollable sur Cloclo et même s'il ressemble à Françoise Sagan quand il est perruqué et costumé, Il reste une référence. Sa femme (Julie Depardieu) en revanche, n'en peut plus. Elle est au bord du divorce d'autant plus que Bernard devient de plus en plus tyrannique (comme son illustre modèle) et qu'il compte quitter son poste de conseiller financier pour repartir sur les routes avec son pote couscous (Jean-Paul Rouve), sosie de Michel Polnareff et organisateur pas dégourdi des tournées de Bernard. Quand Evelyne Thomas propose un concours de sosies, il n'y tient plus et part en vrille.
Quand on aime la chanson française comme moi, ce film tient de la bénédiction, et le livre encore plus. Je vous conseille si vous ne l'avez pas encore fait de le lire car il est drôle de repérer les quelques différences entre l'écrit et le filmé. par exemple, Couscous est le sosie de C. Jérôme dans le livre, ce qui était peut-être plus difficile à trouver dans les séances de casting. De plus, Yann Moix égrenne un panthéon des artistes oubliés, ce que j'ai fait durant trois ans sur une radio nancéienne (lui aurais-je piqué l'idée inconsciemment, c'est fort probable... N'empêche - et Clemence verra de quoi je parle si elle lit ses lignes - cette idée là, comme pas mal d'autres idées qu'on avait eu en radio à Fajet, nous ont été gaulées par deux animateurs connus de la bande FM spécialistes dans le pillage des radios locales, enfin passons...)
Pour en revenir au film, parce qu'on est tout de même là pour ça, Yann Moix signe une réalisation tonique et intelligente qui mêle un style classique de comédie mais également un style fréquemment vu dans les émissions de variété des années 70. Le réalisateur va même jusqu'à détourner des images de Cloclo dans un Top de Maritie et Gilbert Carpentier, ce qui permet à Benoît Poelvoorde de chanter dans un duo confondant Comme d'habitude. (Si je ne m'abuse, il remplace Petula Clark au piano).
Les acteurs sont géniaux: Poelvoorde qui est certainement l'un des acteurs les plus doués de sa génération avec Jean Dujardin irradie totalement et donne la quintescence de son talent. Jean-Paul Rouve dans ce rôle de crétin bouclé se défend particulièrement bien, la touche émotion est apportée par Julie Depardieu. A noter l'apparition de Mia Frye, d'Armelle mais aussi d'un paquet de sosie dont celui d'Obispo (je me demande même si ce n'était pas le vrai).
Le film a été tourné en partie au moulin de Dannemois (dont je salue l'équipe fort sympathique que nous avions rencontré l'année dernière) mais aussi dans une maison-témoin, ce qui donne à l'ensemble un ton décalé qui ne disparaît jamais du début à la fin. Le film est une réussite totale, la bande-son est juste un vrai bonheur pour qui aime la variété française. Certaines scènes sont cultes comme la scène qui se déroule dans le van Volkswagen et les dialogues sont ciselés comme rarement. Génial quoi.
*****
24 novembre 2008
Musée haut, musée bas - Film de Jean-Michel Ribes
Musée haut, Musée bas
Film de Jean-Michel Ribes (2008)
Avec
Michel Blanc
Julie Ferrier
Philippe Khorsand
Durée: 1h33 - Distribution: Warner Bros
Un musée, une exposition d'art contemporain, un conservateur à houpette (Michel Blanc), un ministre de la culture rose (André Dussolier), un groupe de pequenots qui viennent pour la visite (dont Gérard Jugnot), une guide qui court (Julie Ferrier) et qui parle danois (merci Thibaut), un visiteur qui a perdu sa voiture (Daniel Prévost), une visiteuse fan de Kanslovski (Muriel Robin), un groupe de surveillants poètes (dont Fabrice Lucchini), une classe qui court en criant au milieu de l'expo et surtout une invasion végétale inquiétante, telle est l'histoire de ce film totalement barré.
Jean-Michel Ribes est l'heureux papa de Palace (qui est une merveille). Il signe ici une critique acerbe de la culture et de ceux qui la porte aux nues, qui font mine de la comprendre, qui y vont parce que tout le monde y va. C'est entièrement bizarre et la moquerie va jusqu'à la parodie totale. Ce film est réjouissant comme rarement et comme vous venez de le lire ci-dessus, il n'y a pas véritablement une intrigue mais c'est plutôt une fable qui permet de retrouver l'ambiance que l'on a connu dans Palace avec d'ailleurs une partie des acteurs de l'époque. Ainsi, on voit passer Valérie Lemercier en plein aphorisme, Eva Darlan ou encore le regretté Philippe Khorsand.
C'est aussi la richesse du casting qui rend le film délectable. En tête, Michel Blanc est parfait dans un rôle de conservateur ellitiste (un peu dans le même style que Christian Clavier/Jacquard), Dominique Pinon, Victoria Abril, Josiane Balasko en mère castratrice, Isabelle Carré - géniale en ravie de la crèche - dans le même groupe que Pierre Arditi, Gérard Jugnot, Laurent Gamelon et Chantal Neuwirth, Valérie Mairesse, François Morel, Yolande Moreau ou encore Annie Grégorio. On retrouve aussi des tous petits rôles que j'affectionne particulièrement comme Sophie Artur et Jean-Michel Ribes lui même, en train de pisser avec Dominique Besnehard...
L'art est malmené avec délectation dans des saynettes géniales, un peu longues dans quelques cas mais ce n'est pas si grave, où pèle-mêle on est soi-même une oeuvre d'art, où on assiste à une expo de bites (hé oui), où un artiste tue sa mère pour la faire entrer dans la postérité. Le film est une bizarrerie réjouissante et décomplexée où l'art qui semble autoriser certains à toiser d'autres est donnée pour ce qu'il est à savoir une forme de langage complexe que tout le monde consomme avec avidité mais qui ne doit pas être mis brut entre les mains de tout le monde - et surtout pas entre les mains de ceux qui s'auto-proclament spécialiste. C'est une dérive que Jean-Michel Ribes attaque et il réussit brillamment à dénoncer des pratiques idiotes en passant par la parabole de la nature (le vrai art) qui reprend ses droits sur l'art d'aujourd'hui, matérialiste et souvent inintéressant. Les fans de Palace vont adorer, les autres vont peut-être pester comme cette vieille dame qui est sorti avant notre séance totalement déconfite. On peut voir ce film comme une oeuvre démago, je pense qu'il n'en est rien, c'est juste une mise au point intelligente et sensée.
*****
23 octobre 2008
Hairspray - Film de John Waters
Avec
Ricki Lake
Divine
Debbie Harry
Durée: 1h29 - Distribution: New Line
Tracy Turnblad (Ricki Lake) est une fan d'une émission de danse quotidienne diffusée sur une chaîne locale de Baltimore. Avec sa copine Penny Pingleton (Leslie Ann Powers), elles bougent leurs corps devant les nouveaux tubes tout en rêvant d'apparaître à la télé. Malgré les remontrances de sa mère (Divine), elles se rapprochent petit à petit de cette émission jusqu'à ce que Tracy puisse y participer. elle va se retrouver face à une petite punaise nommée Amber Von Tussle (Colleen Fitzpatrick) qui, aidée de sa mère (Debbie Harry), va lui mener la vie dure. Tracy va également rencontrer la population noire et modeste de Baltimore qui sont mis au ban injustement dans cette période où la ségrégation bet son plein dans cette partie du monde.
Nous avions déjà parlé de ce film mais plus exactement du remake sorti l'année dernière avec John Travolta. L'original ressemble donc pas mal au remake, ce qui est somme toute normal, mais ce qui est intéressant, c'est que cet original ne ressemble pas autant dans le fond à sa copie. En effet, cette version propose une histoire bien plus concentrée en se penchant sur le problème du racisme, et d'ailleurs de manière générale sur le problème de la différence, avec beaucoup plus d'efficacité que son double. Alors bien sûr, on retrouve l'esprit festif des années 60 mais la manière de traiter l'air du temps est bien plus directe que dans la version 2007.
La mise en scène est donc énergique et maligne avec quelques jolies trouvailles comme ce générique à la bombe de laque mais aussi cette idée de faire une sorte de comédie sans ces passages quelquefois épuisants de chansons mièvres et sans véritablement d'intérêts pour l'intrigue, comme on peut le voir dans certains Disney par exemple.
Les acteurs laissent quelques surprises puisqu'on voit apparaître trois stars de la chanson (chez nous ou aux Etats-Unis) à savoir Sonny Bono, le regretté ex-mari de Cher, dans le rôle du papa de la rivale de Tracy, la maman est d'ailleurs joué avec beaucoup de talent par la géniale Debbie Harry, chanteuse du cultissime groupe Blondie que nous avions plus l'habitude de voir passer en tant que compositrice (dont l'apparition époustouflante du Heart of glass quand Joachim Phoenix rentre dans la discothèque dans La nuit nous appartient) et qui ici remplit tout à fait le rôle de la vénéneuse Velma Von Tussle. On retrouve également au hasard d'une scène Pia Zadora (habituée aux petites apparitions) dans le rôle d'une allumée psychédélique. Il faut bien sûr faire une place à l'extravaguant transformiste Divine (décédé quelques semaines après le tournage) qui joue le rôle de la mère mais également du producteur facho, ce qui est une performance vraiment remarquable.
L'ensemble est charmant et, qualité suprême, donne à réfléchir. John Waters, sous couvert d'une promenade dans les années 60 du twist et du mashed potatoes nous apporte une vision subtile et pleine de véracité des années Kennedy où l'Amérique n'est pas si jolie.
*****
05 septembre 2008
Le père Noël est une ordure - Film de Jean-Marie Poiré
Le père Noël est une ordure
Film de Jean-Marie Poiré (1982)
Avec
Anémone
Thierry Lhermitte
Gérard Jugnot
Durée: 1h23 - Distribution: Trinaca
C'est Noël à SOS amitié comme partout ailleurs, et comme tous les jours, il faut des bénévoles. C'est Mortez (Thierry Lhermitte) et Thérèse (Anémone) qui s'y collent car Madame Musquin (Josiane Balasko) n'a pas que ça à faire, elle a un réveillon à Créteil. Mais là, tout va aller de travers: Madame Musquin va se retrouver coincée dans l'ascenceur, un voisin irrascible (Martin Lamotte) va gueuler très fort, Zézette (Marie-Anne Chazel), la protégée de Thérèse, va se réfugier à la permanence car elle est poursuivie par son mec déguisé en père Noël (Gérard Jugnot), un travelot (Christian Clavier) s'invite lui aussi pour s'épancher et cerise sur le gâteau, Presko (Bruno Moynot) monte des spécialités infectes de son pays.
C'est la comédie, avec celle-ci, la plus réussie des années 80 car outre le côté comique et burlesque avec ses répliques culte dont tout le monde se souvient, il ne faut pas oublier que tout ceci vient d'une pièce de théâtre. L'histoire est quelque peu amménagée pour des raisons cinématographiques mais tout ceci reste incroyablement profond. Il est clair que l'intrigue se base sur une critique d'une société hypocrite et froide où certains se dévouent pour flatter leurs égo et non pour aider les autres, comme on pourrait le penser initialement.
Tout ceci est passé à la moulinette par une équipe du Splendid très en forme avec en tête Anémone et Thierry Lhermitte, excellents dans des rôles de coincés traditionnalistes mais pervers. Il faut souligner aussi le rôle de Katia qui prouve encore qu'il peut-être épatant quand il n'est pas en roue libre, comme par exemple dans ce rôle de travesti qui paraît être le personnage le plus "normal" et le plus humain de toute cette gallerie de portraits.
Encore plus fort que Les bronzés, le père Noël réussi là où le club Med s'était loupé, à savoir une intrigue intelligente et bien menée, un sens de la dérision hors du commun et surtout une distribution heureuse avec l'ensemble de la troupe du Splendid (il ne faut pas oublier Michel Blanc au téléphone) et mon Jacques François. Jean-Marie Poiré n'était pas encore tombé dans une réalisation parkinsonienne ce qui rend l'ensemble intelligent, déconcertant, hilarant et passionnant.
*****
03 juillet 2008
La cité de la peur - Film d'Alain Barbarian
Film d'Alain Berberian
Avec
Chantal Lauby
Alain Chabat
Dominique Farrugia
Durée: 1h39 - Distribution: Telema / Le studio Canal
Je ne pouvais pas décemment parler de cinéma sans aborder ce film merveilleux qu'est "La cité de la peur". J'ai failli me pisser dessus la première fois (excusez pour ce manque d'élégance) ainsi que la deuxième, la troisième et même les autres. L'histoire est celle d'Odile Deray (splendide jeu de mots), attachée de presse, qui doit défendre un film complètement pourri, "Red is dead". Le hasard fait qu'une série de meurtres va frapper les différents projectionnistes du film. Elle aura les services de Karamazov afin de protéger Simon, l'acteur principal et un peu crétin, amateur d'abats (les morceaux de viande, pas le groupe...).
Cette comédie policière totalement loufoque est peut-être le film le plus réussi que je connaisse, le plus abouti dans la drôlerie. Tout est bon... comme dans le cochon. Beaucoup d'autres films ont lorgné sur les gags présents dans l'Oeuvre (oui, je mets une majuscule) mais aucun ne lui arrive à la cheville. Les références cinématographiques existent: "Pretty woman", "Terminator" ou encore "Basic Instinct", les clins d'oeil aux procédés filmiques également. En effet, rappelez-vous du long (trop long?) ralenti sur les marches du festival de Cannes ou encore de l'ellipse à Vera Cruz. Les seconds rôles sont eux aussi très bien menés pelle-melle par Valérie Lemercier en veuve joyeuse et bien sûr Le splendide Gérard Darmon dans le rôle du commissaire Bialès.
Le meilleur du meilleur c'est que, vous savez quoi? Il y a un scénario! Oui, un vrai scénario qui se tient même s'il s'agrémente de moments totalement dingues et emprunts de non-sens comme on en fait hélas plus. Les références se multiplient avec beaucoup d'intelligence et le film ne connaît à aucun moment de coups de mou, ce qui est appréciable.

SECU (Il faut avoir vu le film en fait pour comprendre,
Ah mais faites un effort aussi...)
Les gags sont fin ou pas fins, les dialogues itou ("Vous voulez un whisky?" - "Oh, juste un doigt" - "Vous voulez pas un whisky d'abord?") mais le tout est remarquablement réussi. Tout y est intéressant et l'on découvre encore des détails même après une quarantaine de visionnages (Si vous regardez bien "Red is dead", vous verrez un chat encastré dans le mur) et l'on prend toujours plaisir à revoir les quelques célébrités comme Dominique Besnehard, Dave ou Pierre Lescure qui apparaissent dans le film.
C'est une merveille, revoyez-le et apprenez les dialogues par coeur.
*****
La scène de la rencontre featuring Dave
17 juin 2008
Serial mother - Film de John Waters
Serial mother
Film de John Waters (1994)
Avec
Kathleen Turner
Sam Waterson
Matthew Lillard
Durée: 1h35 - Distribution: Polar Entertainment
A Baltimore, on est heureux. La famille Stuphin peut en témoigner. Beverly est mariée à un dentiste charmant et attentionné (Sam Waterson), elle a de beaux enfants un peu trop fans peut-être de films d'horreur et des voisines vieilles mais souriantes. Cela dit, Beverly cache un petit secret, elle ne supporte pas la médiocrité et se sent obligée de l'effacer quand elle la voit. Ainsi, elle peut faire une fixette sur des détails insignifiants qui la rendent dingue. C'est ainsi qu'elle va massacrer pas mal de gens dans la joie avec l'admiration béate de pas mal de gens dont ses enfants.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que Kathleen Turner s'éclate. Elle est pour ainsi dire en liberté dans cette comédie absolument déjantée où John Waters se fait un malin plaisir de dégommer une société américaine ridicule par tant de valeurs rétrogades et troublantes. Cette famille de cinglés représente certainement ce que John Waters déteste le plus avec en tête donc une mère de famille psychorigide comme rarement, excepté certainement Bree de Desesperate housewifes qui trouve indéniablement sa source dans le personnage de Kathleen Turner.
Le rôle de Beverly Stuphin ressemble à ce que l'Amérique est devenue car là est bien le sujet du film: un personnage plus que border line qui peut faire les pires atrocités sans que l'on trouve ça affreux. On s'offusque bien sûr mais c'est pour la beauté du geste, ne se lassant jamais d'admirer l'ignoble. Kathleen Turner trouve donc ici un rôle à sa mesure et Sam Warterson, le procureur général de New York Unité Spéciale, campe le rôle surprenant d'un mari surpris et dépassé. Les seconds rôles sont eux aussi très réussis avec en avant les deux enfants du couple (Matthew Lillard et Ricky Lake) qui jouent à la perfection les amateurs de films d'horreur qui voient pour ainsi dire leurs phantasmes se réaliser quand leur môman zigouille à coup de ciseaux, de téléphone et même de gigot.

Vous reprendrez bien un peu de gigot?
Les actions de l'ensemble des personnages sont cautions à reflexions car ils veulent absolument prouver leur pureté mais ne font que nous montrer le contraire. Cela donne lieu à des scènes hallucinantes avec par exemple cette scène d'amour magistrale entre Kathleen Turner et Sam Waterson ou encore l'exploitation des horreurs de leur mère par les propres enfants.
Tout ceci est subtil, plein de charme et d'acidité. C'est une comédie dérangeante car on y zigouille avec délectation mais on le fait aussi avec classe. C'est donc un anti Bernie (de et avec Dupontel que je veux d'ailleurs plus jamais revoir même si, ma prof de français de 2nde s'en rappelle peut-être, ce fut ma toute première critique de film) qu'il faut voir d'urgence.
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13 juin 2008
Les aventures de Rabbi Jacob - Film de Gérard Oury (1973)
Les aventures de Rabbi Jacob
Film de Gérard Oury (1973)
Avec
Louis de Funès
Claude Giraud
Henri Guybet
Durée: 1h35 - Distribution: Films Pomereu
La question reste posée: Dois-je vous raconter l'histoire? Bon... on peut imaginer que certains n'ont jamais vu ce film alors je me lance. Victor Pivert (Louis de Funès) est un patron d'entreprise désagréable et raciste, il a pour chauffeur Saloman (Henri Guybet) qui est juif contre toutes attentes et une femme prénommée comme ma grand-mère c'est à dire Germaine (Suzy Delair) et qui officie comme dentiste. Pivert se retrouve embarqué dans le conflit israelo-palestinien après être tombé en panne non loin d'une usine de chewing-gum où Fares (Renzo Montagnani) colle des baffes au beau Slimane (Claude Giraud). Après s'être fait remarqué, Pivert et Slimane prennent l'apparence de Rabbis mais sont confondus avec Rabbi Jacob (Marcel Dalio) et entraînés dans une histoire échevelée avec à leurs trousses, Farès et le commissaire Andreani (Claude Piéplu).
C'est certainement l'une de mes comédies préférées car elle ne fait pas que rire, elle est aussi très fine. L'intelligence de l'intrigue et la subtilité des gags rend l'ensemble particulièrement intéressante. Je ne peux pas m'empêcher de penser que ce film ne pourrait plus se monter aujourd'hui. En effet, les blagues sur les juives pourraient être mal prises alors qu'elles sont ici utilisées pour dénoncer le racisme. Le personnage de Louis De Funès est un raciste (j'allais dire sale raciste mais c'est un pléonasme) risible (ce n'est malheureusement pas un pléonasme cette fois) qui ne fait que servir la thèse de l'oecuménisme et de l'attente entre les peuples.
L'intrigue est particulièrement bien menée grâce un rythme soutenu et à des gags présents de manière presque permanente. Gérard Oury et Danièle Thompson se sont surpassés dans le burlesque avec force grimaces du génial De Funès, quiproquos de fous, gags subtiles et jeux de mots rigolos ("C'était Farès, c'est effarant"). On s'amuse réellement et on ne peut que détecter les scènes cultes: la scène de la cuve à chewing-gum, du tapis roulant, de la pompe à essence et surtout, surtout, la scène de la danse qui d'ailleurs a été parodié sur fond de tektonik sur Internet (ici). D'ailleurs, dans la série parodie tektonik, je vous offre celui-ci.

Last night, a DJ saved my life
Les acteurs sont au top comme rarement avec De Funès en tête bien sûr mais aussi Henri Guybet en chauffeur attachant, Claude Giraud (qu'on a jamais revu d'ailleurs) en opposant oriental ou encore Suzy Delair en dentiste allumée. Il faut citer aussi l'ensemble des seconds rôles réjouissants que nous offre Oury car des seconds rôles il y a, et même des très surprenants: ainsi Marcel Dalio joue Rabbi Jacob, Claude Piéplu est Andreani et mon Jacques François le colonel, mais on retrouve également des petits nouveaux de l'époque avec une apparition express de Gérard Darmon qui termine dans la cuve à chewing-gum, Xavier Gélin en fiancé abruti ou encore l'apparition sur la fin de Miou-Miou qui joue la fille de Louis de Funès.
Une comédie très réussie donc qui reste selon moi l'une des plus belles réussites de la carrière du grand (par le talent) De Funès avec peut-être celui-ci. C'est une réussite absolue et une bien belle leçon sur le respect et la paix avec cette poignée de main inoubliable entre Slimane et Salomon.
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