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Fiche technique:

Invasion USA
Film de Joseph Zito (1986)

Avec
Chuck Norris
Richard Lynch
Melissa Prophet

Durée: 1h47 - Distribution: MGM

 

L'Amérique est à feu et à sang, le président a peur, les crocodiles aussi mais pour d'autres raisons car aujourd'hui ils sont face au poilu des marécages. En effet, notre Chuck est une sorte de Crocodile Dundee rangé des actions violentes qui sauvaient accessoirement la veuve, l'orphelin et de manière générale, tout ce qui est américain. N'empêche, il est bien obligé de reprendre du service car là, c'est un peu le drame. Reprendre du service est un bien grand mot d'ailleurs car le film tarde à démarrer et sincèrement, c'est un peu compliqué au début... mais après on rigole bien.

Des apparitions géniales de Chuck, on en a connu, mais la première de ce film est une sorte de méga best-of puisque notre poilu arrive sur un aéroglisseur. Inquiétant non? En tout cas, le début donne la couleur au reste du film. En effet, que vient faire Chuck Norris sur un aéroglisseur? Il n'y a aucune logique scénaristique là-dedans. . Rares sont les films aussi mal fichu. Les 50 premières minutes n'ont quasiment aucun sens, reléguant les prétencieuses productions d'art et essai culcul à des films d'une clarté incroyable. Ici, s'enchaînent des scènes bizarres: Des boat-people dézingués par des gardes-côtes puis une fille qui sniffe de la coke finit avec la paille plantée dans le nez, un gars prend un coup de flingue dans le froc, un sosie de Michel Platini pagaye au milieu d'un marécage de nuit, une tentative d'attaque au bazooka rêvée par un russe incompréhensible... où le réalisateur en profite pour réutiliser un plan d'aéroglisseur utilisé quelques minutes avant (Il devait être certainement loué pour la journée de tournage). Bref, c'est un joyeux bordel seulement éclairé par l'apparition toujours extravagante de Chuck qui apprivoise un caïman... en écrivant ces quelques lignes, je me rends bien compte que certains n'oseront jamais le croire, et pourtant, le film fonctionne comme ça.

On voit enfin le bout du tunnel avec un semblant de début de scénario: Chuck est là pour sauver l'Amérique... Bon, ça, avec un peu d'expérience, on pouvait s'en douter mais ici, il combat, contexte politique oblige, des grands méchants soviétiques et des chinois fourbes et cruels mais le tout se fait sur un ensemble de scène qui se succèdent sans aucune cohérence et dont le seul point commun est la violence extrême. Chuck Norris ne bouge quasi pas le visage en cassant la gueule aux méchants, il use et abuse de sadisme également (après tout, ils sont très méchants, pourquoi se priver?) et en profite pour lâcher des phrases définitives pour le plus grand plaisir de ses fans dont cette phrase splendide balancé à un méchant piégé avec une grenade à la main: "Tu peux être sûr que tu repars avec la bite dans un tupperware". Classe.

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Va falloir penser à pas le faire chier

N'empêche, Chuck sauve le monde et use encore de son pouvoir comique involontaire pour nous combler à longueur de pellicule. Il cogne, il fait des blagues à deux balles, mate une journaliste dont visiblement, vue la tenue, le journalisme n'est pas le métier principal et surtout coupe des arbres en compagnie de son tatoo domestique (véridique) avant que sa maison nu parte en fumée. On ne dira jamais assez que le barbu du Texas est un grand de l'humour. N'empêche, le film reste un ratage bien que restant dans la veine des films que tournent Chuck dans ces années là: des films patriotiques au taux d'hémoglobine conséquent et quelquefois au scénario inversement proportionnel au sang versé. C'est le cas ici. Avec Isa, on l'a vu en trois fois, Amandine a déclaré forfait au bout de quelques minutes, on ne peut pas la blâmer.

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