Les_tontons_afficheLes tontons flingueurs (1963)

Film de Georges Lautner
Avec
Lino Ventura
Bernard Blier
Francis Blanche

Durée: 1h45 - Distribution: Gaumont

 

Reprenons donc ce site avec du classique. Et là, c'est du lourd, du très lourd, du brutal. L'idée de remettre cette critique (réécrite et réorchestrée par mes soins par rapport à l'embryon proposé il y a bientôt 3 ans) à l'honneur m'est venu hier lors d'un chouette week-end messin avec Isa et Nicolas où nous avons regardé... Les barbouzes. Oui, je sais, ça n'est pas le bon film mais, bande d'impatients, vous l'aurez la semaine prochaine.

L'histoire est simple: un ponte de la mafia va casser sa pipe incessamment sous peu et convoque un très vieil ami pour passer la main. Ce n'est pas du tout du goût des frères Volfoni qui pensaient récupérer le marché. Que nenni! Fernand Naudin (Lino Ventura), aidé par Maître Folasse (Francis Blanche - c'est pas beau ça?) et Jean alias John alias le formidable Robert Dalban avec son accent anglo-parigotanglo-parigot, va d'une part sauvegarder l'argent du défunt mafioso et d'autre part surveiller la fille de son ami dragué par un fougueux et volubile Claude Rich.

Ce film n'existerait pas et n'aurait pas eu cette notoriété sans les dialogues merveilleux, incisifs et tranchants signés Audiard. Ici, nous n'allons pas citer les dialogues, ce serait du remplissage et on n'est pas là pour ça (bon, si vous êtes sage, je vous en donnerai une ou deux).

Il n'empêche que les acteurs sont géniaux avec en tête bien sûr Lino Ventura et Bernard Blier qui avec leur gouaille, leur bonhomie et leur énergie transcendent ce film. Même certains acteurs pas particulièrement brillants au départ, je pense bien entendu à Jean Lefebvre qui s'est perdu dans beaucoup de nanards durant sa carrière, vont au bout de leurs limites grâce à Audiard.

Il faut aussi ajouter aussi la musique de Michel Magne qui rend l'ensemble noir et parodique à la fois, ce qui est une jolie performance quelque part. Tout comme le bruit des silencieux, des coups de boule façon steacks écrasés contre des vitres qui donnent une impression suranée absolument délicieuse.

Et forcément, tout ceci donne quelques scènes cultes qui peuvent être vues et revues à l'infini sans pour autant s'en lasser. C'est absolument génial, on s'attache à ses méchants sympathiques qui picolent comme personne comme dans la mythique scène de la cuisine où on se demande véritablement si tout ceci est feint ou pas.

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La scène de la cuisine... C'est culte

Bref, c'est une merveille, je suis conquis, vous l'aurez compris. Et je l'avais promis, voici une petite réplique qui ne fait d'ailleurs pas partie des plus connues et c'est Lino qui parle: "Patricia, mon petit... Je ne voudrais pas paraître vieux jeu, encore moins grossier. L'homme de la pampa parfois rude reste toujours courtois mais la vérité m'oblige à te le dire: ton Antoine commence à me les briser menu."< /p>

Re re re re re voyez-le. Ce film est une merveille.

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