Catwoman_affiche

Fiche technique:

Catwoman
Film de Pitof (2003)

Avec
Halle Berry
Benjamin Bratt
Sharon Stone

Durée: 1h44
Distribution: Warner Bros

 

Patience Philips a une vie un peu pourrie. Grande artiste incomprise, c'est une salariée timide et effacée dans une boîte de cosmétiques. Ecrasée par un patron tyrannique (Lambert Wilson), ce qui constitue un premier stéréotype, elle porte un prénom qui évoque une qualité et un nom désignant une marque d'appreil électroménager, on lui fait alors confiance pour transporter les plans d'une nouvelle crème de jouvence...

Bon, il faut ici faire une parenthèse car la raison pour laquelle elle joue les transporteurs n'est pas celle évoquée plus haut mais comme nous sommes, d'une part, tombés dessus un peu par hasard sur Direct 8 et d'autre part, que nous savions que ce film était un magnifique objet de dérision, nous avons un peu zappé les premières minutes.

Parenthèse fermée, on y retourne...

Abstinence... Euh, Défaillance... Non, Patience a l'oreille qui traine et entend des choses pas très catholiques sur ce produit. En effet, la crème de beauté et une crème de mocheté qui tue lentement mais sûrement les utilisatrices. Elle se fait évidemment toper par les sbires du méchant patron et doit sauter dans une bouche d'évacuation (Serait-ce une sorte d'aveu coupable de la part du réalisateur)? Elle est réanimée par un chat (?) puis décide de devenir une super-héroïne (??), ce qui va nous entrainer dans un Nirvana de n'importe quoi.

La mauvaise réputation de ce film ignoble ayant fait son effet, il n'est pas évident de se débarasser des a priori. Mes scrupules furent effacés rapidement car, c'est officiel, c'est très mauvais.
Le réalisateur est un spécialiste des effets spéciaux et hélas, ça se voit. Résultat: Pendant la quasi-intégralité du film, les personnages naviguent dans des paysages qui sont au pire méchamment recréés ou au mieux, retouchés avec les mêmes couleurs que "Les Experts: Miami". Le "créateur" n'épargne pas les acteurs, retouchés sauvagement à la palette graphique. Passons sur Halle Berry, car je me la paye dans le prochain paragraphe, et penchons-nous sur une Sharon Stone plus lisse que Nicole Kidman botoxisée. L'inoubliable interprète de "Basic Instinct" joue correctement - un exploit dans ce film - mais Pitof en fait une poupée Barbie plastifiée.

Halle Berry... Aaaaaaaaaaaaah-lle Berry, quant à elle, offre de quoi réjouir tous les amateurs de second degré involontaire. Passons sur le fait qu'elle fait penser à un bonshomme caoutchouc dans les scènes d'action et regardons de plus près son surjeu hors du commun.
Elle passe sans vraiment de nuances d'une godiche pathétique qui s'habille mal à une exhaltée totale tournant des yeux sans limites, mimant le chat (tortillage de cul, crachats félins, sauts sur les meubles, caractère à la limite de la schyzophrénie et j'en passe) et débitant les pires lieux communs. On en reste quoit tant elle est ridicule dans un rôle sans queue ni tête... C'est pas compliqué, le seul moment où elle joue bien, c'est quand elle se fait réanimer par le chat...

Acteurs en roue libre, personnages superficiels et insignifiants, intrigue toute pourrie, rien n'est à la hauteur du projet prétencieux qu'est une adaptation cinématographique de la femme-chat. Les acteurs les plus brillants font ce qu'ils peuvent (Sharon Stone donc, mais aussi Frances Conroy qui, hélas, a aussi son lot de conneries à dire) ou attendent que ça se termine avec un embarras visible (comme Lambert Wilson notamment).
Les plus mauvais sombrent gentiment. C'est bien entendu le cas de Halle (aux vêtements) Berry dans sa combinaison bleue déchirée et de Benjamin Bratt, mauvais comme un cochon dans son rôle de flic au grand coeur dont la scène la plus drôle involontairement demeure celle où il intervient dans une école primaire.

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La folle aux chats

Catwoman tient toutes ses promesses. C'est ridicule, bête, moche et prétencieux. En revanche, ce n'est pas ennuyeux puisqu'on rigole beaucoup. Je n'ai remarqué aucune trace d'imagination dans le scénario certes, mais comme on peut s'attendre à ce qui va se passer à la fin et que les lieux communs scénaristiques se ramassent à la pelle (changement de vie totale pour Halle Berry, Méchante perverse pour Sharon Stone, lecture de lettres en voix-off pour Benjamin Bratt qui joue le rôle d'un sex-toy pour une détraquée félinophile), on se laisse bercer gentiment en attendant que ça se termine... Et ensuite? Un suppo et au lit.

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