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Fiche technique:

La Zona, propriété privée
Film de Rodrigo Pla (2008)

Avec
Daniel Gimenez Cacho
Daniel Tovar
Alan Chavez

Durée: 1h38
Distribution: Memento

 

Au Mexique, une propriété privée prévue pour des familles aisées existe au milieu des favellas. Elle est protégée par de hauts murs d'enceinte, des barbelés et une société de protection privée parallèle à la police qui dès lors, n'a pas le droit de cité ici. Il faut dire que les flics là bas sont corrompus et ferment les yeux sur certains méfaits qui se passent derrière ces murs contre monnaie sonnante et trébuchante. Un jour, le mur d'enceinte est abimé par une enseigne mal attachée et par une nuit de tempête, trois jeunes issus de la population pauvre pénetre dans la Zona pour voler. Malheureusement, le braquage tourne mal, une femme, un gardien et deux des voleurs sont tués. S'installe alors un climat de suspicion pesant dans la communauté d'autant plus que tous ces petits bourgeois si égoïstes (pléonasme) sont importunés par un flic consciencieux (oxymore) et que Alejandro (Daniel Tovar), jeune rejeton d'un couple de petit bourgeois cité plus haut, découvre que le troisième voleur s'est installé dans sa cave.

Rodrigo Pla signe ici une oeuvre qui se rapproche du reportage. Le travail est sombre et soigné. la lumière est ingénieuse. Cela suffit-il pour en faire un bon film? Non. Ce qui en fait un film particulier est sûrement ce rythme un peu lent qui rend l'ensemble particulièrement austère. Austère, c'est le terme qui colle à la peau de cette communauté sans joie où l'objectif reste le bonheur même si l'on doit passer par la violence.

C'est donc un bonheur tout relatif qui nous est présenté ici et les acteurs troublent par un jeu juste et violent. Je dois le dire, c'est la première fois depuis que je fais ce blog que je change d'avis aussi radicalement dans le dernier quart d'heure du film. La lenteur et l'austérité de ce film prend tout son sens dans les scènes de fin qui sont d'une rare justesse mais également d'une violence inouïe. Je ne vais certainement pas vous raconter la fin même si ça me démange mais c'est tout bonnement une claque dans la gueule, une remise en question jouissive qui m'a tout bonnement marqué.

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Un monde parfait?

Ce film a été récompensé à Venise et c'est justifié. La Zona propriété privée dénonce une société à deux vitesses qui se jouxte et qui ne se reproche plus rien. Des bourgeois idiots aux flics salauds, il est vrai que tout ceci peut paraître schématique mais les populations pauvres ne sont pas des modèles de vertu pour autant, c'est donc un film pessimiste et sauvage qu'il faut absolument voir.

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