Port_s_disparus_affichePortés disparus
Film de Joseph Zito (1984)

Avec
Chuck Norris
M. Emmet Walsh
Lenore Kasdorf

Durée: 1h41 - Distribution:

 

 

Vietnam (?), Les années 80 (?), Braddock (Chuck Norris) revient sur les terres de ses exploits passés où il a démembré quelques milliers d'asiatiques pour se venger car ils l'ont fait prisonnier... oui, je sais, il est long à la détente, et après? Toujours est-il qu'il vient là pour faire bouffer son acte de naissance à un obscur général qui dort dans un lit à baldaquin avec des draps roses (véridique). Pour se faire, Chuck va demander l'aide de personne pendant quarante très longues minutes avant de prendre l'appui d'un quasi obèse en chemise à fleurs qui va lui louer un pneumatique (car Chuck aime les pneumatiques). De ce fait, Braddock peut as souvir sa vengeance et accessoirement aller sauver ses camarades qui d'ailleurs n'ont pas l'air de le connaître quand il arrive à la fin pour les secourir... Oui, c'est pas bien, je vous ai raconté la fin mais en même temps...

Chuckounet nous a tour à tour amusé, comblé par des rôles de composition, fasciné avec son jeu d'acteur, repu de bonnes répliques, ébloui par la rédemption par le sport. Mais ici, niet, nada, nicht, không (ça veut dire non en vietnamien), Chuck a été vidé de sa substance (mis à part une petite référence religieuse quand Chuck sort des eaux) et le regard de veau qui le caractérisait s'est envolé. Ici, point de symboles chuckiens au rendez-vous. Le film débute par un cauchemar forestier, un peu comme Forrest warrior, mais ici des méchants vietnamiens essayent de tuer le valeureux poilu texan. C'est à peu près la seule idée scénaristique du film. le reste se confine à une succession de scènes type Martine à la plage: Chuck dans la forêt, Chuck à une réception à l'ambassade, Chuck fait de l'escalade, Chuck fait du vaudeville (on va y revenir), Chuck sauve des américains... mais aucune trace de ces signes distinctifs qui ont fait sa réputation. Autant vous dire que la déception commence à poindre sérieusement.

Bien sûr, le moustachu taciturne arrive à nous arracher quelques sourires involontaires en nous gratifiant d'une scène extraordinaire qui nous montre bien que celui-ci est un gentleman. En effet, sur une invitation innocente de la caution féminine du film, Chuck se fout littéralement à poil gardant - hélas pour nous - son slip et ses chaussettes. La fille n'ayant pour CV d'actrice que ses seins nous mime la gêne de manière catastrophique et Chuck comprend alors il se rhabille, c'est presque du Marguerite Duras tant l'ellipse est présente, on en vient quasiment au surréalisme, Chuck est un connaisseur, un précurseur; ce n'est pas un mauvais film, en fait, il rend hommage.

Essayons de redevenir sérieux car vraissemblablement, on arrive à un moment crucial du film où l'humour volontaire paradoxalement ne fait absolument pas rire. On est consterné face à tant de ridicule et notre petit coeur de midinette saigne. On a envie de lui crier "coi chừng" (Fais attention en vietnamien) tant l'entreprise paraît périlleuse.

 

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Chuck... Tout simplement

 

Que dire du reste de la distribution? Elle ne sert qu'à passer les plats à un Chuck rempli de testostérone mais desservi par un réalisateur totalement incapable de mettre en scène proprement n'importe quelle moment d'action et un scénariste qui, il faut bien le dire, se fout de la gueule du monde. Les premiers Chuck Norris n'ont pas le clinquant des Chucks des années 90. Aucun message, Aucune valeur sinon la suprématie américaine sur toute autre forme de vie mais le tout est fait sans finesse et notre popples de la jungle vietnamienne gâche encore une fois ces talents d'acteurs qui ne sont pas discutables (on croit en toi, Chuck). Même les importateurs français avait visiblement quitté le navire puisque dans la scène accablante de fin, les doubleurs ont vraissemblablement pris des RTT, le chef de Chuck ayant subitement perdu sa voix et ouvrant la bouche pour rien. tiếc quá! (Quel dommage en vietnamien)

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