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Forrest warrior
Film d'Aaron Norris (1996)

Avec
Chuck Norris
Terry Kiser
Max Gail

Durée: 1h33 - Distribution: Atlantic

 

L'histoire se passe dans la forêt entre un ours, un aigle, un loup et une bande de gamins qui ont la fibre écolo. Ceux-ci décident de partir faire une randonnée dans cette forêt mais tombent sur un os, joué aujourd'hui par un gros méchant industriel bien décidé à raser sans vergogne l'ensemble des arbres juste pour emmerder tout le monde et faire du fric. Ouh la la, c'est pas bien! Et qu'est ce qu'on fait quand ça commence à sentir mauvais? On appelle Chuck: Chuck! Chuck! Chuck! Notre primate préféré a les traits d'un fantôme indien qui défend la forêt avec les enfants et plus particulièrement une petite fille qui a l'air d'être la seule à pouvoir l'apercevoir. C'est donc une sorte de Bernadette Soubirous version Country aidé par un ange avec des poils qui arriveront à sauver la forêt mais pas le film, on peut pas tout faire non plus.

Je vais toujours de bonheurs en bonheurs, seul ou à plusieurs, en regardant les films de mon Chuckounet, en passe de devenir cultissime sur Le ciné de Gaël. Ici, le poilu combattif nous offre un show de qualité. Après le Chuck vengeur, voici le Chuck des bois. Il faut dire que j'ai vu ce film un lundi à 5h du matin après une de ces nuits stoppée dans son élan par je ne sais quel cauchemar, était-ce une sorte d'avertissement qui me demandait de me tenir éveillé? Un esprit mentor qui voulait me faire passer un message plus ou moins fort? Nul ne le sait mais j'ai bien fait de ne pas me rendormir.

Le film commence bien puisqu'on découvre un Chuck courant au ralenti dans la forêt. C'est en fait une histoire racontée par un black jovial à l'accent américain très prononcé, tirant d'ailleurs presque sur le martiniquais. L'histoire est destinée à une bande de gosses passionnés mais également traumatisés car l'histoire se termine mal pour le pileux galopant. Il se fait tuer. Damned... Mais on ne s'inquiète pas, tout comme le cultissime Bells of innocence, Chuckounet revient tous les quarts d'heure et sans expression pour justifier son cachet et ce, sousla forme d'un hectoplasme donneur de leçons. Cela n'empêche pas Chuck de nous gratifier de moments délicieux dont des merveilleuses batailles chorégraphiées et surtout un blocage de tronçonneuse à main nue.

On vend donc encore un film sur une star, et quelle star, alors que celle-ci ne fait que de très courtes apparitions. Les stars dans ce film - et c'est bien ça le problème - ce sont les enfants.  Il faut dire que des enfants qui jouent bien, ce n'est pas fréquent. Ici, c'est juste l'horreur. Même doublé en français, ils sont mauvais comme rarement. On en vient à espérer que la forêt soit détruite avec les mioches au milieu, histoire de ne plus les entendre bramer.

Comme tout bon opus de notre Chubaka à poil dur, on retrouve les thèmes que celui-ci affectionne: la jeunesse, la religion, la culture indienne et la rédemption par le sport. Ici, le sport, c'est la rando, ce qui donne lieu d'ailleurs à une scène mythique où le gros black dont je vous ai parlé tout à l'heure demande aux gosses s'ils n'ont rien oublié. On s'attend à ce que l'autre sorte un talisman, une boussole ou des jumelles. Ben non, il sort... un rouleau de pq. Les bras m'en sont tombés.

La réalisation est signée Aaron Norris, ce qui ne peut que nous réjouir vu qu'il laisse faire les acteurs et les encourage dans le n'importe quoi. Ainsi, on retrouve des doublages quelquefois très hasardeux tant les acteurs surjouent, un montage complètement cahotique avec des scènes coupées n'importe comment et des raccords loupés, un père looser qui joue très mal l'alcoolisme et surtout une paysanne, qui est en fait la mère de deux gamins, sous colagène. Serait-ce de vivre en compagnie de canards, toujours est-il que notre copine à la tête de Donald Duck.

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Tout est dans le regard

 

La mise en scène est donc inexistante mais comme tout les Chuck, si on est bien luné, on se marre sans raison, les nerfs craquent et on passe paradoxalement un bon moment face à un ensemble naïf et ridi cule où des gosses manquent de naturel, où Chuck devient ésotérique, où la morale proposée ici nous apprend que les méchants sont méchants car ils ont perdu leur âme d'enfant. Le seul qui s'en sort à peu près est certainement le méchant qui devient nettement plus intéressant car dans la deuxième partie du film, il tombe dans le burlesque. Faute de direction d'acteur, la tentative n'est pas suivie d'effets. Il faut toujours regarder ça avec indulgence car on rigole beaucoup au second degré. L'ennui existe mais quand on aime, on ne compte pas.

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