L_empreinte_de_l_ange_afficheL'empreinte de l'ange
Film de Safy Nebbou (2008)

Avec
Catherine Frot
Sandrine Bonnaire
Michel Aumont

Durée: 1h35 - Distribution: Diaphana Films

 

Elsa (Catherine Frot) ne va pas bien. Depuis 7 ans, elle traîne un drame affreux qui est la disparition de sa petite fille lors de l'incendie d'un hôpital parisien. Elle va de dépressions en dépressions, tant et si bien que son mari décide de prendre ses distances, si possible avec son fils. Tout va donc très moyennement jusqu'à ce que celui-ci soit invité à un goûter d'anniversaire où est également présente la petite Lola (Héloïse Cunin). Dans les traits de cette petite fille, Elsa croit retrouver sa petite fille. Elle tente alors de se rapprocher de la mère de celle-ci (Sandrine Bonnaire) et se convaint que Lola est bel et bien sa fille et qu'elle a été enlevée. Elle s'abîme dans ses mensonges (car elle ment très bien) et dans ses phantasmes, laissant d'ailleurs de côté son travail et son fils.

Voilà donc un sujet difficile qui est traité admirablement. Être dithyrambique ne me ressemble pas, certains d'ailleurs m'en ont déjà fait le reproche. ici, on me fera certainement le reproche inverse car ce film est tout simplement génial. On est happé par cette atmosphère tendue dans laquelle on se sent mal, gêné et en difficulté face à la composition splendide d'une Catherine Frot au mieux de sa forme. Bien sûr, si on sait que je la considère comme l'une des quatre plus grandes actrices de France et ce, de tous les temps, il est facile d'être enclin à lui trouver des qualités mais ici elle est tout bonnement époustouflante, comme habitée par ce personnage douloureux et en perdition depuis longtemps. Elle m'a rappelé la Catherine Frot des Soeurs fâchées (qu'il faut que je revoie pour vous le chroniquer) dont la sensibilité palpable m'avait retourné. A l'heure où je vous parle d'ailleurs, je suis retourné (ce qui n'est pas évident pour écrire).

En aucun cas je n'oublierai la prestation des autres acteurs, avec en tête Sandrine Bonnaire qui égale à l'aise Catherine Frot. C'est un combat de moeurs en quelques sortes qui démêlent le vrai du faux, la réalité du délire. Michel Aumont apparaît dans une retenue appropriée et élégante. Pour une fois, les enfants sont bons, ce qui est assez rare pour être souligné avec la petite Héloïse Cunin dont la candeur touchante m'a un peu fait flippé (mais il faut avoir vu le film, je ne pourrais pas vous expliquer) ainsi que les deux garçons, Arthur Vaughan Whitehead et Zacharie Chasseriaud.

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Le profil droit de Catherine Frot
(la semaine prochaine, le gauche)

Le réalisateur nous perd quelquefois dans un scénario enrichi de rebondissements tout en douceur, de coups de théâtre feutrés. Malgré tout, j'ai eu une frayeur en voyant arriver la fin car je l'avais un peu deviné mais Safy Nebbou retombe sur ses pieds en nous proposant cinq dernières minutes au bord des larmes et absolument merveilleuses, on peut alors lui pardonner les quelques plans faciles, très peu nombreux comme celui de Thomas attendant sa mère devant une école, ou les dialogues un peu trop explicatifs au début du film. Il y avait quelques temps qu'un film français ne m'avait pas fait ça, c'est bon de se sentir submergé.

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