Un_idiot___Paris_afficheUn idiot à Paris
Film de Serge Korber (1967)

Avec
Jean Lefebvre
Danny Carrel
Bernard Blier

Durée: 1h30 - Distribution:

Nous sommes au beau milieu de la campagne champenoise où s'esbaudit un ouvrier agricole nommé Goubi (Jean Lefebvre). Celui-ci s'occupe des champs et des animaux avec une candeur raffraichissante qui fait bien marrer les habitants du village, dont Patouilloux (Robert Dalban), le maire du village. Le rêve de Goubi est de monter à Paris pour voir la Tour Eiffel autre part que dans une boule à neige. Un soir de beuverie, deux amis l'embarquent à Rungis afin qu'il puisse voir Paris. S'en suit une longue (très longue) escapade dans les rues de Paris où Goubi va rencontrer Monsieur Dessertine (Bernard Blier) qui va se prendre d'affection pour lui car il viennent tous les deux de l'assistance publique mais aussi de Juliette, prostituée au grand coeur... Vous n'avez pas remarqué, les prostituées sont toujours au grand coeur.

Le postulat de départ est intéressant sur le papier et peut même donner quelque chose de drôle sur la longueur. Il faut d'entrée de jeu dire qu'ici, ce n'est pas le cas. Après un début pas si mal qui permet de jeter les bases et de s'attacher au personnage de Jean Lefebvre qui au passage décroche ici le seul vrai rôle principal de sa carrière dans un film qui ne soit pas un nanard, on part à Paris et là, on commence à s'ennuyer ferme.
Le but du réalisateur se limite à une visite sommaire de la capitale et des rencontres plus ou moins intéressantes, qui surtout ont une tendance lourde à trainer en longueur et ce, de manière assez insupportable. Par exemple, le personnage de Danny Carrel tourne pas mal en rond et l'intrigue amoureuse, somme toute très mignonne, ne sert pas l'histoire qui partait vers quelque chose d'intéressant dans une fonction d'attaque d'une image facile de la campagne.

Du côté de l'interprétation, il faut souligner que Jean Lefebvre fait ce qu'il peut en nous proposant toute la gamme de son jeu en un seul film et en débutant des rôles d'idiot, de perdu, de "train de retard" comme il en fera beaucoup plus tard. Le seul qui reste génial est Bernard Blier, sevi par des dialogues toujours géniaux d'un Michel Audiard en forme. Il s'éclate dans ce rôle de patron bourru et qui nous apporte une des meilleures réplique du film quand un représentant du syndicat lui reproche son manque d'écoute: "Vous me faites une communication écrite, j'la fous au panier et on en parle plus".

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L'idiot

Les autres seconds rôles sont anecdotiques puisqu'on voit passer dans le village Jean Carmet, Pierre Tornade et Bernadette Lafont mais également à Paris avec le débutant Pierre Richard en policier sadique ou encore Paul Préboist en gardien de square. Serge Korber tente d'insuffler une certaine poésie et veut une critique d'une société qui se fout de son prochain mais l'ensemble reste bien artificiel et un peu naïf. De plus, le film manque cruellement de rythme, l'ennui nous gagne au bout de quelques minutes. A regarder par extrême curiosité.

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