18 février 2009
Ricky - Film de François Ozon
Avec
Alexandra Lamy
Mélusine Mayance
Sergi Lopez
Durée: 1h30 - Distribution: Le Pacte
Voici une histoire joyeuse et heurese. Katie (Alexandra Lamy) vit dans une banlieue très grise et a un boulot dans une usine non identifiée où elle ne s'épanouit pas du tout. Elle rencontre Paco Sanchez (Sergi Lopez) sur lequel elle flashe rapidement. Bon, c'est qu'une ouvrière donc on s'aime dans les chiottes, hein, ça dérange personne, les pauvres ne savent pas ce qu'est le romantisme. Bientôt, Paco vient s'installer chez Cathy et sa fille (Mélusine Mayance) qui ne vit pas très bien l'arrivée de cet inconnu. En revanche, Cathy est enceinte et va accoucher de... Ricky, dont le nom a été trouvé par la petite, c'est pour vous dire la bêtise de ses parents inconséquents... forcément, ils sont pauvres. En revanche, ces gens-là monsieur vont avoir un bébé surprenant qui va leur faire vivre des aventures extraordinaires dans leurs petites vies exécrables... Sales pauvres va!
Il faut dire que François Ozon n'est plus ce qu'il était, je n'ai pas vu l'avant-dernier mais j'avais subi à sa sortie Le temps qui reste avec Melvil Poupaud et Jeanne Moreau, qui était un film prétentieux et ridicule. Ici, Ozon repousse les limites avec une fable betasse et complaisante mettant en scène deux prolos qui ont plein de défauts. Alors les admirateurs d'Ozon me jetteront la première machine-outil en me disant qu'au contraire, il est l'ultime descendant de Zola avec un magnifique naturalisme... Certes, mais Zola était fin, lui. Ici, Katie (jouée par une excellente Alexandra Lamy cependant) n'est qu'une grosse feignasse qui ne s'occupe pas de sa fille tout en s'occupant d'elle à certains moments, comme si Ozon n'osait pas (magnifique jeu de mots) aller jusqu'au bout. Sergi Lopez campe un méchant pas méchant qui ne sait pas trop quoi faire (et qui physiquement ressemble beaucoup à mon papa, ça fait bizarre). C'est vraiment ça le problème d'Ozon, tout est tiède, on ne sait pas trop où cela va nous mener. Seul le personnage de la petite fille est intéressant même si elle est franchement inquiétante.
L'histoire en elle-même commence comme un drame social sur France 3 le samedi soir pour les mémères qui s'envoient les mots croisés de télé 7 jours avant de s'écrouler sauvagement sur le bord du canapé et continue dans un joyeux n'importe quoi entre le burlesque, la fable et le fantastique. L'ennui, c'est qu'on n'y croit pas un instant et que l'ensemble est bien peu intéressant.De plus, si j'ai bien décrypté la fable, ce n'est pas beau à voir. Ce bébé est un symbole religieux peut-être, social tout du moins car l'argent se mêle à cette histoire sociale désagréable et nunuche.

Ricky - ki pousse pousse (j'ai un peu honte là)
François Ozon est en grande difficulté en ce moment. C'est vraiment dommage de gâcher un réel talent et une virtuosité dans des productions qui se moque du monde et surtout des gens qui vivent dnas les cités. Ce regard complaisant est insupportable, c'est une injure à ce que peuvent vivre les gens. Du haut de son paris intra-muros, M. Ozon devrait aller voir ce qu'est vraiment la classe prolétaire et s'il a des relations dans ce milieu qui l'auraient inspiré, un conseil M. Ozon: changez d'amis.
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25 août 2008
Medieval Pie: Territoires vierges - Film de David Leland
Medevial Pie: Territoires vierges
Film de David Leland (2008)
Avec
Hayden Christensen
Mischa Barton
Tim Roth
Durée: 1h35 - Quinta Distribution
A une époque fort reculée, Pampinea Anastagi (Misha Barton) vit dans un château une vie morne et triste, elle fait comme tout le monde, elle attend son prince charmant. Lorenzo de Lamberti (Hayden Christensen) fait parti de ses soupirants et a la ferme intention de passer à l'attaque. C'était sans compter le comte Dzerzhinsky (Matthew Rhys) qui lui a été promis par son père mais aussi Gerbino (Tim Roth) qui veut la ravir car ça lui plait et qu'il est très méchant. L'intrigue, si on peut appeler ça comme ça, se déroule sur le chemin du mariage et c'est un peintre qui se fait passer pour un curé qui raconte l'histoire.
Depuis Big Movie, je crois que je n'ai pas vu une aussi belle daube. Le titre français du film est déjà une arnaque, on s'attend à voir une sorte d' American Pie moyenageux et puis non, c'est juste pour attirer le gogo. Et Gogo je fus. Que j'ai honte d'être tombé dans le panneau car même si j'ai détesté Américan Pie, je me suis quand même dit que j'allais rire un petit peu. Que nenni monseigneur ! Je me suis fait avoir comme un bleu car le film débute comme un film d'aventures, continue tel un film érotique (si, si), se poursuit dans le romantisme le plus crétin et classique avant de s'achever dans ce qui reste le plus intéressant (mais vous excitez pas non plus, ça demeure affreux) à savoir la tentative cape et épée. Si vous m'avez lu attentivement, vous avez bien vu "érotique", car je crois que c'est la première fois que je rencontre ce genre de film dans une salle obscure (mis à part celui-ci mais c'était en DVD et c'était plus exactement une parodie de pornos). On voit passer pas mal de paires de seins et de paires de fesses (masculines et féminines) et même un micro pénis, tout ceci de manière très échevelée. Je suis pas prude mais quand on met du cul dans un film, il doit y avoir une raison intéressante, drôle ou dramatique... mais une raison, non?
Côté acteurs, c'est absolument terrifiant, non pas qu'ils jouent mal (même Hayden Christensen s'en sort à peu près) mais ils sont laissés à l'abandon par une direction d'acteur limitée à sa simple expression. Les scènes s'emboîtent (désolé mais je n'ai pas trouvé d'autres termes) sans vraiment d'intérêt, lorgnant sur pleins types en même temps sans jamais trouver le centre qui sauverait cette comédie qui ne fait qu'emprunter le chemin balisé de l'amour complexe au ciné. Il ne se passe rien et quand il y a quelque chose, on se doute de ce qui va arriver ou on se sent mal car le scénariste n'y a pas été de main morte sur l'ignominie. En effet, on y voit beaucoup de bonnes soeurs à poils qui veulent se taper Christensen.
Bien sûr, on les comprend ces pauvres scénaristes mais la classe ne les étouffe pas et même si les moeurs à l'époque médiévale, bonnes soeurs comprises, étaient légères, cela me choque de voir cette exploitation ordurière de la religion. Personne n'a rit dans la salle sauf une perdue qui devait certainement écouter quelque chose de drôle sur son mp3. Deux personnes ont quitté la salle durant la projection et quatre étaient dans les starting-blocks arrivé au générique de fin... dont moi. N'y allez pas.
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19 juin 2008
JCVD - Film de Mabrouk El Mechri
JCVD
Film de Mabrouk El Mechri (2008)
Avec
Jean-Claude Van Damme
François Damiens
Karim Belkhadra
Durée: 1h36 - Distribution: Gaumont
Splendeurs et misères du cinéma. Jean-Claude est fauché comme les blés, vit un divorce particulièrement compliqué et décide alors, avant de tourner un nanard de plus, de reourner dans sa Belgique natale. Alors qu'il tente de retirer de l'argent dans une Poste comme tout le monde, il est pris en otage par des baqueurs qui comptent profiter de la notoriété de notre Jean-Claude pour mener à bien leur opération et se couvrir en le faisant paser pour le cerveau (enfin, cerveau...) de l'affaire.
Le centre de ce film est très clairement JCVD comme le titre l'indique. Jusque là, rien d'anormal mais il faut tout de même préciser qu'il VRAIMENT le centre du film, ça en devient même pénible à la fin. Le réalisateur semble vouer un culte sévère en la personne du Chuck Norris belge et veut nous prouver absolument qu'il maîtrise et les codes du cinéma, et la carrière de JCVD.
C'est dommage que tout ceci soit si scolaire et si prévisible car l'idée et même le scénario ont l'avantage d'être originaux. Le film se suit avec un certain plaisir et l'action ne manque pas, elle reste bien dosée malgré quelques temps morts pardonnables. Van Damme apparaît comme un personnage à la dérive^, ce qui le rend touchant et sympathique. Alors, il accepte de faire des photos, accepte de faire des films de merde, accepte de prendre conscience qu'il fait des films de merde, accepte d'être aware quand le hauffeur de taxi l'engueule, bref ce mec est charmant... peu être trop, et ça gâche un peu le plaisir. En effet, le réalisateur fait passer JCVD pour quelqu'un qui a beaucoup de recul et de subtilité, comme un grand penseur (la scène de lévitation en est la preuve parfaite) et là, je dis attention, on a beau admirer, il faut rester lucide.
Le film se perd quelquefois en circonvolutions inutiles qui allourdissent le propos et le choix de reprendre la scène principal sous des points de vue différents n'apporte rien ou pas grand chose à ce que veux démontrer le film.
JCVD reste un film bizarre et donc attirant où l'on se laisse dérouter par un scénario plutôt bien fichu et un Jean-Claude Van Damme pas mauvais (sauf dans les scènes d"émotion) qui a tout de même l'air e nous présenter pendant 1H36 un CV, une palette de ce qu'il peut être. Allez y pour être surpris.
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09 mai 2008
Teeth - Film de Mitchell Lichtenstein
Teeth
Film de Mitchell Lichtenstein (2008)
Avec
Jess Weixler
Hale Appleman
Josh Pais
Durée: 1h38 - Distribution: TFM
Dawn (Et non pas Shawn) est ce que l'on appelle une coincée. Elle anime un groupuscule traditionnaliste où le mot d'ordre est de garder sa virginité jusqu'au mariage. Ce sont des prépubères qui assistent à ses réunions mais cela ne les empèchent pas d'être très au fait de la bible. Dawn respecte forcément ces préceptes mais cela ne l'empêche pas d'y penser de manière de plus en plus insistante. Elle pense à mettre le couvert et se laisse entraîner par un jeune moche (cette fille a d'ailleurs une fascination pour les moches ce qui me laisse pantois) et à l'occasion de cette première expérience, elle découvre que... comment dire... que son vagin a des dents.
Passé la surprise de cette particularité gynécologique amusante, je me suis tout de suite posé quelques questions, car je suis un garçon pratique: Puisque ce sont des dents, grincent-elles aussi la nuit comme celles du haut? Peut-elle manger par là? Doit-elle utiliser une deuxième brosse à dents? Existe t-il des dentistes spécialisés? Et comment fait-on pour les plombages? Quand Dawn est contente, peut-elle sourire aussi là? Est-que cela pourrait faire office de taille-crayon? Est-ce que cela peut servir de sécurité sur un vélo? (imaginez comment ça pourrait fonctionner). Toutes ces questions sans réponses n'ont cessé de me hanter durant ce film très inégal où la thématique sexuelle est omniprésente.
Le réalisateur donne l'impression d'avoir voulu dénoncer, montrer du doigt, pointer une Amérique sempiternellement coincée du cul et qui, sous des couverts tout à fait respectables, ne se gêne pas pour se jeter dans les pires dépravations. Certes, ce serait intéréssant mais pourquoi ne pas se limiter à un seul registre. On finit par se perdre entre les scènes tristes, les scènes purement explicatives qui relèvent de la chronique et des scènes comiquo-horrifiques plutôt réussies et entièrement vouées à la preuve s'il en est que les garçons (tous âges confondus) sont des porcs. C'est d'ailleurs la première fois que j'aurai aimé être face au public car je n'étais pas le seul spécimen mâle et je pense que dans les scènes qu'on peut sobrement intitulées "moi je tranche dans le vif", certains ont souffert car, dans ces cas-là, il y a une solidarité masculine. En effet, des zgegs sont arrachés, découpés et même pire (je vais peut-être pas tout vous raconter), ça saigne mais pas assez pour obtenir le label "Film d'horreur". Non, vraiment, je suis bien embêté pour donner un genre à cette oeuvre.
C'est donc un OVNI qui nous est présenté. Ce n'est pas déplaisant et c'est même rigolo de voir les thèmes de l'adolescence et de la découverte du sexe malmenées par ces personnages qui n'ont rien de sympathiques et sont surtout inégaux dans leurs traitements. Les personnages des parents sont par exemple bien peu présents, ce qui ne peut pas nous permettre de comprendre - même à la fin - le passé de cette famille d'allumés. Restent les compositions de Jess Weixler dans ce rôle de sainte nitouche transformée en vengeresse sexuelle et de John Hensley (qui vient de Nip/Tuck) en frangin malsain.
Cela m'a donné l'impression d'un croisement malsain entre XXY et Boulevard de la mort tellement les genres se télescopent. En sortant de la projection, on peut se dire que c'est une réussite mais en réfléchissant un peu, on peut surtout se demander à quoi ça servait véritablement car le côté horrifique n'est pas assez exploité et la satyre morale non plus. on reste sur notre faim devant ce Kill Bill génital qui pourtant promettait bien plus et dont l'idée est géniale.
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