25 novembre 2007
Lions et agneaux - Film de Robert Redford
Lions et agneaux
Film de Robert Redford (2007)
Avec
Robert Redford
Meryl Streep
Tom Cruise
Durée: 1h30 - Distribution: 20th Century Fox
Un prof de fac sympa qui prend soin de ses élèves, un étudiant sympa qui vient voir son prof de fac sympa en short et en tongs, deux étudiants sympas qui sont à la fac grâce au sport et qui servent leur patrie (et ils en sont fiers), un senateur pas sympa qui défend la politique en Irak, une journaliste sympa qui voudrait se révolter contre le pouvoir en place et qui ne le peut pas.
Robert Redford signe ici un pamphet contre l'Amérique de George W Bush. Bon, jusque là, on ne peut pas lui en vouloir: il décrie la guerre, la manière de gouverner de l'idiot du Texas et le manque d'engagement des journalistes. C'est très bien sauf qu'il ne faudrait pas tomber dans les travers qu'il dénonce. En effet, ici tout n'est que manichéisme. Les républicains sont des salauds manipulateurs, les démocrates sont, sous-entendu, les gentils. Et l'idée perfide est poussée loin. S'il ne faisait que l'idéologisme bétasse, ce serait ridicule mais c'est tout. Ici, il ne se gêne pas pour utiliser les mêmes armes qu'eux à savoir le patriotisme échevelé, le schématisme ridicule, le mérite d'être américain. Bref, les cordes de cette histoire sont des poutres et Redford en rajoute.
Même les acteurs ont l'air de s'ennuye, mis à part Meryl Streep qui décidemment est toujours merveilleuse ici dans un rôle de journaliste écartelée entre sa volonté de s'engager et sa rédaction commerciale. Le film est douteux avec comme point d'orgue la fin (que je ne raconterai pas) qui atteint des sommets dans le patriotisme répugnant. Je suis sorti de ce film en colère car le film est dotée d'une réalisation rythmée et ingénieuse mais le message idéologique fout la gerbe.
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23 juin 2007
L'ivresse du pouvoir - Film de Claude Chabrol
L'ivresse du pouvoir
Film de Claude Chabrol (2006)
Avec
Isabelle Huppert
François Berléand
Patrick Bruel
Durée: 1h45 - Distribution: Pan européenne
Jeanne Charmant Killman est juge d'instruction, elle est surnommée le piranhia dans le milieu car elle ne lâche pas sa proie et dans cette nouvelle affaire, elle doit se confronter aux sphères politiques et à des histoires de malversations et de pots de vins.
En première ligne, le président d'un groupe industriel va être sa première victime avant que l'ensemble de sa galaxie tremble. Ce juge a aussi une vie privée et le réalisateur nous en fait profiter en nous montrant que le travail et la vie privée se chevauchent fréquemment et rarement de manière heureuse.
Je n'ai pas vu jusque là beaucoup de films avec Isabelle Huppert, je me demande même si j'en avais vu un seul avant. Cela changera certainement. Le rôle de Jeanne Charmant Killman lui va comme un gant et on la sent réjouie de jouer cette femme distante, froide et terriblement maître d'elle jusque dans les plus grosses dificultés. Autour d'elle, on peut apprécier François Berléand, terriblement présent ces derniers mois au cinéma et jouant ici un patron magouilleur et pathétique.
Il est clair que ce qui fait la force du film est l'ambiance intime du bureau de la juge et l'analyse que l'on peut faire de l'affaire judiciaire. Ce subtil film est malheureusement gâché (si peu) par des dialogues quelquefois dignes de Navarro tellement les images utilisées sont affligeantes. Cela manque pour tout dire d'un peu de véracité (qui parle comme ça? Levez le doigt, pas moi en tout cas). De plus, certains rôles secondaires sont mal tenus, et particulièrement celui de l'autre juge jouée par Maryline Canto qui n'est pas à l'aise face à une Isabelle Huppert qui doit certainement la vampiriser.
C'est dommage que ces quelques anicroches abiment ce bon moment car on ne peut pas reprocher grand chose à ce Chabrol qui m'a tenu en haleine par sa violence psychologique et par sa volonté de brouiller les cartes (qui sont les puissants? Qui sont les faibles?). Ce film sur le pouvoir sonne juste et laisse à réfléchir, ce qui n'est pas si fréquent que ça. Le mélange vie privée / vie professionnelle est quelquefois trop schématique à l'écran mais Chabrol arrive ici à contourner les obstacles avec l'élégance qu'on lui connaît.
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