Le ciné de Gaël

Je vous invite à entrer dans mon monde cinématographique qui se veut ecclectique. Que ce soient des films qui viennent de sortir ou des films plus anciens, je parle de tout!

12 novembre 2008

Home - Film d'Ursula Meier

Home_afficheHome
Film d'Ursula Meier

Avec
Isabelle Huppert
Olivier Gourmet
Kacey Mottet

Durée: 1h37 - Distribution: Diaphana

Une famille est installée au bord d'une autoroute abandonnée depuis quinze ans. Ils vivent dans une sorte d'autarcie bienheureuse qui n'a pas l'air de les rendre malheureux. La mère (Isabelle Huppert) en est d'ailleurs. Tout bascule le jour où Julien (Kacey Mottet), le fils de la famille, découvre que des ouvriers sont en pleine réparation de la-dite autoroute. Cela va marquer durablement cette famille bizarre qui va devoir faire avec cette présence gênante d'autant plus que la mère refuse catégoriquement de déménager. La famille va devoir alors faire avec et alternent moments tragiques et cocasses en étant obligé de faire avec cette nouvelle composante qui ne leur rend pas la vie facile.

Voilà un film qui est totalement déroutant. L'ensemble est assez passionnant et se déroule dans un cadre presque lunaire puisqu'on ne sort jamais de ce décor de champs de blés (souvent ensoleillé, ça ne doit pas être agréable de vivre dans le coin) et de cette maison en bord d'autoroute. L'autoroute est d'ailleurs un des personnages à part entière puisqu'elle est tour à tour accueillante et hostile, amie et ennemie. Les personnages déambulent dans une certaine façon de vivre, presqu'à la manière de sauvages dont les codes sociaux sont bizarres. La mère vit avec une radio collée à l'oreille et écoute les infos autoroutières, le père par pour un travail inconnu et en revient sans qu'on ne sache jamais ce qu'il y fait, la plus grande passe son temps, que l'autoroute soit fermée ou pas, à bronzer quasi à poil dans le jardin en se faisant tartiner soit par son petit frère qui lui déambule fréquemment en slip, soit par sa mère, la cadette enfin a honte de son corps et apeur de l'extérieur, tout comme ça mère.

Les acteurs de ce huis-clos goudronné sont assez convaincants avec en tête une Isabelle Huppert plus inquiétante que jamais dans ce rôle de mère inquiétante et blessée par on-ne-sait-quoi. Olivier Gourmet est génial comme d'habitude mais la mention revient au petit Kacey Mottet qui joue Julien, et c'est pas parce que je lui ressemblait à son âge. Il a en effet une présence et un jeu dont le naturel est carrément flippant à certains moments. Il insuffle une fraicheur en même temps qu'un effroi absolument génial.Je ne sais pas du tout d'où il vient mais il faudra le suivre. Un talent comme ça ne devrait rester inutilisé.

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Isabelle Huppert: "Allez, va jouer sur l'autoroute"

C'est certainement le rapport à l'autre qui est le vrai noeud du problème. L'ensemble est malsain (l'aînée à poil dans la baignoire sous les yeux ambigus de son père) et nous ramène à notre propre sauvagerie de manière violente. Si le film aborde très bien la transformation de la cellule familiale à l'arrivée de la civilisation (ici, l'autoroute), il loupe un peu la sortie avec vingt dernières minutes moins réussies, poussée dans un excès pas vraiment obligatoire qui rend l'ensemble au bout du compte caricatural. La complexité des personnages aurait certainement du en rester là. Il n'empêche que le film trouble profondément et reste une des très belles surprises du moment.

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26 août 2008

La fille de Monaco - Film d'Anne Fontaine

La_fille_de_Monaco_afficheLa fille de Monaco
Film d'Anne Fontaine (2008)

Avec
Fabrice Lucchini
Roschdy Zem
Louise Bourgoin

Durée: 1h35 - Distribution: Warner Bros

Bertrand (Fabrice Lucchini) doit se rendre dans la principauté de Monaco pour défendre Mme Lassalle (Stéphane Audran), accusée d'un crime passionnel. Le procès est particulièrement difficile dans la mesure où elle mèle aussi la mafia. Pour qu'il puisse faire son travail dans la plus grande sénérité, le fils de l'accusée adjoint à l'avocat, Christophe (Roschdy Zem), un garde du corps bourru et silencieux. Les déplacements des deux hommes font leur faire rencontrer la présentatrice météo d'une chaîne monégasque, elle s'appelle Audrey (Louise Bourgoin) et a de l'ambition, beaucoup d'ambition. Elle va  séduire Bertrand et va l'hypnotiser mais si Christophe fera tout pour protéger l'avocat devenu le vecteur de réussite de la petite naïade.

C'est la très bonne surprise de la rentrée. Anne Fontaine signe ici un film touchant et acide qui ne tourne pas autour de la justice mais autour de la sempiternelle question amoureuse. Ici, elle est développée avec beaucoup de cruauté. Fabrice Lucchini est exceptionnel dans ce rôle d'avocat aussi brillant dans la plaidoirie que candide et naïf dans les relations amoureuses. Il est intéressant ici aussi de voir que le rôle de Bertrand n'est pas si virginale que ça, il est en effet désagréable quand il veut et particulièrement avec le personnage interprété par Roschdy Zem, qui reste selon moi la composition la plus intéressante et la plus incroyable de ce film. Le voilà métamorphosé en garde du corps taciturne et secret qui fera tout pour aider son patron. La subtilité de film tient aussi sur la relation ambigue qui s'installe entre les deux hommes.

Peut-on parler d'une relation homosexuelle? Peut-être car le dévouement et l'admiration réciproque qu'ont ces deux hommes vire à la confrontation amoureuse à mesure que l'on progresse dans ce film. Ce Jules et Jim inversé sort des sentiers battus, aidé par des dialogues fins et intelligents et par des seconds rôles drôles et pathétiques comme bien sûr Stéphane Audran dans ce rôle de suspecte murée dans le silence ou encore Jeanne Balibar incroyable dans ce rôle de cochonne allumée.

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Coquillages et... coquillages

La meilleure surprise reste pour la fin puisque Louise Bourgoin nous donne à croire qu'elle a une belle carrière d'actrice devant elle avec un rôle très proche de ce qu'elle faisait sur Canal mais aussi très proche des rôles de belles filles que pouvait avoir Brigitte Bardot. Il faut certainement attendre un peu la suite pour voir si elle est capable de transformer l'essai mais ce sont des débuts plutôt sympthiques de sa part. Il est surprenant, et ce serait malhonnête de ne pas le préciser, que ce personnage ressemble à s'y méprendre à celui qu'on peut voir dans La fille coupée en deux et c'est bien la seule chose qu'on peut reprocher au film... c'est si peu.

La profondeur psychologique est étourdissante et la fin - que je ne vous divulguerai pas, non mais - laisse à réfléchir longtemps après comme un coup dans la tronche, ce n'est pas si fréquent que ça par les temps qui courent (sauf ici) et ce film est vraiment à voir.

*****

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26 mai 2008

Un conte de Noël - Film d'Arnaud Desplechin

Conte_de_noel_afficheUn conte de Noël
Film d'Arnaud Desplechin (2008)

Avec
Catherine Deneuve
Mathieu Amalric
Anne Consigny

Durée: 2h30 - Distribution: Bac Films

Cet article a été rédigé le dimanche 25 mai 2008 à 17h26, soit avant le palmarès du festival de Cannes. J'espère sincèrement que Desplechin sera à la fête.

La projection d'un film est quelquefois le pretexte à découvrir des jolies salles. Ici, c'est grâce à mon ami Arnaud (Salut jeune intendant) que je suis entré dans la Pagode, ce cinéma se trouve à deux pas des Invalides et a un confort et un charme jusque là pas vraiment égalé. Ca nous a d'autant plus plu que cette projection a été faite en compagnie de... Dominique De Villepin. Notre ancien premier passait par là pour admirer l'oeuvre de Desplechin, assis un rang devant nous.

En ce qui concerne le film, car c'est bien joli de traquer les peoples mais on a pas que ça à faire, nous rentrons dans une famille atypique dont les caractères égalent le sens du cynisme. Entre une grand mère atteinte d'un cancer particulièrement bizarre (Catherine Deneuve), un fils désenchanté, désabusé, autodestructeur et mal-aimé par la précédente mais qui peut la sauver grâce à un don de moelle épinière (Mathieu Amalric), une soeur qui hait le précédent et qui suit une analyse pour cause de deuil imaginaire et de deuil sublimé (Anne Consigny), le fils de celle-ci entièrement secoué, qui a une possibilité lui aussi de sauver sa grand mère (Emile Berling) deux cousins plus ou moins échangistes (Melvil Poupaud et l'inconnu Laurent Capelluto) et une échangée (Emmanuelle Devos), le patriarche (le charmant Jean-Paul Roussillon) ne sait pas trop où donner de la tête en cette veille de Noël, période cruciale où les familles volent en éclats, où les quatre vérités vous tombent dessus.

Dire que j'y allais à reculons est plus ou moins vrai. En fait, la longueur m'inquiétait terriblement. Le sujet selon moi ne pretait pas à autant de pellicules. Arnaud Desplechin réalise cependant une oeuvre admirable qui sait profiter des situations et du caractère de ses personnages pour faire dans la finesse. Les acteurs sont au top comme rarement avec en tête une Catherine Deneuve très en forme et surtout, surtout, Mathieu Amalric. Ce n'est pas un acteur que j'aime beaucoup car il me paraît au dessus des partis, trop ellitiste à mon goût. Ici, dans ce film pourtant très ellitiste d'ailleurs dans son fonctionnement, il fait des merveilles dans ce rôle de mysanthrope déglingué qui se tape la tête contre les murs tant et plus pour se faire mal et pour faire mal aux autres. Il souffre d'un départ. Sa soeur aussi souffre d'un départ, et pas mal d'autres en souffrent. Ce n'est jamais le même départ mais tous se retrouvent dans cette même douleur qui éloignent les gens et qui rend incisif et cynique.

La peinture des sentiments se fait avec une justesse inouie. les problèmes des uns et des autres se font effectivement dans une sphère qui est certainement pas la nôtre (pour la plupart de mes lecteurs). C'est bien la seule chose qu'on pourrait reprocher à Desplechin, nous seriner avec la bourgeoisie, comme si elle était la seule à savoir sublimer les sentiments du malheur. et alors? Les modestes aussi ont leurs malheurs, les smicards intéressent aussi, peuvent vivre aussi la même chose sans pour autant entrer dans certains poncifs! Au delà de ce point plutôt énervant, on apprécie le regard porté par Desplechin que l'on excuse tant le traitement des personnages est violent, et juste surtout.

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Réalisé sans trucages

C'est aussi le cynisme qui en fait une réussite avec des dialogues prodigieux de désenchantement et de décalage, la palme revenant à la scène de baston dans la cuisine et la scène du départ de Chiara Mastroianni quand elle disserte sur les réveillons avec Mathieu Amalric. Le spectateur rit, sourit, s'émeut, perd son temps à aucun moment, malgré une fausse sortie dix minutes avant la fin. Les situations ne toucheront certainement pas tout le monde, c'est vrai, mais cela reste une belle leçon.

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18 mars 2008

Rain man - Film de Barry Levinson

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Film de Barry Levinson (1989)

Avec
Dustin Hoffman
Tom Cruise
Valeria Golino

Durée: 2h13 - Distribution: IUP

Charlie (Tom Cruise) est un golden boy froid et distant apprend que son père vient de mourir ce qui ne l'atteint pas véritablement. Ce qui l'atteint un peu plus, c'est que l'héritage lui passe sous le nez au profit d'un frère (Dustin Hoffman) qui, jusque là, était inconnu au bataillon et qui a la particularité d'être autiste. Pour pouvoir régler le problème, il "kidnappe" le frère en question et ainsi, commence un road-movie où les deux frères fraîchement affiliés vont apprendre à se connaître, secondés par la petite ami de Charlie (Valéria Golino), conciliante (trop) et compréhensive.

En ce qui concerne le jeu des actes, il est vrai qu'il n'y a rien à dire. Tom Cruise qui pourtant n'est pas un acteur au jeu raiment subtil, s'en sort très bien dans son rôle d'égoiste attiré par l'appât du gain, que dire de Dustin Hoffman qui lui atteint des sommets dans ce rôle émouvant, brillant et très juste d'autiste surdoué. Il est époustouflant et arrive, comme peu d'acteurs y parviennent,à faire oublier qu'il est Dustin Hoffman.

De plus, la psychologie des personnages est ici très poussée, on ne se contente pas de rester en surface et le scénario appuie fortement sur le profil des personnages afin d'y puiser des relations prenantes, compliquées et répétitives. Et c'est peut-être là qu'il y a maldone.
En effet, les relations conflictuelles durent longtemps, très longtemps et ce n'est pas forcément toujours une option intelligente dans la mesure où le rythme du film en pâtit singulièrement. De plus, cela oblige à faire de cette répétition un exercice de style puisque le schéma scénaristique devient vite peu intéressant: Rain man au casino, Rain man prend un course de danse, Rain man prend des photos... Ca lasse un peu vite.

Rain_man_pics
Hoffman et Cruise raccords
sur les fringues

Il n'empêche que, malgré ces quelques défauts qui ont tendance à plomber le film au bout d'une heure, nous sommes face à une oeuvre émouvante, sensible et juste où les acteurs sont d'autant plus intéressants qu'ils sont aidés par un scénario inventif (la scène où Dustin Hoffman s'impose dans une famille pour regarder sa série - sorte de Cas de divorce américian - est surréaliste) et une BO particulièrement sympa (Johnny Clegg et Brian Ferry en tête). D'ailleurs, la BO me rappelle de bons moments puisque le thème utilisé est celui choisi par l'émission Paroles d'outre-murs sur Fajet (94.2 FM sur Nancy) que j'ai eu le plaisir de mettre en ondes pendant quelques années.

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10 novembre 2007

Confidences trop intimes - Film de Patrice Lecomte

Confidences_trop_intimesConfidences trop intimes
Film de Patrice Lecomte (2004)

Avec
Fabrice Lucchini
Sandrine Bonnaire
Michel Duchaussoy

Durée: 1h44 - Distribution: Studio Canal

William est conseiller fiscal et a un bureau un peu sombre, bien rangé où se succèdent des clients gris et tristes qui lui racontent ses problèmes. Un jour débarque dans ce bureau propret Anna qui vient lui raconter ses problèmes étant persuadée qu'elle est chez le voisin de celui-ci, un psychiatre. William la laisse parler un peu ébahi et commence à rentrer dans le jeu de cette femme inquiétante et attachante à la fois. Celle-ci se rend compte assez rapidement de la méprise mais continue à venir raconter inlassablement ses problèmes de couples.
Notre petit conseiller fiscal va s'embourber dans cette histoire et tomber peu à peu amoureux de sa "cliente".

Ca fait longtemps que j'avais envie de voir ce film qui commence, il faut bien le dire, sur une situation burlesque. Ca fait longtemps aussi que je l'évitai par peur d'être déçu d'un traitement un peu facile comme les films français le font très souvent. C'était sans compter Patrice Lecomte qui sait être subtil et évite à tout moment le schématisme si facile dans lequel un tel sujet pouvait basculer. Le jeu de la caméra et les décors permettent d'être pris au piège facilement par cette ambiance sombre et pesante pourtant si prenante.

Un film n'est rien sans bons acteurs et forcément, étant fan de Fabrice Lucchini, je n'ai pas été déçu. Il est investi de ce rôle pourtant si compliqué psychologiquement et laisse son exhubérance (à une scène près) que ses détracteurs lui reprochent fréquemment. Sandrine Bonnaire est parfaite en femme inquiétante et frustrée. Les rôles secondaires sont également très bons avec en tête Michel Duchaussoy en psy... très psy et Gilbert Melki en mari trompé et lubrique.

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Lucchini sous une lampe
de bureau.

Confidences trop intimes bénéficie de plus d'une BO particulièrement bien sentie et nous enfonce dans un abîme de plaisir et d'exhaltation tellement l'histoire et surtout la manière de la mener est fine et intelligente. De plus, Lecomte ne se gène pas pour égratigner les gens et les idées et là, c'est un plaisir total.

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29 septembre 2007

99 francs - Film de Jan Kounen

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Film de Jan Kounen (2007)

Avec
Jean Dujardin
Jocelyn Quivrin
Patrick Mille

Durée: 1h40 - Distributeur: Pathé

Octave (Jean Dujardin) est un gros con, une ordure, un salaud. Octave est un publicitaire et il a conscience d'être tout ça. Il sait qu'il vend n'importe quoi à n'importe qui et qu'il est payé très cher pour ça. Octave a son bureau, sa voiture et son Charly (Jocelyn Quivrin). Octave découvre un jour le cynisme de sa vie quand la femme qu'il aime (mais ne s'aime t-il pas un peu à travers elle?) se casse après avoir moyennement apprécié sa réaction au fait qu'elle soit enceinte.
C'est la descente aux enfers pour Octave qui est dès lors désenchanté, il s'envoie des tonnes de coke dans le nez, crée des projets publicitaires malsains mais ça ne le fait plus phantasmer... Elle est partie. Ca se finit mal ou bien... en fait, vous choisissez... On vous donne pas vraiment le choix mais on vous fait croire qu'on vous laisse choisir (Il faut avoir vu le film pour comprendre).

Je m'attendai à beaucoup de choses en allant voir ce film, j'étais curieux de voir ce que pouvait donner l'adaptation de ce livre qui, il faut bien le dire, n'avait pas été pour moi un coup de coeur, loin de là... Je n'aime pas particulièrement ce que fait Beigbeder dans la mesure où c'est très prétentieux. Ici, l'adaptation est déroutante, bizarre, cruelle et troublante. En gros, j'aime même quand c'est gore (le gag du hamster est affreux, mais après... quand on y réfléchit...)
Alors oui, c'est inventif... mais est-ce que ça suffit pour en faire un bon film? Non. Il faut aussi de bons acteurs et ici, il faut dire qu'on a le merveilleux Jean Dujardin, qui reste pour moi un acteur exceptionnel. L'expression n'est pas de moi mais je pense également qu'il est le nouveau Belmondo. La ressemblance avec Beigbeder (qui d'ailleurs apparaît à plusieurs (re)prises dans le film) est frappante et son jeu d'acteur est splendide... comme d'habitude.

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Octave boude.

On peut tout de même reprocher au film la même chose qu'au livre, c'est à dire une certaine suffisance: A force d'effets et de gadgets clinquants, on ne sait plus trop où on en est et je pense que j'oublierai la quasi-totalité de ce long-métrage, c'est dommage car ça m'a intrigué et presque donné envie de relire le livre... presque.

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07 septembre 2007

Interview - Film de Steeve Buscemi

InterviewInterview
Film de Steeve Buscemi (2007)

Avec
Steeve Buscemi
Sienna Miller

Durée: 1h23 - Distribution: Diaphana

La vie professionnelle réserve parfois des surprises… Un journaliste politique plus aguerri dans la pratique de la controverse avec des dirigeants de tout bord que dans l’interview futile avec des starlettes sans lendemain doit interviewer d’ailleurs une starlette sans lendemain (ça tombe bien). Celle-ci est une habituée des soaps tartignolles et des films avec des vampires crétins et des lycéens effrayés. Bref, notre ami y met toute la mauvaise volonté possible devant cette bimbo qui se permet en plus d’arriver avec une heure de retard. L’interview que l’on croit un moment avortée va bien avoir lieu et il aurait été dommage que ça ne se fasse pas vu qu’on est là pour ça.

L’idée est originale et alléchante, la réalisation est intelligente, les acteurs s’en donne à cœur joie (peut-être un peu trop) alors que demande le peuple ? Le petit problème vient de la manière de mener le débat qui n’est pas toujours heureuse. En effet, on tourne en rond un peu trop rapidement dans cette histoire de faux-semblants où celui qui pense mener le jeu n’est pas celui qu’on croit… quoique.

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Buscemi / Miller menent la danse
(qui a dit ça?... sortez!!!)

C’est ça tout le problème, le côté nébuleux de l’affaire énerve quelque peu mais je ne peux quand même pas jeter ce film qui ne le mérite pas. L’ambiance border line est très bien restituée, on a envie de comprendre où tout cela va nous emmener. Le huis-clos est efficace et certaines scènes restent marquantes (la scène de la danse par exemple…) mais je reste sur une impression de fouillis qui m’a déçu quelque peu.

**

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18 avril 2007

La tête de Maman - Film de Carine Tardieu

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La tête de maman (2007)

Film de Carine Tardieu

Avec
Karine Viard
Chloé Coulloud
Kad Merad

Durée: 1h35 - Distribution: UGC

Comment faire un film dont la base est (il faut bien le dire) une femme qui a des gaz? Demandez à Carine Tardieu. Lulu est une adolescente en crise: elle cogne ses petits camarades, elle insulte sa mère, elle reste seule souvent sauf quand elle daigne sortir de sa chambre pour voir sa meilleure amie et elle est fan de... Jane Birkin. Et oui, fan de Jane Birkin à l'adolescence, on avait pas vu ça depuis 1982. en fait, la réalisatrice voulait Hervé Vilard mais il n'était pas libre... Trève de plaisanterie, Lulu a une mère dont la particularité est d'avoir une maladie qui la fait péter. Elle passe son temps à se plaindre et à donner des détails ce qui insupporte Lulu. De plus, elle fait continuellement la tronche. Par hasard, Lulu découvre une photo desa mère qui rit... Ca lui fait un choc et cherche à savoir pourquoi elle riait... Lulu va alors mener l'enquète.

C'est une histoire formidable, un sujet qu'il fallait aborderun jour ou l'autre au cinéma. Le traitement est très sensible. On entre dans ce monde adolescent très tendre, très drôle qui se heurte à la réalité et qui ne se mélange que très rarement à ce monde fantasmagorique (à la fin du film). Les acteurs sont formidables à l'image de Karine Viard et Kad Mérad qui est décidemment un acteur de génie.

Mais là où le problème se pose, c'est que les dialogues sonnent totalement faux ce qui gâche véritablement le plaisir. La gamine peut être intelligente, c'est pas un  problème mais là, elle a un  don de la répartie un peu trop hors du commun. On ne peut croire que les paroles viennent naturellement et jusqu'à preuve du contraire, croire en une histoire est ce qui est le plus important au ciné. De plus, les personnages sont dans la réalité mais leurs réactions sont quelquefois bizarres, irréelles (comme quand Lulu se casse après la première rencontre avec Kad... elle balance un plateau, elle s'enfuit sans trop de discrétion... et Kad reste très - trop - stoïque)

A force d'hésiter entre le fantasme et la réalité, la réalisatrice nous perd un peu. C'est dommage car on a envie de s'attacher à cette très jolie histoire emprunt de sensibilité à fleur de peau.

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