29 juin 2009
Tellement proches - Film de Eric Toledano et Olivier Nakache
Tellement proches
Film de Eric Toledano et Olivier Nakache (2009)
Avec
Vincent Elbaz
Isabelle Carré
Omar Sy
Durée: 1h42 - Distribution: Mars
Ce samedi, Alain (Vincent Elbaz) en a véritablement marre de sa belle-famille, la famille de sa femme donc (Isabelle Carré) plus envahissante qu'une famille de cafards sous un évier. Tous les samedis soirs, il doit se taper le beauf Jean-Pierre (François-Xavier Demaison) qui s'extasie sur sa fifille qui est balèze en tout, pas comme son fils qui se secoue dans tous les sens et qui vit dans une hyperactivité terrible. Quand à sa belle soeur Roxane, elle est sauvagement allumée et devient complètement cinglée face à un jeune interne (Omar Sy) qui n'a pas véritablement compris ce qui lui arrivait.
Après avoir réalisé le charmantissime Nos jours heureux et travaillé sur l'oubliable Comme les autres, Eric Toledano revient avec son compère Olivier Nakache pour une promenade dans une famille plutôt fatiguante donc aux premiers abords mais qu'il sait amener dans une psychologie pas si lourde qu'elle en a l'air. En effet, les personnages sont plutôt bien trouvés même si il est évident que quelques poncifs, surtout dans les sujets, auraient pu être évités. Les sujets du racisme, de l'enfant suractif et de la solitude de manière générale sont autant certainement de stéréotypes qui ont tendance tout de même à fatiguer.
Sans vous la livrer, je ne suis pas fan non plus d'une fin un peu trop facile, un peu outrée que le film ne méritait sans doute pas. Ca me démange vraiment de vous la donner mais non, je resterai fort. N'empêche, j'ai trouvé ça légèrement niais sur les bords sans pour autant que ça gâche vraiment l'esprit du film. Je peux juste dire que c'est plein de bons sentiments, d'hommage... Mais j'en ai déjà dit trop.
Revenons dans cette histoire charmante sous forme de film choral, grande spécialité de ces dernières années et pas toujours une réussite, on retiendra la prestation d'Omar Sy qui n'apparaît pas assez à mon goût et de Vincent Elbaz qui m'a tiré des larmes - parce qu'il pleure bien le bougre - sur une scène où passe le sublime Say it ain't so Joe de Murray Head. Serait-ce la chanson qui amène les larmes? Certainement mais Elbaz est assez génial du début à la fin.

Et vivent les courses du samedi
Le principal est de ne pas s'ennuyer et c'est le cas ici. On s'amuse beaucoup, c'est un divertissement agréable et à voir entre amis tant le côté choral amène exactement ce genre de configuration.
Ecrit le 29 juin 2009 à 15h25
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01 mai 2009
Romaine par moins 30 - Film d'Agnès Obadia
Romaine par moins 30
Film d'Agnès Obadia
Avec
Sandrine Kiberlain
Pascal Elbé
Pierre-Luc Brillant
Durée: 1h25 - Distribution: UGC
Romaine (Sandrine Kiberlain) a un copain, Justin (Pascal Elbé), qui pense à tout et qui va dès lors lui offrir des vacances de Noël à Montréal. Le fait que Justin pense à tout agace ostensiblement Romaine qui, arrivée dans l'avion, pète les plombs après avoir entendu une hôtesse de l'air (Elina Lövensohn) s'entraîner dans les toilettes pour annoncer une catastrophe imminente. Suite logique, Romaine se fait larguer par moins 30 (d'où le nom du film) et va alors vivre une aventure absolument bizarre au milieu de l'hiver canadien en compagnie de l'hôtesse qui lui a fait perdre son amoureux et de mecs plutôt mignon qui, de manière incompréhensible, lui tournent autour (Pierre-Luc Brillant et Louis Morissette).
La bande-annonce donne envie, c'est le moins que l'on puisse dire. L'histoire de cette fille paumée qui apprend la vie dans un pays où on ne peut pas espérer plus chaud que dans son congélateur. Et puis, on est déçu pour plusieurs raisons. Tout d'abord, parce que l'histoire est vue et revue, même si l'ensemble est plutôt charmant, on finit par s'attendre à ce qu'il va se passer. Ensuite car le côté totalement dégligué de l'histoire fatigue un peu . C'est le problème de ce genre de films: si on ne rentre pas dedans, on se sent un peu rejeté et le côté fou finit par nous échapper. C'est ce qui m'est arrivé ici faute de logique et à cause d'un scénario décousu qui alterne les très bons moments et les trous d'air qui déstabilisent l'intrigue.
Les acteurs sont pourtant sympathiques avec en tête Sandrine Kiberlain, convaincante en fille perdue cheveux bouclés qui est peut-être un peu trop offusquée à mon goût mais qui réussit bel et bien à donner vie à son personnage. Il n'empêche que la psychologie de ce personnage paraît non pas compliquée mais carrément torturée à certains moments, de ce fait, pas toujours très logique.
C'est donc une chronique quelquefois un peu essouflée mais plutôt charmante en définitive. Malheureusement, aussi vite oubliée que vue. J'ai fait la séance en début d'après-midi et je commence déjà à perdre un peu le fil. J'ai dume payer une micro-sieste sans m'en rendre compte.
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15 avril 2009
Un chat, un chat - Film de Sophie Fillières
Un chat, un chat
Film de Sophie Fillières (2009)
Avec
Chiara Mastroianni
Agathe Bonitzer
Malik Zidi
Durée: 1h45 - Distribution: Les films du losange
Célimène (Chiara Mastroianni) se fait appeler Nathalie... Après tout , pourquoi pas. La trentaine, elle écrit mais n'a plus d'inspiration depuis quelques temps, a la vague impression d'avoir raté quelques morceaux de sa vie, s'éloigne délibérément des hommes après une expérience malheureuse où elle s'est faite jeter, a un petit copain charmant (Malik Zidi) qu'elle n'arrive pas à jeter, qu'elle n'arrive pas à garder aussi, a un fils de sept ans certainement plus adulte qu'elle, une bonne copine qui endure et un appart en travaux ce qui l'oblige à vivre avec sa mère pour l'instant. On la suit dans sa vie de tout les jours et on est pas les seuls puisque Célimène / Nathalie a une fan hard-core qui veut absolument que celle-ci écrive sur elle (Agathe Bonitzer).
Voilà bien un film bizarre, presque à ranger dans la catégorie déjantée tant l'ensemble paraît être décousu à certains moments. Et puis non, à bien y réfléchir, on vit 1h45 dans la tête de cette écrivain qui vivote entre son fils, sa copine, sa mère, son psy et son mec. Elle vit des trucs bizarres, rêve bizarre aussi, est dans une sorte de vie fantasmée, retombe quelquefois dans le réel grâce à sa fan, repart dans son rêve quand ça devient trop dur, plane à mille mètres, ce qui nous vaut certainement la meilleure scène du film, celle du rêve dans l'avion.
C'est bien difficile de classer ce film, certes, mais il n'est pas compliqué de dire que cette introspection dans la vie d'une trentenaire perdue est géniale, réussie de bout en bout, à condition qu'on se laisse entraîner. On pense forcément à Actrices dans le côté cinglé, un peu aussi aux chansons d'amour dans le côté fleur bleue du personnage principal et aussi à Amélie Poulain sous tranxen...
Chiara Mastroianni (qui, je viens de m'en rendre compte, est le sosie d'une de mes meilleures amies, coucou Charlotte) est divine dans ce rôle si difficile à habiter, elle habite le rôle et elle joue dans un excès intéressant tant Célimène ne peut être autre chose. Agathe Bonitzer est flippante dans ce rôle de collante teenager, son personnage pourrait virer à la folie mais elle apparaît comme un portrait de femme psychologiquement dosée. L'intelligence est de mise, tout ceci fait réfléchir sur soi, sur les autres.
A noter que, pour la première fois, j'étais entièrement seul pour voir ce petit film dans une jolie salle de la région parisienne. C'est enivrant comme sensation. C'est jouissif car on peut rire à un film comme si on était dans son salon sans avoir peur de gêner quelqu'un, c'est triste aussi car ça veut dire que les petites salles sont en danger. C'est pour ça que même avec un abonnement, je me fait quelques séances dans les petites salles histoire de ne pas les voir sombrer. Voici l'adresse de celle-ci qui a le mérite d'avoir un personnel très sympa: Cinéma Jacques Tati à Tremblay en France (93).
Ecrit le 14/04/2009 à 17h27
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10 mars 2009
Le code a changé - Film de Danièle Thompson
Le code a changé
Film de Danièle Thompson (2009)
Avec
Dany Boon
Karin Viard
Marina Foïs
Durée: 1h40 - Studio Canal
Toute l'histoire se déroule au beau milieu de Paris un 21 juin, ML une avocate survitaminée (Karine Viard) et Piotr un polonais en pleine reconversion (Dany Boon) invite un ensemble d'amis: Un cancérologue au bord de la crise de nerfs (Patrick Bruel), sa femme qui a des vues sur un jockey (Marina Foïs), un cuisiniste amoureux (Laurent Stocker) une relation de travail de ML (Christopher Thompson) et sa femme écrivain tourmentée (Emmanuelle Saignier) mais aussi la soeur de ML et son ami bourru (Marina Hands et Patrick Chesnais). Le repas se fait donc avec une petite dizaine de personnes qui ont un point commun: celui de ne pas avoir envie d'y être. Pourtant, ce repas va déclencher certaines réactions particulièrement funestes pour l'avenir.
Il faut tout de même sortir quelques acteurs du lot même s'il s'en tirent tous particulièrement bien, même Pierre Arditi et Patrick Chesnais qui me laissent froid au cinéma en temps normal et qui apparaît dans la scène la plus hilarante du film au beau milieu de la chambre de sa petite fille avec Jerry Lee Lewis. Au delà de l'anecdote, il faut bien dire que Dany Boon tire son épingle du jeu avec un rôle de mari plutôt compliqué mais gentil au demeurant. Il déploie un sens du jeu et de l'émotion que je n'avais pas encore vu chez lui - ayant loupé Joyeux Noël. De plus, le regard de Dany Boon dans le générique de fin en dit beaucoup plus que tous les discours. Karin Viard confirme qu'elle est absolument géniale avec ce rôle d'avocate surmenée.
Tous sont dans un lien amoureux et amical sinueux et c'est là tout le sel du film. On pourrait l'imaginer caricatural et de ce fait, plutôt ennuyeux au bout de quelques minutes mais il n'en est rien. L'ensemble est subtil grâce à une mise en scène dynamique et maligne et à des dialogues percutants et drôles. Nous ne nous étalerons pas ici sur les dits-dialogues, je vous laisse les découvrir car ils sont vraiment réussis. Je peux comprendre que certains trouvent le film très parisien et follement bobo mais on s'amuse tout de même, malgré un léger coup de mou au beau milieu de l'oeuvre.
Bien sûr, ils sont tous riches, mangent des plats polonais, critiquent les invités mais Danièle Thompson met certainement le doigt là où ça peut faire mal dans la mesure où tout le monde l'a fait au moins une fois: celui qui n'a pas critiqué l'un des invités (voire tous) d'un repas où il ne voulait pas être me jète le premier couvert (je sens qu'on ne va plus m'inviter nul part).
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06 février 2009
Juno - Film de Jason Reitman
Juno
Film de Jason Reitman (2008)
Avec
Ellen Page
Michael Cera
Jennifer Garner
Durée: 1h31 - Distribution: 20th Century Fox
En raison d'une évaluation sur la critique de film avec mes secrétaires, voici un corrigé qui vaut ce qu'il vaut, c'est à dire une chronique publiée sur ce film merveilleux publié l'année dernière. Les notes sont bonnes d'ailleurs, je suis ravi.
On rêve tous (enfin, je crois) d'avoir une copine comme Juno. Elle a 16 ans, a un sens de la répartie assez formidable et un esprit positif qui, perso, me fait rêver. Sauf que Juno... tombe enceinte comme précisé sur l'affiche. Le papa est un jeune coureur fanatique de Tic-Tac qui l'appelle "Ma magicienne" (que c'est mignon) et qui ne sait pas trop comment réagir. Juno l'annonce à ses parents qui, ma foi, le prennent plutôt bien (je veux aussi des parents comme ça, ça peut toujours servir). En fait tout le monde le prend bien même la famille modèle qui désire adopter l'enfant.
Ca ne ressemble à rien de ce que j'ai déjà vu au ciné. Ce film est terriblement original sur la manière de traiter la maternité chez l'adolescente. Ellen Page (qui d'ailleurs a pas mal de films en préparation) est magistrale dans ce rôle d'adolescente pas si optimiste que ça et Michael Cera très juste dans un rôle de papa improvisé. La réalisation est inventive et astucieuse. Le travail du scénariste est foisonnant, les personnages ancrés dans leur réalité. La mention spéciale revient au couple d'adoptants qui reste toujours dans une certaine sobriété.
C'est vrai qu'on pourrait reprocher une certaine candeur à la totalité des personnages. En effet, le pèrereçoit la nouvelle de la grossesse de sa fille avec un certain calme. Mais pourquoi faudrait-il que ça se passe mal. Le film en prend son parti et arrive à distiller savamment le mal-être et les états d'âme de ses personnages sans jamais tomber ni dans la caricature, ni dans le pathétique.
On passe du rire à l'émotion et de l'émotion à la réflexion dans des tableaux très justes de notre société (particulièrement la scène de la tentative d'avortement). En plus, d'être un film réjouissant, celui-ci nous permet de nous sentir au plus près du problème et de suivre saisons après saisons la grossesse de Juno. D'ailleurs, l'inventivité de la réalisation se niche même dans le changement de saison avec nos copains les coureurs qui passent comme pour annoncer un nouvel acte; Si à ça vous ajoutez une BO particulièrement jolie vous obtenez un film tout simplement beau.
On s'invite dans la tête de Juno l'espace d'une heure et demie... et cette heure et demie, je ne suis pas prêt de l'oublier.
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02 février 2009
Chocke - Film de Clarck Gregg
Chocke
Film de Clark Gregg (2009)
Avec
Sam Rockwell
Angelica Huston
Kelly Mc Donald
Durée: 1h32 - Distribution: Fox
Victor a un problème. Il ne pense qu'à CA. Oui, je sais, qu'est ce que c'est que cette pudibonderie de mettre un CA géant pour cacher l'insoutenable vérité, Victor aime le cul mais de manière continue. C'est donc un obsédé sexuel qui est le héros de ce film, il en faut quand même.
Il faut dire que Victor n'a pas une vie facile, il se produit dans une sorte de parc d'attractions médiéval où il joue un colonialiste, doit s'occuper de sa mère (Angelica Huston) atteint d'une maladie de cerveau, occasionnée par un excès de substances illicites diverses et variées. Pour payer la clinique privée de sa mère, il arnaque des bourgeois généreux en s'étouffant sauvegement au milieu des restaurants. Je n'ai toujours pas trouvé un lien logique de cause à effet entre un étouffement et un don en argent mais bon, il faut faire confiance à Victor.
J'allais voir ce film (après, vous l'aurez remarqué, une petite absence des cinémas de ma part) en me disant que j'allais me retrouver devant un film à la Ken Loach, déprimant à souhait sur la vie affreuse et pathétique d'un looser du cul. Et puis non, surprise, l'ensemble se révèle être drôle bien que désenchanté. C'est là où réside la force de ce film qui couple des scènes géniales où le montage est la clé de voute de l'effet drolatique. En effet, Victor croise des jeunes filles qu'il voit, l'espace d'un flash, totalement à poil s'il ne les a pas encore sautées, ou en pleine action si l'acte a déjà été perpétré.
N'allez pas imaginer non plus que le film tombe dans le sordide ou dans les comédies graveleuses à la Max Pécas. C'est bizarrement grave et plutôt bien senti grâce certainement au jeu de Sam Rockwell, divin looser touchant mais aussi la grande Angelica Huston qui me semble avoir disparu des écrans depuis quelques temps. Les flash-backs trouvent une exploitation intelligente qui permet de completer le puzzle proposé. Bien sûr, c'est un peu osé mais l'humour est présent, le problème de l'addiction sexuel est posé dans une vision tragi-comique et la dimension psychologique de ce film où les personnages ne sont pas tous ce qu'ils sont est installée de manière intelligente.

Medieval pie en réussi
On peut reprocher au réalisateur un manque de netteté à un moment donné car l'ensemble devient compliqué à force de partir sur différentes pistes (la maladie de la mère, le médecin loufoque interprété par Kelly Mc Donald, la personnalité et la trajectoire du meilleur ami de Victor interprété par Brad William Henke ou encore l'origine supposée christique de Victor), on s'y perd un peu mais il y a beaucoup d'intelligence et de subtilité dans cette oeuvre. On rigole aussi énormément grâce à des trouvailles scénaristiques comme ce clan de vieilles nymphomanes qui accusent Victor des pires chose. Ce Choke est surtout une jolie surprise.
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28 octobre 2008
Caramel - Film de Nadine Labaki
Caramel
Film de Nadine Labaki (2007)
Avec
Nadine Labaki
Yasmine ElMasri
Sihame Haddad
Durée: 1h35 - Distributeur: Bac Films
A Beyrouth, cinq femmes se croisent dans le cadre d'un institut de beauté. Ces femmes ont des états d'âme sur la vie et les hommes d'autant plus qu'elles ont vécu des choses très différentes puisqu'elles sont à des âges différents. Elles vivent leurs religions, leurs amours, leurs apparences sans complexe dans un pays où la féminité est quelque chose de compliqué à assumer. Peu d'hommes sont présents dans ce film mais ils ont leurs rôles et sont toujours attachants, complices et complémentaires.
Je ne connaissais pas Nadine Labaki avant et encore moins cette partie du monde qu'est Beyrouth. Je ne connaissais Beyrouth que par ce qu'on avait entendu de cette ville dans les années 80, c'est à dire une ville en flammes, détruite par les attentats d'une guerre nébuleuse. L'image donnée par cette réalisatrice est particulièrement belle, la couleur est splendide, le vie menée par ses héroïnes est attachante, d'autant plus qu'elles ont cette envie d'aller de l'avant.
Ce film est un dépaysement total qui fait un bien fou et qui permet de rire autant que de s'émouvoir en se passionnant pour les pérégrinations de ces femmes au milieu de ce salon sans tabous ou mariage, religion et homosexualité (l'actrice qui joue la jeune lesbienne est formidable) sont traités de manière franche et directe. Les actrices sont toujours justes avec en tête de la distribution la très jolie Nadine Labaki. Je reste scotché par les couleurs qui donnent vie à cette comédie douce-amère. Un beau moment à déguster.
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14 octobre 2008
Hassan et Morkos - Film de Rami Eman
Avant-première
Hassan et Morkos
Film de Rami Eman (2008)
Avec
Adel Iman
Omar Sharif
Rami Eman
Durée: 1h30
Deux dignitaires religieux vivent en Egypte, pays où la religion musulmane est certes très largement majoritaire mais où les chrétiens regroupent tout de même 10% de la population. Hassan Al Attar est un musulman pratiquant très croyant et Morkos Abdel Shahid est quant à lui un théologien chrétien renommé. Tous les deux ont un point commun, ils ont échappé à un attentat qui les visait au même moment. Le chef de la police va leur proposer ndépendamment de changer d'identité et afin, de véritablement les protéger en leur faisant endosser une religion différente. Chacun va alors vivre la vie de l'autre en espérant profondément que ça s'arrête vite mais en découvrant surtout ce qu'est la religion d'en face (la mosquée est face à l'église dans la ville où ils se trouvent), en faisant vivre leur petite famille au rythme religieux du voisin d'en face.
Pas moyen de trouver une affiche à vous proposer, c'est bien dommage mais c'est logique car le film n'est pas encore sorti et ne sortira que dans quelques semaines, la date n'ayant pas été fixée pour l'instant. J'ai eu la joie (grâce à Laurent, merci encore à toi) de voir ce film dimanche soir dans le cadre du festival "Cinéma-VéritéCinéma-Vérité" dont je vous parlai la semaine dernière. Comble du bonheur, les deux acteurs principaux, Omar Sharif et Adel Iman, étaient présents dans la salle. Je crois bien que c'est ma première fois, et j'espère pas la dernière, et ce fut un grand moment d'intelligence et de subtilité.
Le film en lui-même est terriblement drôle et sur un sujet pareil, il est vrai que ce n'était pas évident. C'est en fait le remake d'un film de 1940, Hassan, Morkos et Cohen. Cohen a disparu en cours de route mais l'esprit est encore là. Les deux acteurs principaux font de ce sujet difficile une sorte de film suranné (dans le bon sens du terme) et subtil où les héros ont l'air de naviguer à vue dans des problèmes qu'ils n'attendaient certainement pas... Quand on sait que les problèmes sont religieux et qu'ils ne prêtent véritablement pas à rire que ce soit en Egypte ou ailleurs, on ne peut que souligner le talent du réalisateur.
En effet, la mise en scène est d'une force et d'une intelligence rare, on se prend à repérer ces coups de caméra énergiques et tombants bien à propos, on suit avec un plaisir non dissimulé les pérégrinations des personnages dont l'effet comique est renforcée par des subterfuges utilisés fréquemment dans les films burlesques. Il y a d'ailleurs un clin d'oeil aux Marx Brothers dans une scène où les deux familles regardent la télé ensemble. Car ce film a contre toute attente une part de burlesque avec des comiques de répétition multiples et affichés par plusieurs personnages, le comique de gestes et d'attitude nous donnent quelquefois l'impression d'être dans une comédie de boulevard et pourtant, l'ensemble est grave dans le fond et c'est ce mélange qui rend le tout passionnant.
Il faut bien sûr mettre en avant les acteurs avec en premier plan les deux patriarches, Adel Iman (comédien égyptien très connu dans son pays et acteur absolument génial dans ce rôle) et Omar Sharif bien connu chez nous. C'est d'ailleurs amusant de voir que son rôle est proche de celui de M. Ibrahim qu'il a tenu quelques années auparavant. Cet homme religieux, ouvert et... commerçant (ici, il tient très brièvement une boulangerie alors que dans M. Ibrahim..., c'est une épicerie) nous gratifie de son ouverture d'esprit autant que le personnage joué par Adel Iman. Les autres acteurs que j'aurai du mal à vous donner car je n'arrive pas à trouver la distribution... même principe, dès que j'en sais plus, je publierai les informations.

Ben voilà, je mets des photos de pressbookpressbook,
comme aux Césars, quand les acteurs ne sont pas là...
La scène finale est émouvante à souhait malgré un côté naïf qui toutefois lui permet de rester plus rafraîchissante et pleine d'espoir que niaise. C'est une oeuvre qui ouvre l'esprit et qui, grâce à une subtilité incroyable, permet d'être plus intelligent en ressortant. Omar Sharif nous a dit à la fin du film que tout ceci a posé des problèmes bien compréhensibles lors de l'écriture du film mais qu'ils avaient pu le monter tout de même et après avoir vu le résultat, on ne peut que s'en réjouir.
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03 octobre 2008
Entre les murs - Film de Laurent Cantet
Entre les murs
Film de Laurent Cantet (2008)
Avec
François Begaudeau
Esmeralda Ouertani
Franck Keita
Durée: 2h00 - Distribution: Haut et court
M. Marin est professeur de français (tiens, tiens) dans le collège Françoise Dolto où s'esbaudissent des élèves difficiles car adolescents (hé hé hé... spéciale dédicace à mes élèves qui n'aiment pas qu'on dise qu'ils sont des adolescents). Le réalisateur nous propose de suivre le parcours de ce jeune professeur et de sa classe de quatrième dont il est professeur principal (ah, ah) durant toute une année scolaire avec ses joies (quelques-unes), ces drames (beaucoup) et ces évènements. On suit également ce prof dans la salle des professeurs où apparaissent quelques spécimens de matières différentes. En revanche, on ne le suit pas chez lui, ce qui selon moi est une très bonne idée car d'une part cela centre entièrement le propos et d'autre part nos élèves pensent souvent qu'on nous remet dans la naphtaline après 17h30. Les élèves vivent aussi leurs vies de leur côté, sont évalués et viennent avec leurs parents pour faire le point.
Je ne dirai pas que j'y allai à reculons mais tout de même avec une certaine apréhension. La question se posai: mais pourquoi diantre aller au cinéma pour retrouver le boulot? Même si je ne suis pas en collège mais en lycée professionnel, les profils d'élèves varient très peu et c'est vrai qu'en cette période de rentrée qui est l'une des plus fatiguantes de l'année, quand on a fini de se donner en spectacle devant nos élèves, on a peut-être envie d'autre chose. Mais ici, dès les premières minutes, j'ai pris un véritable plaisir à m'intéresser aux histoires ordinaires de cette classe dans un lycée (presque) de banlieue (on est dans le 20ème). En effet, ce n'est pas tous les jours que je peux bouffer des M&M's en regardant des élèves dans une classe...
J'ai cru comprendre que tous les profs ne sont pas d'accord avec le traitement de l'histoire. Ils la trouvent trop simpliste, trop caricatural. Il est vrai que l'on survole une année en 2h et il est donc plutôt difficile de ramasser tous les évènements survenus dans une classe avec un prof mais il est indéniable que l'ensemble est plus que convaincant. Ce ne sont pas véritablement les profs présents dans le film qui réussissent à nous le rendre intéréssants car ceux-ci jouent un peu faux (mis à part Begaudeau) mais en revanche, les élèves sont géniaux et parviennent à retranscrire devant la caméra un naturel confondant. Je ne compte même plus le nombre de fois où j'ai souri niaisement dans ma grande salle noire en entendant des réflexions d'élèves que j'entends moi-même à longueur d'heures durant mes cours, la plus fréquente restant "M'sieur, ça se fait pas". J'ai moins souri mais je me suis interrogé en voyant mon collègue se dépétrer des problèmes plus ou moins graves qui sclérosent de plus en plus l'éducation nationale.
Nous passerons rapidement sur le fait que M. Marin ne s'embarasse pas trop du règlement intérieur en laissant sa classe abandonnée à elle-même pour emmener un élève dans le bureau du principal mais l'ensemble permet une vraie réflexion sur la relation élève-professeur et sur la formation que nous connaissons pour faire face aux difficultés toujours nouvelles dans une classe. Il est vrai qu'ici on n'a pas de cohésion véritable dans l'équipe pédagogique (c'est à dire l'ensemble des profs qui ont une classe) mais le message reste entier et Laurent Cantet réussi quelque chose de presque parfait.
On peut regretter tout de même certaines simplifications principalement dans les débats apparaissant entre les professeurs. Ceux-ci me paraissent un peu simplistes et souvent sur l'air de "on se frite mais la vie continue". Pour l'avoir vécu quelquefois, je peux vous assurer que ça ne fonctionne pas vraiment de cette façon.
Je ne peux pas finir sans parler des élèves qui sont tous formidablement avec en tête Esmeralda Ouertani qui joue la petite peste comme personne et Franck Keita qui campe un élève difficile et à la limite de la violence comme on en croise malheureusement tous les jours dans nos établissements.

Des doigts qui se lèvent...
Comme quoi, ilspeuvent le faire.
C'est donc un formidable docufiction qui nous est proposé. Pour tout vous dire, cela regonfle le moral de voir ce genre de film qui nous donne un message intelligent et censé. Et preuve supplémentaire que nos élèves ne sont pas toujours les pires, j'ai vu le film cet après-midi sur les Champs-Elysées et dans la salle, nous avions un vieux con qui s'est permis de commenter le film comme s'il était dans son salon. L'incivilité se place aussi chez les plus vieux et après avoir vu ce film là, vous comprendrez peut-être ce que ressentent les plus jeunes.
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29 septembre 2008
Faubourg 36 - Film de Christophe Barratier
Faubourg 36
Film de Christophe Barratier
Avec
Gérard Jugnot
Clovis Cornillac
Kad Mérad
Durée: 2h - Distribution: Pathé
C'est la consternation. Le music-hall où travaillent Pigoil, Milou et Jacky (respectivement Gérard Jugnot, Clovis Cornillac et Kad Merad) va fermer. C'est toute une vie de labeur qui s'écroule en quelques minutes. La faute à qui? La faute à un personnage désagréable nommé Galapiat (Bernard-Pierre Donnadieu), agent immobilier de son état et qui a racheté le petit établissement pour revendre la place encore plus cher. Parallèlement, ce n'est pas la joie pour Pigoil puisqu'il vient de se faire larguer par son amoureuse et de ce fait, vient de perdre la garde de son fils (Maxence Perrin). Il va donc avec ses petits camarades reprendre le flambeau pour refaire partir le music-hall, gagner de l'argent et en même temps récupérer son fils. Il est accompagné de toute une gallerie de portraits (dont François Rollin, Pierre Richard et Nora Arnezeder) qui vont les soutenir jusqu'à la fin de l'exploit.
Après Les Choristes (que je n'ai jamais vu, oui c'est moi), Christophe Barratier signe un film touchant et surtout dans la même veine que le film cité juste avant (c'est pas moi qui le dit, c'est mon copain Rémy que j'ai croisé tout à l'heure dans le train et qui m'a donné l'info, bisous Rémy). Ici, les bons sentiments sont au rendez-vous comme rarement, les couleurs sont chatoyantes au point que ça finit par piquer les yeux, les acteurs sont lacrymaux à souhait et l'histoire pourrait faire chialer un régiment de frustrés. Alors, aime-je? Oui, j'aime beaucoup cette charmante petite histoire de pauvres petits chomeurs qui s'attaque au grand méchant capitaliste et qui tente de mettre leur passion en avant au détriment de tous les problèmes et de tous les obstacles qu'ils peuvent connaître.
Il faut mettre en avant les seconds rôles plutôt que les premiers. En effet, même si Gérard Jugnot n'est pas mauvais, il fait du Jugnot tout simplement, rien de véritablement flamboyant donc. Kad Mérad surjoue légèrement et seul Clovis Cornillac est véritablement touchant dans son rôle de cégétiste buté. Ce sont plutôt d'autres acteurs qui m'intéressent ici avec en tête Pierre Richard, génial enfin (je n'ai jamais trop aimé Pierre Richard) dans le rôle de ce compositeur éperdument amoureux et qui ne s'en ait jamais remis (toute ressemblance...), on peut bien sûr mettre en avant la charmante Nora Arnezeder dont la voix est splendide et dont la fraîcheur nous laisse entrevoir une carrière prometteuse mais aussi Bernard-Pierre Donnadieu, que je n'avais pas vu depuis longtemps, assez convaicant en salopard plein de pognon.
On peut regretter cependant une tendance à la facilité un peu épuisante et fréquemment présente dans ce genre de film. On est dans une société qui préfère le bien-pensant et le journal de 13 heures de TF1 alors on donne ce modèle avec des gens très (trop) enthousiastes, qui s'entraident et qui même s'ils s'engueulent finissent par se réconcilier car ce sont de bons bougres et ils ont le coeur sur la main... faites passer la cuvette, je vais vomir.
Si on y rajoute une image très soignée à la Amélie Poulain, on obtient un film sucré et acidulé qui pêche donc par son côté niaiseux et naïf. Heureusement, tout cela ne gâche pas véritablement le plaisir. Le seul conseil que je pourrais donner si vous allez voir ce film, c'est de ne pas prendre globalement ce qu'on vous montre. La générosité à forte dose a tendance à m'inquiéter un peu.
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