29 avril 2009
Coco avant Chanel - Film d'Anne Fontaine
Coco avant Chanel
Film d'Anne Fontaine
Avec
Audrey Tautou
Benoît Poelvoorde
Marie Gillain
Durée: 1h50 - Distribution: Warner Bros
Voici l'histoire élégante et passionnante d'un des noms les plus fameux dans le monde et... cocorico, il vient de chez nous ce nom. Gabrielle alias Coco alias ici Audrez Tautou traîne sa vie dans ce film entre ses débuts comme chanteuse légère à l'Alcazar (comme dans Les remparts de Varsovie de Jacques Brel, y a t-il un rapport?) en compagnie de sa soeur (Marie Gillain) et son premier défilé couronné de succès. Entre temps, Coco a rencontré un personnage haut en couleurs, glandouilleur magnifique, à la réfléxion intelligente et soignée, il s'agit d'Etienne Balsan (Benoît Poelvoorde), Coco rencontre également le premier amour fort de sa vie en la personne du gestionnaire sexy de Balsan, Boy Capel (Alessandro Nivola). Malgré la jalousie du gentleman Balsan sous des traits d'enfoiré total, celui-ci va la laisser faire et ça, c'est chevaleresque.
Un biopic, un! Après Piaf, après Sagan et avant Soeur sourire - dont une biographie au sous-titre grotesque, à savoir Dominique, nique, nique, un destin tragique vient de sortir - voici un monument du patrimoine français qui a le droit à une vie sur grand écran. L'exercice n'est pas toujours réussi car périlleux (il suffit de regarder celui-ci) mais là, c'est fin et subtile, intelligent avec un rythme totalement adapté à la vie de cette femme d'exception, malgré quelques lenteurs en milieu de film qui lui donne un air de téléfilm sans imagination. C'est bien le seul reproche que l'on peut lui faire... Il y en a peut-être un autre quand même.
Les acteurs sont bien choisis car Anne Fontaine a su choisir les meileurs: Audrey Tautou est parfaite comme d'habitude, Benoît Poelvoorde reste l'un des meilleurs acteurs de sa génération et il a l'air d'aller mieux, ce qui me réjouit. La seule chose qui me gêne un peu c'est le manque de relief de la réalisation. En effet, il n'y a pas véritablement d'inventivité et tout ceci reste plutôt sage, même monotone mais la réalisatrice réussit à nous donner l'envie suivre cette grande dame là où elle veut nous emmener.
Coco avant Chanel est un film très honnête, très propre sur lui (trop?) qui a l'avantage de nous faire passer un très joli moment et certainement l'inconvénient de faire de ce joli moment un souvenir périssable.
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04 novembre 2008
W, l'improbable président - Film d'Oliver Stone
W, l'improbable président
Film d'Oliver Stone
Avec
Josh Brolin
James Cromwell
Jeffrey Wright
Durée: 2h - Distribution: Metropolitan film export
George W Bush (Josh Brolin) rentre dans la maison blanche en 2002 et croit en son pouvoir, il s'entoure des meilleurs afin de pouvoir réussir à combattre le problème n°1 de son mandat, le terrorisme. Il va alors combattre l'axe du mal (d'ailleurs, le film commence sur la recherche de cette expression) et du même coup, le réalisateur va nous montrer comment un futur président et fils de président va progresser dans la vie avec une certaine nonchalance et surtout quelques facilités selon les liens qu'il a grâce grâce à son papounet (James Cromwell). Bush Jr est tour à tour à l'université, devant un pipeline ou directeur pour son père, et le réalisateur nous promène à travers la vie de l'idiot de Dallas.
Oliver Stone livre ici un film acerbe et plutôt intelligent en définitive où le personnage central est bien sûr le président le plus nul de l'histoire des USA mais où les autres personnages ont énormément d'importance, en particulier George Bush Senior qui aurait selon Oliver Stone une importance capitale dans la présidence du crétin du Texas. Si on y regarde de plus près, tous les personnages tournant autour du président sont importants, de Barbara Bush (Ellen Burstyn) à Donald Rumsfeld (Scott Glenn) en passant par l'entourage proche comme don Evans, interprété par le Dr Carter d'Urgences, Noah Wyle.
Ce film permet de comprendre le fonctionnement de la politique intérieure américaine mais également la politique extérieure même si le gros problème reste très clairement cette partie-là puisque les explications données par les différents personnages ne sont pas particulièrement évidents à comprendre. Même si on a une culture politique, le côté didactique peut paraître lourd et pesant. Il n'empêche que les relations entre le président et certains personnages haut-placés sont intéressants (Comme le personnage de Colin Powell - interprété par Jeffrey Wright - dont on comprend le ralliement à Barack Obama en voyant le film) ou suspects (comme le personnage effacé et ridicule quelquefois de Candy rice - joué par Thandie Newton - lui donne des airs de soubrettes effarouchées).
Le film est donc une plutôt belle réussite malgré quelques longueurs et 15 minutes de trop, Oliver Stone dépeint un président benêt mais qui devient malheureusement un peu trop attachant, le réalisateur se trouvant devant une sorte de syndrome de Stockholm mal placé qui déçoit un peu. L'ensemble reste tout de même efficace.
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18 août 2008
Bernadette - Film de Jean Delannoy
Bernadette
Film de Jean Delannoy (1987)
Avec
Sydney Penny
Jean-Marc Bory
Bernard Dheran
Durée: 2h
Il est certainement inutile de raconter l'histoire de Bernadette Soubirous (prononcez Soubirousssss) qui, à l'adolescence, a vu apparaître la Vierge dans une grotte à Lourdes... Mais bon, qu'est ce que je fais moi sinon... Donc je vous raconte... Bernadette est une petite bergère asthmatique qui crapahute avec ses nombreux frères et soeurs et ses parents de maisons en maisons pour cause de pauvreté. Après cette apparition surprenante, c'et le moins que l'on puisse dire, les pelerins vont se présenter de manière soutenue à la porte de la famille Soubirous, ils vont même l'accompagner jusqu'à la grotte. Les autorités vont s'émouvoir assez rapidement car tous ces évènements sont vite considérés comme des troubles sur la voie publique. Bernadette tient cependant bon devant la pression et, malgré la farandole de médecins qui essayent de prouver qu'elle est folle, elle va aller jusqu'à prendre le voile.
Il faut savoir que le film que je vous chronique aujourd'hui est diffusé trois fois par jour tous les jours à Lourdes où nous fûmes la semaine dernière (les vacances sont belles et bien terminées). Dans une jolie salle au centre-ville, on peut donc apprécier le film de Jean Delannoy, décédé il y a quelques semaines, d'autant plus qu'il a la particularité d'être jouée par pas mal de quasi-inconnus, avec en tête la très brillante Sydney Penny dans le rôle de Bernadette Soubirous, ça lui a d'ailleurs vraiment collé à la peau a priori puisqu'à part dans la suite (Une sorte de Bernadette II le retour apparemment), elle n'a jamais vraiment rien fait d'autre au cinéma - excepté Pale rider mais c'était avant - elle avait en revanche fait quelques apparitions dans des séries TV comme Santa Barbara ou Beverly Hills et tenait un rôle récurrent dans Largo Winch. D'autres acteurs apparaissent avec un petit nom comme Bernard Dheran, mon préféré, dans le rôle d'un médecin très cartésien, mais aussi Jean-Marc Bory, excellent dans le rôle du curé Peyramale. il est intéressant de voir passer dans un tout petit rôle, celui de Napoléon III tout de même, Michel Duchaussoy.
L'histoire en elle-même a l'intelligence de ne pas tomber dans la religion pure et dure mais plutôt dans la réflexion et surtout dans les problèmes politiques que ces apparitions ont provoqué. Delannoy arrive à proposer une vision réaliste et objective de ce qu'a été cet évènement. Ca ressemble à un téléfilm social de France 3 durant les premières minutes mais c'est véritablement plus subtil que ça car la réflexion s'invite dans ce film brillant et intéressant presque de bout en bout - les 10 dernières sont plutôt ennuyeuses - tant les paysages sont sublimes et tant ils sont utilisés à bon escient. De plus, Il y a un respect de la religion puisqu'il n'y a jamais de Vierge qui apparaît, c'est Bernadette et seulement Bernadette qu ivoit la Vierge, c'est une astuce qui permet de ne pas s'égarer dans un besoin de représentation, voire dans la science-fiction.
Même si vous n'êtes pas pratiquant, et même si vous n'êtes pas croyant d'ailleurs, vous apprécierez la finesse et le travail scénaristique qui tend à prouver qu'on peut parler religion sans tomber dans la croyance béate et somme toute assez fatiguante.
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11 juin 2008
Sagan- Film de Diane Kurys
Sagan
Film de Diane Kurys (2008)
Avec
Sylvie Testud
Pierre Palmade
Jeanne Balibar
Durée: 1h57 - Distribution: EuropaKorp
Voici un écrivain qui aura, c'est le moins que l'on puisse dire, défrayé la chronique durant quarante ans. Sagan (Sylvie Testud) écrit durant les vacances d'été 1954 son premier best-seller Bonjour tristesse et se voit catapultée dans le monde select de ceux qui réussissent. Tout ceci lui monte à la tête et commence alors à jouer au casino plus que de raison, à sortir, à boire beaucoup trop de whisky, à prendre des substances illicites. Elle ne sait pas vivre seule et doit alors se créer une bande de copains dont le plus fidèle et le plus célèbre est sans doute le danseur Jacques Chazot (Pierre Palmade). Sagan multiplie les aventures amoureuses avec des hommes, avec des femmes, avec ceux qui peuvent l'aimer, aimera de manière durable Betty (Jeanne Balibar) avant de rencontrer la véneneuse Astrid (Arielle Dombasle) et de disparaître abandonnée par presque tous.
Et revoilà le thème à la mode du moment, à savoir le biopic (là, là ou là) et c'est Luc Besson qui s'y colle en ce qui concerne la production et Diane Kurys pour la réalisation. Je l'ai déjà dit, Besson qui produit, en esbrouffe ça finit. Ici, le problème se pose légèrement dans un angle particulièremnent people de la vie de Sagan dont les livres n'apparaissent que très peu pour laisser place à une vision quelque peu escamotée de son oeuvre. Il est vrai que pour le néophite qui voit ce film sans connaître l'oeuvre de Sagan, sa vie se limite à la coucherie et aux abus. Bien sûr, cela a fait largement partie de son expérience mais ce qu'on attend d'un film intitulée Sagan, c'est avant tout l'écriture de Sagan. Elle apparaît heureusement dans des scènes merveilleuses en voix off qui distille merveilleusement ses mots avec un détachement, une classe et un désenchantement admirable.
Le deuxième piège du film est une réalisation hâchée qui rend l'ensemble quelque peu ennuyeux arrivé à la moitié du film. En effet, Diane Kurys constitue un assemblage de moments choisis qui ne permettent pas toujours de voir l'évolution des personnages et qui semble aussi être réservé à une élite. on apprend ainsi au détour de dialogues la disparition de Chazot, on ne comprend pas toujours non plus le destin de certains tant les rôles donnés sont souvent repris aux acteurs sans leur laisser la moindre chance de les faire s'épanouir.
Ces remontrances montrent mon désarroi et non mon désamour pour ce film. J'ai trouvé l'idée bonne, les personnages attachants et l'histoire bouleversante. Les acteurs sont tous admirables avec Jeanne Balibar en maîtresse snob et pourtant si amoureuse, Arielle Dombasle en salope vénéneuse et surtout l'extraordinaire Pierre Palmade qui campe un Jacques Chazot sarcastique au naturel, ce qui me fait se poser cette question: Pourquoi ne donne t-on pas plus de rôles à Palmade car il est tout simplement génial. Je garde bien sûr la meilleure pour la fin: Sylvie Testud est habitée par le personnage de Sagan allant jusqu'au détail de la ressemblance jusqu'à sa manière de parler. C'est même l'occasion de remarquer dans le rôle de la petite amie du fils de Sagan Clémence Lenorman qui n'est autre que la fille de ... Voici les clés.
On y découvre une Sagan elle aussi désenchantée dont l'humour et l'autodérision égale (comme souvent chez tout les gens qui aiment faire rire à leurs dépens) une détresse de femme crevant de peur de terminer seule. Alors, forcément, j'ai été hanté durant l'ensemble du film par La môme car on ne peut pas faire autrement que de le comparer à celui-ci tant les personnages se ressemblent dans leurs traitements, tant le choix scénaristique (long flash back constituant le film) est indéniablement repris sur le film d'Olivier Dahan.
On pourra donc reprocher à Diane Kurys un manque d'inventivité et une certaine routine dans sa manière de rendre compte de la vie de Sagan arrivé à la moitié du film mais beaucoup de défauts peuvent être pardonnés tant le jeu d'acteurs est excellent et arrive presque à nous faire oublier certaines longueurs.
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18 avril 2008
Sans arme, ni haine, ni violence - Film de Jean-Paul Rouve
Sans arme, ni haine, ni violence
Film de Jean-Paul Rouve (2008)
Avec
Jean-Paul Rouve
Gilles Lellouche
Alice Taglioni
Durée: 1h28 - Distribution: Mars
A la fin des années 70, Albert Spaggiari réalise le casse du siècle qui consiste à cambrioler la Société générale de Nice en creusant un tunnel en dessous. Ce petit photographe va s'aider de mafiosos marseillais qui vont d'ailleurs en profiter pour empocher une bonne partie du bulletin. Après s'être fait arrêter, Spaggiari réussit à s'échapper de manière rocambolesque et s'enfuit alors pour l'Amérique du Sud en compagnie de sa compagne (Alice Taglioni). Un pseudo journaliste qui va s'avérer être un flic (je ne dévoile rien, on le sait au bout d'un quart d'heure) tente alors de l'appréhender en gagnant sa confiance mais le personnage est attachant et peu à peu, Vincent - le flic - va lui trouver du charme. Va t-il exécuter sa mission? Ah ah... Vous aimeriez bien le savoir hein?
C'est le premier film de Jean-Paul Rouve en tant que réalisateur et il est vrai que ce n'est jamais tâche facile, d'autant plus qu'ici on est en face d'un sujet bien particulier. Si Rouve s'en sort très bien dans cette première réalisation puisqu'il arrive à filmer de manière assez inspirée et qu'il maîtrise le flash back et l'écran partagé formidablement, cela ne suffit pas toujours car c'est le scénario qui pèche un peu.
On laissera de côté des dialogues parfois trop écrits et même lyriques pour réfléchir au lien qui s'est tissé entre Jean-Paul Rouve et le personnage d'Albert Spaggiari. Celui-ci est à l'écran un personnage fantasque et attachant, même s'il est pathétique à certains moments. C'est un point de vue et pourquoi pas, il en vaut bien un autre. Ce qui me gêne plus, c'est la fascination de Rouve pour Spaggiari qui a tendance à engluer la caméra et qui, à certains moments, peut s'avérer pesante. Bien que le film ne soit pas très long, il en ressort une lenteur arrivé au milieu qui m'a lassé.
Heureusement, d'autres points sont bien plus réjouissants. La maîtrise de l'intrigue fait plaisir à voir et les acteurs sont formidables. Outre Jean-Paul Rouve qui peut décidément jouer n'importe quoi, on trouve un Gilles Lellouche en pleine forme et Alice Taglioni qui ne se cantonne pas à jouer les potiches. On trouve également Arsène Mosca (le formidable dignitaire SS de OSS 117) en complice du casse et Patrick Bosso, très convaincant dans un rôle -malheureusement court - de mafioso hystérique. La fin est véritablement réussie et le film reste agréable malgré les quelques longueurs précisées précédemment, plutôt convaicant pour un premier film.
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Jean Paul Rouve est son renard crevé
10 mars 2008
La banquière - Film de Francis Girod
La banquière
Film de Francis Girod (1980)
Avec
Romy Schneider
Jean-Claude Brialy
Daniel Mesguich
Durée: 2h05 - Distribution: 1980
Emma Eckert (Romy Schneider) est issue d'une famille modeste et elle a la rage de réussir sur tous les plans, que ce soit professionnel ou amoureux. Elle conjugue l'amour au pluriel et à tous les genres (c'est rien de le dire) et n'en fait qu'à sa tête. Elle se marie à Moïse (Jacques Fabbri) qu'elle n'aime pas et réussit dans la banque grâce à une grande intelligence et une vraie pugnacité.
Cette réussite ne plait forcément pas à tout le monde, en tête, ce sont les autres banquiers qui veulent se débarasser d'elle et ils n'hésitent pas à passer par le pouvoir politique. Elle est néanmoins aidée par un avocat ambitieux (Jean-Claude Brialy) et un jeune homme aux dents longues (Daniel Mesguich).
L'histoire de France regorge de sujets divers et variés qui peuvent tous servir à faire un film. Parler de l'histoire économique et politique sans perdre le spectateur n'est pas chose facile. Ici, Francis Girod arrive grâce à une réalisation particulièrement inventive basé sur l'utilisation du noir et blanc, de "flash" infos d'époque ou encore de caméras subjectives bien choisies à nous accrocher de manière intelligente.
De plus, il faut bien rendre aux acteurs une bonne partie du mérite avec la magnifique Romy Schneider dans un rôle troublant et inquiétant, il ne faut pas oublier non plus Jean-Claude Brialy en avocat-ami- peut-être amant et même Daniel Mesguich, peu convaincant dans un rôle de jeune premier (car pas très beau) mais plutôt efficace dans des sentiments complexes. A noter quelques seconds rôles intéressants comme Daniel Auteuil en salaud financier, Jean Carmet en journaliste verreux et Thierry Lhermitte en fana.

Si quelqu'un trouve une légende rigolote...
Il n'empêche que malgré la qualité de la mise en scène, on a tendance à s'endormir un peu tellement le rythme est lent. Le film est austère et froid, ce qui est certes intéressant dans la mesure où cela relate bien l'époque mais l'aspect étouffant d'un scénario alambiqué peut gâcher un peu le plaisir. il n'empêche que Romy Schneider porte à bout de bras ce film dont elle vampirise entièrement l'histoire.
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11 février 2008
La Môme - Film d'Olivier Dahan
Film d'Olivier Dahan (2007)
Avec
Marion Cotillard
Jean Pierre Martins
Sylvie Testud
2h20 - Distribution: TFM
Oui, oui, je sais, ça fait très longtemps que je n'avais rien mis en ligne. Mais ce n'est pas une promesse en l'air, je vais vous proposer plus de films. J'ai trop envie d'aller au ciné, surtout après des émotions pareilles. Nous y sommes allés avec Clemence qui, elle, y était déjà allé, c'est vous dire la qualité du film...
Résumer un biopic, c'est complètement ridicule. Ici, Olivier Dahan raconte tout simplement la vie de Piaf mais de manière assez originale.
En effet, on démarre à la fin pour repartir au début puis on retourne à la fin pour repartir au milieu sans oublier le début encore une fois. J'ai sincèrement du mal avec ce genre de procédés. J'ai tendance à m'y perdre, voire à m'y ennuyer ferme, ne cherchant plus à suivre tellement c'est fatiguant de courir derrière le réalisateur. Néanmoins, il y a des exceptions, la Môme en fait partie. On se laisse emporter... non pas par la foule mais par les formidables méandres de cette formidable artiste à la vie romanesque.
Le film vaut bien sûr par l'extraordinaire interprétation de Marion Cotillard, dont on oublie totalement l'identité originelle pour n'y voir que Piaf, rien que Piaf. elle habite le personne comme on l'a rarement fait au cinéma. Eblouissante Cotillard qui n'en fait jamais trop, qui rend hommage à cette chanteuse dont la carrière fut si importante pour l'histoire de la chanson française. Les seconds rôles sont également à la hauteur dont Sylvie Testud, très juste dans le rôle de Simone (bien que l'originale, encore vivante, conteste sérieusement le film) , Catherine Allegret qu'on a du mal à oublier dans le rôle de Ginou, j'ai en effet longtemps attendu qu'elle serve une blanquette... Blague mise à part, elle n'en fait jamais trop elle non plus tout comme Jean-Paul Rouve, très impressionnant dans le rôle du père d'Edith. La mention spéciale va à Depardieu dans un rôle à sa mesure.
Je suis conquis par ce film qui, en plus, est plutôt juste en ce qui concerne la vie de Piaf. La chanson française, c'est mon rayon et c'est vrai que j'avais peur de l'invention. Ici, il n'y a rien à dire... Tout comme pour l'ensemble du film qu'il faut ABSOLUMENT aller voir très rapidement.
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30 janvier 2008
Ed Wood - Film de Tim Burton
Ed Wood
Film de Tim Burton (1995)
Avec
Johnny Depp
Martin Landau
Patricia Arquette
Durée: 2h05 - Distribution: Touchstone
Ed Wood est le sujet de ce film, il a également été sacré "réalisateur le plus mauvais de tout les temps". Ca a forcément donné envie à Tim Burton d'aller faire un tour dans sa carrière et dans sa filmographie, et il est vrai qu'il y a de quoi faire. Ed Wood est un réalisateur, donc, de série Z, spécialisé dans le film horrifique ou fantastique. Il est fan d'un acteur originaire d'Europe de l'Est qui a interpreté Dacrula et qui déteste être confondu avec Boris Karloff, Bela Lugosi. Ce sont les mêmes acteurs qui le suivent et la même troupe de techniciens qui font, au fil des films, des caméos histoire de rentabiliser. Si on y ajoute les quelques personnalités qui rejoignent la troupe, à savoir un katcheur, une animatrice-vampire ou encore un voyant qui ne voit rien, et des titres de films qui font rêver (Bride of the monster ou Plan 9), on a une vision assez complète de son petit monde.
Etant fan de ciné (ça se voit pas, non?), je bavai devant ce film qui promettait de nous montrer l'envers du décor. Je n'ai pas été déçu. Tout d'abord, je n'ai pas été déçu par les acteurs, tous très justes avec un Johnny Depp incroyable (mais Johnny est perpétuellement incroyable), un Martin Landau touchant mais aussi un Bill Murray irrésistible en acteur transsexuel. Ensuite, je n'ai pas été déçu par le traitement du sujet puisque Burton prend du recul sur ce personnage si particulier qui se croyait un génie et qui a souvent mordu la poussière et rater ses sorties à force de vivre dans son monde et dans ses excentricités... dont la plus voyante est de se travestir... Johnny Depp en porte-jartelles, ça vaut le détour.
Je n'ai également pas été déçu par les seconds rôles sympas que l'on voit passer. On voit passer Max Casella (Vinnie dans docteur Dooggie) en homme à tout faire et le surprenant Vincent d'Onofrio (Les Experts) en Orson Welles.
Enfin, je n'ai pas été déçu car la réalisation est inventive et élégante, la lumière est splendide et le scénario ne manque pas de surprises. Je n'aurai qu'un reproche (plutôt gros) à faire au film: arrivé à la moitié, Burton commence à ronronner et à perdre son inventivité. Cela dure tout de même 25 bonnes minutes et c'est dommage car cela lui fait perdre son rythme, cela reste tout à fait passionnant.
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29 janvier 2008
La guerre selon Charlie Wilson - Film de Mike Nichols
La guerre selon Charlie Wilson
Film de Mike Nichols (2008)
Avec
Tom Hanks
Philippe Seymour Hoffman
Julia Roberts
Durée: 1h45 - Distribution: Paramount
Le député de la 2nde circonscription du Texas (Tom Hanks) est un profiteur. Il passe son temps à faire trempette avec des putes dans un jackuzi, s'entoure de secrétaires compétentes mais tout de même un peu pouffiasses dans son bureau du Congrès et apporte son accord à n'importe quelle cause pourvu que ça puisse l'aider à garder son poste... Jusqu'à ce que que Joanne (Julia Roberts), richissime et excentrique vamp à lévriers, lui demande de s'intéresser au cas afghan car nous sommes dans les années 80 et la guerre froide se termine par une attaque en règle par les soviets. Il suffira à Charlie Wilson de voir ce que fait la guerre (oui, on sait, c'est pas bien...) pour qu'il prenne conscience et, dans le même mouvement, les choses en main.
Il est secondé par un agent secret froid et désagréable (le merveilleux Philippe Seymour Hoffman) qui connaît, lui, son dossier et va lui permettre de mener à bien sa mission.
C'est une comédie mais c'est également un film pas mal engagé que Mike Nichols nous propose. Charlie Wilson a existé et s'est intéressé à ce sac de noeud qu'est la guerre en Afghanistan dans les années 80. En gros, la guerre froide se termine et comme les soviets s'attaquent aux afghans, les USA vont les aider afin de combattre leur vieil ennemi. Cela peut paraître austère mais cela est traité avec beaucoup d'élégance, d'intelligence et de malice. Le jeu d'acteur est convaincant, la mention spécial revenant à l'extraordinaire Philippe Seymour Hoffman qui m'avait déjà emballé dans Capote mais également à Tom Hanks (qui ressemble terriblement à un pote à moi - Fabrice, si tu es dans les parages) terriblement juste dans ce rôle haussillant entre le rire et les larmes.
Pour un bon film, il faut un bon sujet et il faut qu'il soit bien traité. Ici, on est pas déçu car les moments irrésistibles sont là, telles la scène de quasi-vaudeville et le jeu de portes dans le bureau de Charlie ainsi que la scène de la strip-teaseuse au Pakistan, mais les moments de véritable émotion sont présents aussi avec un talent de pédagogue rarement atteint en matière de conflit au Moyen-Orient.
Alors, bien sûr, c'est orienté mais c'est fait avec tellement de tact que l'ensemble est bien plus convaincant que le très maladroit Lions et agneaux par exemple. De plus, la justesse du scénario et le souci du détail en fait une vraie réussite.
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05 novembre 2007
Walk the line - Film de James Mangold
Walk the line
Film de James Mangold (2006)
Avec
Joachim Phoenix
Reese Whitherspoon
Shelby Linne
Durée: 2h17 - Distribution: 20th Century Fox
Johnny Cash est l’une des légendes de la country avec entre autres Dolly Parton et ses cheveux. Ici, le réalisateur s’intéresse à ses amours tumultueuses qu’il met en lien avec son enfance. Johnny vit jeune un drame au sein d’une famille modeste et croyante. Il perd son frère dans un accident du travail (celui-ci se tue avec une scie). Il se sent d’autant plus coupable que son père, très alcoolique, ne fait rien pour nier cet état de fait. Johnny vit alors avec la culpabilité et dans l’ombre de ce frère disparu. Sa carrière démarre avec un 45 tours sorti un peu par hasard. Le succès lui tourne la tête et il se retrouve au milieu de sa femme, sa maîtresse et une cargaison de groupies.
Je ne m’attendais pas à ce type de film. J’avais cru comprendre que le film portait sur l’intégralité de la vie de Johnny Cash. Qu’à cela ne tienne, l’histoire est rondement menée sans pour autant tomber dans le pathos. Il y aurait de quoi car la vie de Cash n’a pas toujours été d’une folle gaieté. La mise en scène est rythmée, l’image soignée, la psychologie des personnages particulièrement bien mise en valeur.
De plus, les acteurs sont formidables avec bien sûr en tête Joachim Phoenix, totalement habité par le personnage de Johnny Cash et qui n’en fait jamais des tonnes dans sa période de délabrement physique. Des scènes d’anthologie sont au programme avec, par exemple, la scène du concert en prison qui me paraît être l’une des plus touchantes.
C’est un chef d’œuvre ? Non, malheureusement. Quelques défauts sont à noter. Le film se perd un peu au début de la carrière de Johnny Cash pour heureusement se reprendre ensuite. En effet, à ce moment, on ne comprend pas tout ce qui se passe… ou alors j’étais distrait. On peut aussi objecter un petit problème en fin de film qui se termine un peu rapidement selon moi, avec des effets faciles (images ralenties en playback). On se serait cru dans un téléfilm. C’est dommage car cela m’a sorti de cet univers pourtant si prenant. Néanmoins, c’est un plaisir.
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