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Fiche technique:

Et soudain, tout le monde me manque...
Film de Jennifer Devoldere

Avec
Mélanie Laurent
Michel Blanc
Guillaume Gouix

Durée: 1h38
Distribution: UGC

 

Justine (Mélanie Laurent) est tout à fait instable en amour. Pas moyen de garder un amoureux longtemps, tant elle les gonfle avec son père qui la hante... Et pourtant, elle semble le détester. Son père, c'est Eli (Michel Blanc), qui va devenir papa pour la troisième fois et qui a bien du mal à accepter l'idée.
C'est d'autant plus difficile qu'il est cash Eli: il n'hésite pas à maltraiter Suzanne (Claude Perron), sa compagne enceinte. Au delà de cette histoire ultra-classique du cinéma (relations père / fille - mère / fils - père / fils - mère / fille - on a fait le tour, je crois), un grain de folie se glisse dans tout ceci. Le père est fantasque et la fille l'est aussi mais ne l'assume pas, comme elle n'assume pas son père. Inutile de vous dire que la réalisatrice va transformer l'essai.

Surprise donc... On s'attend à un film ultra lisse, facile et sans intérêt. Néanmoins, rapidement, la subtilité apparaît, tout d'abord dans la réalisation et dans les mouvements de caméra qui semble raconter la même histoire avec quelques minutes d'avance. On ne s'attend à rien mais on aurait pu y penser, se dit-on à rebours. Tout est filmé avec pudeur et tendresse, ce qui donne des scènes tour à tour drôles, pathétiques, dérangeantes et originales.

Les acteurs principaux sont géniaux mais fallait-il s'attendre à autre chose avec Mélanie Laurent, perpétuellement éblouissante depuis ma première fois avec elle dans Je vais bien, ne t'en fais pas, Michel Blanc reprend un peu le même rôle que dans Une petite zone de turbulences avec cependant un côté bien plus abouti et Guillaume Gouix, Raaaah Guillaume Gouix (découvert dans tous les sens du terme dans Poupoupidou) dans un rôle de vendeur de chaussures pudique, tout dans la nuance et qui semble être le jouet du père et de la fille. Même la plupart des rôles secondaires, dont Géraldine Nacache et Manu Payet, épatants, valent la peine et ne sont pas sacrifiés par l'intrigue. Pour les fans, on voit même passer Kev Adams dans une figuration muette.

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Un petit café?

Je me refuse à raconter la fin car il n'y a pas pire... Je ne vous raconterai donc pas la deuxième partie, très différente de la première, car c'est une pure merveille... Ah, c'est dur de ne pas vous la raconter, je vous avouerai juste que Mélanie Laurent est une actrice exceptionnelle, mais personne n'en doute plus depuis fort longtemps, que le film est choral en crescendo et que les quelques défauts du film (concours de bons mots, personnages très secondaires, comme les collègues de bureau de Michel Blanc, pas tout à fait utiles) disparaissent entièrement au profit d'un final qui secoue.

Du début à la fin, du Starbucks (celui de Paris Saint-Michel il me semble) à Wild World de Cat Stevens, c'est un bonheur intégral et un pur moment d'émotion.

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