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Film de Mitchell Lichtenstein (2008)

Avec
Jess Weixler
Hale Appleman
Josh Pais

Durée: 1h38 - Distribution: TFM

 

Dawn est ce que l'on appelle une coincée. Elle anime un groupuscule traditionnaliste où le mot d'ordre est de garder sa virginité jusqu'au mariage. Ce sont des prépubères qui assistent à ses réunions mais cela ne les empèchent pas d'être très au fait de la bible. Dawn respecte ces préceptes mais cela ne l'empêche pas d'y penser de manière de plus en plus insistante. Elle pense à mettre le couvert et se laisse entraîner par un jeune moche (cette fille a d'ailleurs une fascination pour les moches, ce qui me laisse pantois) et à l'occasion de cette première expérience, elle découvre que... comment dire... que son vagin a des dents.

Passé la surprise de cette particularité gynécologique amusante, je me suis tout de suite posé quelques questions, car je suis un garçon pratique: Puisque ce sont des dents, grincent-elles aussi la nuit comme celles du haut? Peut-elle manger par là? Doit-elle utiliser une deuxième brosse à dents? Existe t-il des dentistes spécialisés? Et comment fait-on pour les plombages? Quand Dawn est contente, peut-elle sourire aussi là? Est-que cela pourrait faire office de taille-crayon? Est-ce que cela peut servir de sécurité sur un vélo? (imaginez comment ça pourrait fonctionner). Toutes ces questions sans réponses n'ont cessé de me hanter durant ce film très inégal où la thématique sexuelle est omniprésente.

Le réalisateur donne l'impression d'avoir voulu dénoncer, montrer du doigt, pointer une Amérique sempiternellement coincée du cul et qui, sous des couverts tout à fait respectables, ne se gêne pas pour se jeter dans les pires dépravations. Certes, ce serait intéréssant mais pourquoi ne pas se limiter à un seul registre. On finit par se perdre entre les scènes tristes, les scènes purement explicatives qui relèvent de la chronique et des scènes comiquo-horrifiques plutôt réussies et entièrement vouées à la preuve s'il en est que les garçons (tous âges confondus) sont des porcs. C'est d'ailleurs la première fois que j'aurai aimé être face au public car je n'étais pas le seul spécimen mâle et je pense que dans les scènes qu'on peut sobrement intitulées "moi je tranche dans le vif", certains ont souffert car, dans ces cas-là, il y a une solidarité masculine. En effet, des zgegs sont arrachés, découpés et même pire (je vais peut-être pas tout vous raconter), ça saigne mais pas assez pour obtenir le label "Film d'horreur". Non, vraiment, je suis bien embêté pour donner un genre à cette oeuvre.

C'est donc un OVNI qui nous est présenté. Ce n'est pas déplaisant et c'est même rigolo de voir les thèmes de l'adolescence et de la découverte du sexe malmenées par ces personnages qui n'ont rien de sympathiques et sont surtout inégaux dans leurs traitements. Les personnages des parents sont par exemple bien peu présents, ce qui ne peut pas nous permettre de comprendre - même à la fin - le passé de cette famille d'allumés. Restent les compositions de Jess Weixler dans ce rôle de sainte nitouche transformée en vengeresse sexuelle et de John Hensley (qui vient de Nip/Tuck) en frangin malsain.

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Les dents de la moule

Cela m'a donné l'impression d'un croisement malsain entre XXY et Boulevard de la mort tellement les genres se télescopent. En sortant de la projection, on peut se dire que c'est une réussite mais en réfléchissant un peu, on peut surtout se demander à quoi ça servait véritablement car le côté horrifique n'est pas assez exploité et la satyre morale non plus. on reste sur notre faim devant ce Kill Bill génital qui pourtant promettait bien plus et dont l'idée est géniale.

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