prom_night_afficheProm night, le bal de l'horreur
Film de Nelson McCormick (2008)

Avec
Brittany Snow
Johnathon Schaeck
Jessica Stroup

Durée: 1h28 - Distribution: Sony Pictures

 

C'est la fin de l'année et aux Etats-Unis, cela se termine par un mémorable bal. Donna (Britanny Snow) se prépare fébrilement à cette sauterie car elle sait que c'est un passage obligé dans la vie d'une adolescente... Et en plus, ça lui changera les idées car sa famille s'est faite trucidée par un professeur remplaçant (Jonathon Schaeck) qui était tombé amoureux d'elle. Alors elle fait des cauchemars - ce qui permet au réalisateur un flash-back facile - mais elle est courageuse notre Donna, alors elle arrête de prendre ses cachetons, enfile sa robe, prend son sac à main, n'oublie pas les capotes et saute dans la Limousine parce qu'elle a du pognon à plus savoir qu'en foutre. En effet, là où le lycéen moyen arrive en scooter, elle et ses copains se la pètent gravent et veulent en mettre plein la vue à leurs petits camarades et aux gens qui attendent derrière des barrières (?) devant le grand hôtel où a lieu la fête. Vous avez deviné, le tueur s'est échappé de sa prison, il va alors nous montrer tout son talent pour zigouiller des adolescents puants et la police va nous montrer, quant à elle, une incompétence rarement égalée.

La première question à se poser devant un tel truc, c'est "Pourquoi?". Pourquoi déjà appeler ça un film d'horreur dans la mesure où il est question certes d'éxécutions à la hussarde mais il n'y a pas de quoi s'en relever la nuit dans la mesure où on ne voit absolument rien: les morts ont la délicatesse de ne pas trop saigner, crient peu et ont presque l'air soulagé de se faire dessouder; il est vrai que c'est une sorte de délivrance que de quitter cette distribution.
D'ailleurs, pourquoi une telle distribution? Il n'y en a pas un pour rattraper l'autre. il est vrai qu'ils ne sont pas désservis par les dialogues. les répliques vont certainement devenir cultes mais pas dans le bon sens, comme cette pauvre fille dans l'embarras avec son mec et qui déclare à sa copine l'héroine: "Et en plus, j'ai mes règles". C'est la classe.

Pourquoi s'ennuyer avec un scénario? Ce film est comme une route où on aurait tracé une ligne blanche en plein milieu. Il n'y a plus qu'à suivre. Tout ceci est dénué de suspense, a déjà été vu une centaine de fois et n'est vraiment pas soutenu par une intrigue molle et insipide qui décline les pseudos problèmes d'adolescents geignards et inintéressants. Le meurtrier est le seul personnage digne d'intérêt même si le profil a déjà été croisé sous les traits de Michael dans Halloween, le masque ayant été remplacé faute de moyens - ben oui, il fallait bien payer l'hôtel où se passe l'intrigue - par une casquette.

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Bientôt morts

Pourquoi enfin si peu de rythme? Il est vrai que les vingt dernières minutes sont totalement inutiles, que le réalisateur tente de nous faire sursauter en utilisant des stratagèmes usés à base de jeux de miroirs, de filles qui crient très fort, de criminels qui rodent mais rien ne fonctionne et l'on préfère rire (comme la quasi-totalité de la salle où nous étions) des incohérences de cette production minable.

Il est clair que le scénariste n'a pas fait d'études d'archi sinon comment expliquer la présence puis l'absence d'une cage d'ascenseur devant Lisa, promue reine du bal et future victime à forte poitrine, comment expliquer que cette même Lisa, coincée par le tueur au troisième étage, dévale - car cette conne s'est cassé un talon - un étage pour se retrouver dans le buanderie, qui se trouve donc au deuxième étage de l'hôtel, comment enfin expliquer des portes splendides au beau milieu de la-dite penderie? On pourrait parler des incohérences temporelles puisque le tueur met cinq minutes à rallier la maison de Donna alors que le flic en met le triple, et des incohérences vestimentaires car Donna change de fringues alors qu'elle dort.

Tout ceci est drôle, la salle termina dans une hilarité non contrôlée, certains riant nerveusement en pensant au prix que coûtait la place, d'autres de soulagement car c'était enfin terminé, certains car enfin... qu'est ce qu'on a bien rigolé. Oui, je sais, ce n'était pas le but mais ça fait quelquefois du bien.

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