une_petite_zone_de_turbulences_afficheUne petite zone de turbulences (2010)
Film d'Alfred Lot

Avec
Michel Blanc
Miou-Miou
Mélanie Doutey

Durée: 1h48
Distribution: UGC

 

Jean-Pierre (Michel Blanc) est en difficulté. Il vient de prendre sa retraite mais vient également de perdre son meilleur ami. Tout ceci le fait débloquer passablement alors il bricole dans le jardin et se crée des maladies qu'il décide de soigner de manière particulièrement artisanale. La famille de Jean-Pierre ne sait plus trop quoi faire et a d'ailleurs autre chose à penser. En effet, Anne (Miou-Miou) laisse libre cours à ses pulsions en s'envoyant un collègue de son mari (Wladimir Yordanoff). Cathy, la fille de la famille (Mélanie Doutey), a maille à partir avec son mari (Philippe Lellouche) qu'elle juge terriblement durement. Mathieu (Cyril Descours) a un peu de mal à accepter véritablement son homosexualité et, comme sa soeur, rejette son mec de manière fréquente (Yannick Renier). Bref, c'est le bordel, et ça va le devenir encore plus quand Cathie va tout de même se décider (ou pas, ou peut-être) à se marier avec Philippe. Et là, Jean-Pierre craque.

La bande-annonce présageait du très bon, des dialogues ciselés et drôles, des situations réjouissantes et du fond, ce qui malheureusement est assez rare en ce moment dans les comédies françaises. Et là, c'est une petite déception. Certes, les comédiens sont convaincants avec en tête, bien entendu, Michel Blanc, qui s'est aussi attelé à la tâche de dialoguiste et de scénariste (on va en reparler). Il campe un jeune retraité au bout du rouleau, qui a besoin qu'on le regarde et qui va alors s'inventer une maladie, histoire qu'on s'occupe de lui. Miou-Miou est également convaincante dans ce rôle de femme au foyer plutôt paumée. Les enfants sont pas mal non plus mais là où ça commence à flancher, c'est quand on fait attantion aux dialogues.

Comprenez-moi bien. Dans la bande-annonce, on a un condensé des meilleures répliques avec l'envie tout à fait légitime de n'avoir que ça sur 1h45. Raté! Les dialogues, malgré de très bonnes répliques, sont explicatifs, peu naturels et quelquefois ne dépassent pas particulièrement le stade scénaristique du téléfilm de TF1. Je pars en croisade depuis quelques temps contre les films qui ne s'ancrent pas dans la réalité avec par exemple un étudiant (le fils gay ici) qui a un p... d'appartement alors qu'à Paris et jusqu'à preuve du contraire, même si on est fonctionnaire, on est contraint d'avoir un appartement nain avec un loyer de cinglés. Mais ceci est une autre histoire, revenons-en au film.

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Grosse fatigue... Le retour

 

Au delà de ça, le film se suit avec plaisir, je ne dis pas le contraire. L'ensemble se délite légèrement dans le dernier tiers, comme Pédale douce par exemple, où l'intrigue s'embrouille légèrement, où les personnages deviennent bien moins consistants. L'ensemble reste tout de même fort sympathique malgré ces quelques défauts malheureusement si fréquents dans les comédies. Une petite zone de turbulences est dans la droite lignée de Grosse fatigue, même sujet, même forme, et c'est ça qu'on pourrait lui reprocher.

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