L_homme_du_pr_sident_afficheL'homme du président
Film de Michael Preece (2000)

Avec
Chuck Norris
Dylan Neal
Jennifer Tung

Durée: 1h30 - Distribution: LCJ

 

Hmmmmmmmmmmmmm, il est revenuuuuuuuuuu. Chuck redescend parmi nous pour nous rendre heureux. Quelle merveille! Aujourd'hui, Chuck Norris, alias le professeur Chase, est un professeur de fac réputé (ne riez pas) spécialiste de l'Asie mais il est également l'Homme avec un grand H que l'on appelle quand ça va chier dans le ventilo. Le président des USA a une confiance totale en lui et il lui donne les missions les plus difficiles car c'est un héros, un crack, bref, le professeur Chase, c'est pas une tapette.
Notre Chuckounet sauvage va alors chercher progressivement à former un nouvel élève à l'aide de sa fille (Jennifer Tung) et l'élève en question sera Dick (Dylan Neal), forte tête de l'armée, connu autant pour son courage que pour son insoumission. Il va le former sur le terrain en recherchant un gros méchant - et dans la grande série des méchants ethniques, nous accueillons aujourd'hui l'asiatique - qui veut faire de vilains attentats.

Chuck est donc professeur de fac, c'est même pas une blague, ce qui nous permet d'avoir une scène d'ouverture d'anthologie où le professeur Norris montre comment on se sert d'un sabre sur une pomme devant un parterre d'étudiants crétins... puisqu'ils ont choisi le cours de Chuck. Et pourquoi s'arrêter en si bon chemin, il ne s'arrête pas en si bon chemin puisque comme à son habitude, il participe à un grand film au scénario quasi inexistant ne subsistant que pour laisser le plus de place possible à notre poilu argenté. Alors, quand l'intrigue semble finie au bout de cinq minutes puisque Chuck a sauvé la femme du président en la jetant par la fenêtre (si, si), on se dit que là, il a fait fort. Eh ben, pas du tout, il fait mieux.

Outre un non-dialogue entre Chuck et sa fille lorsque celle-ci fait son apparition pour la première fois dans le film - celui ne se limitant qu'à un vague "Quand?" - car Chuck est aussi télépathe - l'Homme mystérieux du Texas parvient à replacer les poncifs qui l'ont rendu célèbre: la rédemption par le sport est donc toujours présente (ici, la boxe et le parcours du combattant) mais on retrouve également planqué dans un coin le drapeau américain, des références nombreuses à l'église (Chuck s'appelle Josua dans le film et Dick a été abandonné devant une église à l'âge de trois ans) et une méfiance pour tout ce qui n'est pas blanc avec une barbe rouge qui tourne au racisme car ici c'est un chinois le méchant.

Alors, bien sûr, comme dans toutes les superproductions du Popples de Dallas, on a notre lot de plans faciles mais il faut dire qu'aujourd'hui, Michael Preece s'est surpassé en abusant sauvagement du ralenti, il en met partout, pour tout et pour n'importe quoi. Par exemple, on peut voir la femme du président qui crie au ralenti ce qui est tout de même bizarre, il faut en convenir. Les personnages restent dans un modèle totalement dualiste: les méchants sont des pourris qui torturent avec des balles de golf (il fallait y penser) et les gentils sont des très gentils.

On ne peut cependant pas jeter le film car, comme dans toute oeuvre du Rambo du pauvre, l'ensemble se suit souvent avec plaisir et détend à outrance, tant et si bien qu'on a un peu honte quelquefois. Il n'empêche que Chuck nous montre peu sa force physique ici. A part la rituelle baston finale, nous n'avons le droit qu'à un petit crochet et un dénuquage, ce qui est tout de même un peu décevant. Il se rattrape en ne négligeant toutefois pas son côté comique involontaire en faisant des tractions sur des espaliers aidé par quelqu'un (c'est très visible, il ne bande même pas les muscles pour grimper) et en utilisant toujours aussi peu d'expressions même si en vieillissant son visage commence à se mouvoir. Bon, c'est pas encore Vincent Lindon mais c'est déjà ça.

Chuck_pics
Chuck is watching you

Je ne peux finir sans préciser que le film est sur le papier un truc patriotique comme Chuck en pond tous les jours en buvant son café sur un pied (l'autre servant certainement à cogner des russes ou des japonais) mais ici c'est une critique, certes très maladroite, de l'état américain qui n'est pas capable de s'en sortir. Les services secrets y sont incompétents, les GI violents et sans coeur. Alors Chuck voudrait-il tirer la couverture à lui ou sombrerait-il dans l'engagement politique béat? Il est probable que ce soit la deuxième solution qui soit la plus envisageable si l'on s'en réfère à son soutien républicain à John Mac Cain, candidat malheureux (youpi) face à Barack Obama (Yes, We can), et surtout à la présence dans le film d'un successeur de George Bush senior nommé... Matthews. Encore une référence biblique qui cette fois permet à Chuck de virer le démocrate Clinton de la maison blanche. Même les oeuvres les plus insignifiantes cachent des trésors de réflexion.

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