un_homme_et_son_chien_afficheUn homme et son chien
Film de Francis Huster (2009)

Avec
Jean-Paul Belmondo
Julika Jenkins
Hafsia Herzi

Durée: 1h34 - Distribution: Ocean Films

 

Nous sommes à Paris et Charles (Jean-Paul Belmondo) a bien vécu. Il est aujourd'hui hébergé par une ancienne maîtresse (Julika Jenkins) qui est sur le point de se remarier et par voie de conséquence, de virer Charles de ses appartements avec son chien sous le bras. Charles va alors se promener dans la vie pour un dernier tour de piste où il va se rendre compte de l'ignominie de certains et de la sympathie de quelques autres. Son parcours est suivi par un chien formidable qui rappelle beaucoup celui qui apparaissait dans une série qui passait sur TF1 dans les années 80 et qui s'appelait le vagabond... enfin bon. Cette quête lui permet d'écrire une conclusion à cette vie bien remplie mais qui se termine un peu en quenouille.

Je préfère tout de suite vous préciser qu'il ne faut pas aller voir ce film si vous êtes dans une phase de déprime dû au temps ou à autre chose car il faut bien le dire, ce que propose Francis Huster est un film crépusculaire, déprimant et fort à la fois. La pellicule est exclusivement réservée ici à Bebel qui fait son grand retour au cinéma ici après 6 ans d'absence et un gros pépin de santé si visible à l'écran. Et bien sûr, c'est cela qu'on pourrait reprocher mais je n'ai pas particulièrement envie de rentrer dans ce débat qui a déjà été pas mal visité à la sortie du film. J'ai mon point de vue et il est partagé. C'est plutôt la démarche de Francis Huster qui me hérisse un peu. Il met en avant Belmondo car il sait que sa présence va déployer un maximum de sentiments: la tristesse mais aussi la joie de le retrouver. Vous me direz, c'est un peu le but du cinéma: apporter des émotions. Certes mais ici, l'émotion cache un manque cruel du côté des dialogues.

En effet, c'est un peu la déroute de ce côté avec une volonté farouche de défendre une thèse simpliste qui veut que le monde d'aujourd'hui est individualiste et méchant, que les gens ne savent plus dire "merci". Alors forcément, tous les personnages disent "merci" et solliloquent violemment à perte de film pour dire ce qu'ils ressentent sur eux, sur les autres, sur le monde. Ca aurait pu être intéressant mais c'est si stabiloté que ça en devient usant quelquefois, et c'est bien ça le plus gros problème de ce film.

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Un homme, son chien et son
employée de maison

Les autres acteurs - nombreux - sont effacés par cette présence incroyable que nous offre ce Belmondo amoindri. Laissons les mauvais acteurs de côté - Hafsia Herzi en tête qui joue terriblement mal mais qui n'est pas aidée il est vrai - pour parler des autres qui  disparaissent aussi vite qu'il passent. On retrouve ainsi  Robert Hossein et Jean-Marc Thibault dans un bus pour SDF, Michèle Bernier (pas maquillée), José Garcia et Patrick Bosso dans un bus classique, Sarah Biasini dans une SPA, Daniel Prevost et Françoise Fabian en sauveteurs d'animaux, Antoine Duléry dans un rôle express de nouveau mari, Jean-Luc Lemoine (si, si) qui vient pour une seule réplique dans un rôle de péteux derrière un piano mais aussi Pierre Mondy en vieux lâche ou Christiana Réali sur un banc. Deux moments sont émouvants en ce qui concerne ces acteurs qui ne font que passer, le premier est l'apparition de Charles Gérard qui fut l'un des compagnons fréquents de Bebel au cinéma et qui ici campe un SDF filou qui explique à Jean-Paul comment on fait pour survivre. Le deuxième grand moment est la rencontre entre Bébel et Jean Dujardin, son successeur, qui là aussi est inexistant car à partir du moment où tous ces gens parlent, ça devient compliqué.

Le seul qui ne parle pas de ça, c'est le chien qui est absolument génial. il faut dire que j'adore les chiens alors je ne suis pas objectif. De plus, le chien à l'écran, c'est le mien. Je veux dire par là que ce chien est la copie d'un des miens en bien plus sage d'ailleurs. J'en ai la preuve avec cette photo de mon toutou qui squatte le panier de mon autre chien:

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Oui, il est beau hein mon toutou? Alors quand Belmondo apparaît dans cette scène où il retrouve son chien dans une SPA car celui-ci s'était sauvé et que l'acteur le plus doué de sa génération feint le bonheur de le retrouver, j'ai chialé... mais qu'est ce que j'ai chialé. C'est fou non? C'était d'une beauté incroyable et c'était surtout simple. En règle générale, le film de Francis Huster a pas mal de défauts mais ce qui le sauve, c'est cette association entre Belmondo et son chien, c'est d'une tristesse absolue et ça marque mais encore une fois, c'est comme les chansons de Goldman, ça fait appel aux bons sentiments et quelque part, on s'en veux de s'être fait avoir.

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