batman_afficheBatman le film (1966)
Film de Leslie H. Martinson

Avec
Adam West
Burt Ward
Lee Meriwether

Durée: 1h41
Distribution: 20th Century Fox

 

 

Nos deux compères sont repartis pour de nouvelles aventures. Et ils ne sont pas gâtés puisque les quatre ennemis (paf!) jurés de Batman (Adam West) et Robin (Burt Ward) se sont alliés pour leur en faire chier des pendules: Le Joker (Cesar Romero), Le pingouin (Burgess Meredith), L'homme-mystère (Frank Gorshin) et celle que l'on appelle ici bizarrement la femme-chat, bref Catwoman (Lee Meriwether) mettent en commun leur imagination pour prendre le contrôle... devinez quoi? ... Le monde évidemment (Bonk !). L'histoire se base sur le vol nébuleux d'une tête chercheuse à bord d'un bateau et le rapt d'un personnage pas particulièrement identifié au sujet duquel on peut se demander à quoi il sert exactement. Le film se résume à une course-poursuite particulièrement kitch (Lorraine... c'est le nom de ma nouvelle émission à la radio, j'en profite) et à des résolutions d'enigmes terriblement tordues.

Bien que le scénario soit très simpliste, l'ensemble est plutôt agréable à regarder tant tout ceci à mal vieilli. En effet, les couleurs saturées et le jeu d'acteur, saturé tout pareil. Regardez par exemple cette scène extraordinaire où Batman tente de se débarasser d'une bombe, on est vraiment dans le burlesque puisque l'apparition de personnages représentant la pureté et présents d'ailleurs à plusieurs endroits à la fois (de la bonne soeur aux petits cannetons) rend l'ensemble plutôt drôle.

Les dialogues sont à souligner, tant on a l'impression qu'ils ont été piqués chez Tintin (en français en tout cas). Les expressions de Batman et Robin sont "Les Forbans" ou autres "Espèce de... criminel" (insulte suprême) mais le meilleur reste les résolutions d'énigmes particulièrement alambiquées puisque des énigmes, il y en a, sur papier ou dans le ciel. Des histoires de bananes, de poussins jaunes à mitraillette ou d'ânes. Bref, tout ceci vire dans le grand n'importe quoi mais le principal, c'est que c'est voulu et que ça ne se prend pas au sérieux.

Pourquoi l'intégrer dans la catégorie "Nanard" me direz-vous? Parce que si on y regarde bien, c'est tout de même pas mal raté, la faute aux problèmes de raccords et de logique de scénario. il est évident que Batman se pose sur une incongruité extrème à savoir que la quasi-totalité des personnages déguisés peuvent être reconnus facilement mais ici on les enquille: Le meilleur restant certainement la bombe de BD cité plus haut mais aussi le requin piégé en polystirène qui remue la queue grâce à un technicien placé hors-champ. On peut citer également les plans sur fond bleus, les images d'archives intégrées ailleurs et souvent replacées plusieurs fois dans le film (c'est le cas du missile), Batman et Robin qui changent de place plusieurs fois dans le batcanot (batboat?), Catwoman qui, quelques secondes avant était encore Mlle Kitka, et qui passe discrètement au fond du décor pendant la bagarre. Et que dire des bagarres, chorégraphiées tellement bizarrement que l'ensemble est ridicule.

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Ils sont Bats tes collants !

Ce Batman, bien avant Tim Burton, jette les bases du personnage au cinéma tout en restant fixé dans le comics et a du inspirer pas mal de séries télé. Malgré le côté moralisateur bien appuyé qui met encore plus en avant le sens comique ("il ne faut pas boire", gros plans sur les deux héros qui mettent leur ceinture de sécurité, la pudeur de Robin quand Bruce Wayne va s'envoyer Mlle Kitka), c'est unnfilm désuet et drôle à regarder. Quelques longueurs cependant handicape légèrement l'ensemble. Une curiosité à découvrir.

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