BernadetteBernadette
Film de Jean Delannoy (1987)

Avec
Sydney Penny
Jean-Marc Bory
Bernard Dheran

Durée: 2h

 

Il est certainement inutile de raconter l'histoire de Bernadette Soubirous (prononcez Soubirousssss) qui, à l'adolescence, a vu apparaître la Vierge dans une grotte à Lourdes... Mais bon, qu'est ce que je fais moi sinon... Donc je vous raconte... Bernadette est une petite bergère asthmatique qui crapahute avec ses nombreux frères et soeurs et ses parents de maisons en maisons pour cause de pauvreté. Après cette apparition surprenante, c'et le moins que l'on puisse dire, les pelerins vont se présenter de manière soutenue à la porte de la famille Soubirous, ils vont même l'accompagner jusqu'à la grotte. Les autorités vont s'émouvoir assez rapidement car tous ces évènements sont vite considérés comme des troubles sur la voie publique. Bernadette tient cependant bon devant la pression et, malgré la farandole de médecins qui essayent de prouver qu'elle est folle, elle va aller jusqu'à prendre le voile.

Il faut savoir que le film que je vous chronique aujourd'hui est diffusé trois fois par jour tous les jours à Lourdes où nous y fûmes durant l'été 2008 avec Isa. Dans une jolie salle au centre-ville, on peut donc apprécier le film de Jean Delannoy, décédé cette même année 2008, d'autant plus qu'il a la particularité d'être jouée par pas mal de quasi-inconnus, avec en tête la très brillante Sydney Penny dans le rôle de Bernadette Soubirous, ça lui a d'ailleurs vraiment collé à la peau a priori puisqu'à part dans la suite (Une sorte de Bernadette II le retour apparemment), elle n'a jamais vraiment rien fait d'autre au cinéma - excepté Pale rider mais c'était avant - elle avait en revanche fait quelques apparitions dans des séries TV comme Santa Barbara ou Beverly Hills et tenait un rôle récurrent dans Largo Winch. D'autres acteurs apparaissent avec un petit nom comme Bernard Dheran, mon préféré, dans le rôle d'un médecin très cartésien, mais aussi Jean-Marc Bory, excellent dans le rôle du curé Peyramale. il est intéressant de voir passer dans un tout petit rôle, celui de Napoléon III tout de même, Michel Duchaussoy.

L'histoire en elle-même a l'intelligence de ne pas tomber dans la religion pure et dure mais plutôt dans la réflexion en rapport surtout avec les problèmes politiques que ces apparitions ont provoqué. Delannoy arrive à proposer une vision réaliste et objective de ce qu'a été cet évènement. Ca ressemble à un téléfilm social de France 3 durant les premières minutes mais c'est véritablement plus subtil que ça. La réflexion s'invite dans ce film brillant et intéressant presque de bout en bout - les 10 dernières minutes sont quand même ennuyeuses - tant les paysages sont sublimes et tant ils sont utilisés à bon escient. De plus, Il y a un respect de la religion puisqu'il n'y a jamais de Vierge qui apparaît, c'est Bernadette et seulement Bernadette qu voit la Vierge, c'est une astuce qui permet de ne pas s'égarer dans un besoin de représentation, voire dans la science-fiction.

Bernadette
Une épilation sourcils?

Même si vous n'êtes pas pratiquant, et même si vous n'êtes pas croyant d'ailleurs, vous apprécierez la finesse et le travail scénaristique qui tend à prouver qu'on peut parler religion sans tomber dans la croyance béate et somme toute assez fatiguante. A l'heure où je relis et réécris cette chronique, je me souviens tu temps de chien que nous avions eu le jour là et surtout des gamins qui envahissaient la salle ce jour là et qui ne se sentaient pas vraiment concernés par ce qui se passait. A Lourdes comme ailleurs, les cinémas ne sont pas toujours des lieux agréables.

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