31 mars 2009
Coco - Film de Gad Elmaleh
Coco
Film de Gad Elmaleh (2009)
Avec
Gad Elmaleh
Pascal Arbillot
Manu Payet
Durée: 1h35 - Distribution: Studio Canal
Coco (Gad Elmaleh) est un charmant patron dynamique qui a fait la découverte du siècle, à savoir l'eau frétillante, une sorte de compromis entre l'eau plate et l'eau pétillante. Il a la folie des grandeurs, Coco. Sa richesse et sa réussite lui ont permis d'avoir tout ce qu'il veut jusqu'à l'indescence. Il va même aller jusqu'à vouloir que son fils (Nicolas Jouxtel) fasse sa barmitzva au... Stade de France. Et là, toute l'organisation est planifiée par Coco, sans qu'une seule fois la famille soit mise au courant de ce qui allait se passer et même sans demander à Samuel si ça l'intéressait. Le cousin de Coco (Manu Payet) adorerait organiser mais rien n'est fait... Où est le suspense au fait? Ben il faut voir le film.
Je n'y allait pas avec un bon a priori, je me disais que tout ceci allait être assez ridicule et plutôt inintéressant. Les premières minutes ne m'ont pas donné tort. C'est plutôt ennuyeux de voir l'installation que l'on connaît déjà et il est vrai que les déformations de mots à la Jamel Debbouze ne m'a jamais fait vraiment rire, tout au plus une petite contraction des zygomatiques. Et puis, heureuse surprise, le film est un peu plus profond que prévu. Même si les chemins utilisés dans cette comédie sont défrichés depuis longtemps, on se prend à rire franchement à certains moments mais malheureusement pas tout le temps.
C'est le lien familial qui est vraiment au milieu de l'histoire et qui est digne d'intérêt. Sans vous raconter la fin, je dois vous dire que j'ai versé ma petite larme car c'est excessivement touchant et on sent que Gad Elmaleh a soigné cette partie là du film car les scènes familiales sont rarement vides et plutôt dignes. Les acteurs souffrent de plus de la présence d'un Gad Elmaleh très présent, vampirisant l'ensemble de la distribution car ce sont des acteurs soit inconnus (Pascal Arbillot), soit débutants et pas très bons (Manu Payet), soit en pilotage automatique (Jean Benguigui). C'est bien dommage car la distribution aurait mérité un peu plus d'épaisseur. Alors bien sûr, le film traite d'un nombrilisme exacerbé qui oblige à cette stratégie mais c'est dommage.
Coco est fort sympathique mais tout ceci est bien inégal, pas toujours drôle. Néanmoins, la morale et le fond de l'histoire est bien jolie et reste agréable à regarder. Attention à ne pas être trop regardant, cela pourrait ennuyer.
Ecrit le 29/03/2009 à 17h34
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30 mars 2009
Le chihuahua de Beverly Hills - Film de Raja Gosnell
Le chihuahua de Beverly Hills
Film de Raja Gosnell
Avec les voix (VO/VF) de:
Drew Barrymore / Amélie Chahbi
Andy Garcia / Fabrice Eboué
Cheech Marin / Jamel Debbouze
Durée: 1h32 - Distribution: Walt Disney
Chloé est une chienne de luxe. Par ici, n'entendez pas quelconque performance sexuelle dans les lieux ouatés du tout-Paris. Non, Chloé est une demoiselle chihuahua qui se pavanne sur des coussins de soie pour le plus grand plaisir de sa maîtresse (Jamie Lee Curtis). Quand celle-ci doit partir pour affaires en Europe, elle laisse sa chienne adorée à Rachel (Piper Perabo), sa nièce, une blondasse évaporée qui s'en fout complètement de ce clébard idiot. Elle s'en fout également du splendide jardinier (Nick Zano) qui transpire dans le jardin d'à côté. Elle sera obligée de lui demander son aide quand Chloé se fait enlever par des gros méchants pas beaux et pas gentils qui font des combats de chiens et accessoirement du chantage (bien que le personnage joué par Jamie-Lee Curtis n'en est jamais entendu parlé). Aidée par une meute de chiens, Chloé va apprendre la vie.
Si vous cherchez de l'originalité dans ce film, passez votre chemin, ce n'est pas le but escompté ici. Le but est de faire parler des chiens et ils le font bien. Vive la palette graphique! On y croirait presque tant la synchronisation est propre. Le problème de la palette graphique, c'est l'abus qu'on pourrait en faire et c'est quelquefois un peu le cas ici puisque certaines scènes (les pumas et la horde de chiens dans le temple inca) ne sont pas véritablement crédibles.
Ce n'est pas non plus pour le jeu d'acteurs qu'on est là. En effet, les personnages humains du film sont des seconds couteaux du cinéma, pas de vraies performances d'acteurs mais une bonne ambiance générale qui nous fait presque oublier que Jamie Lee Curtis en fait des tonnes et semble être présente dans cette production que pour régler des problèmes fiscaux.
Ce qui en revanche vaut la peine, c'est la belle histoire de ce film, bien sûr présent pour les très jeunes, et qui fait mouche en présentant un scénario léger certes mais plutôt joli, attachant et mignon qui pourrait presque nous faire pousser une petite larme au coin de l'oeil. Les péripéties s'enchaînent sans trop d'inventivité mais on se laisse volontiers prendre au jeu et on se laisse entraîner dans cette histoire légère et faites par Disney et donc forcément pour rêver. Quelquefois c'est complètement raté (comme ici) et quelquefois non.
Ecrit le 29/03/2009 à 17h13
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25 mars 2009
La cage aux folles III (elles se marient) - Film de Georges Lautner
La cage aux folles III (elles se marient)
FIlm de Georges lautner (1985)
Avec
Michel Serrault
Ugo Tognazzi
Antolenna Interlenghi
Durée: 1h20
Voila une nouvelle bien surprenante puisque Albin alias Zaza Napoli (Michel Serrault) va hériter d'un lointain parent de la perfide albion. La seule obligation reste que notre Zaza doit devenir papa afin de toucher l'héritage. A première vue, ce n'est pas gagné et le jeu en vaut la chandelle puisque la cage aux folles connait des graves difficultés financières et Renato (Ugo Tognazzi) réfléchit à fermer. Pour décider Albin, celui-ci va alors lui faire croire qu'il est devenu par accident hétérosexuel. Maintenant, le jeu est de chercher un rapport entre ce que je viens de dire, je sais, c'est pas évident.
Voilà ce qui arrive quand un film a du succès: on en fait un premier puis un deuxième et les producteurs vous persuade d'en faure un troisième même si plus aucune idée valable ne jaillit, même si on est au fond du trou et qu'on souhaiterai juste rester sur une bonne impression. Ici, l'histoire est fort rallongée par des idées pas particulièrement lumineuses qui permettent bon an, mal an de faire 1h20 de film, mais dans ces conditions, c'est un peu dommage.
On a la fâcheuse impression que Michel Serrault fait son show. Alors bien sûr, c'est plus intéressant que ce film mais on sent bien que ça cachetonne de part et d'autres. Michel Serrault devient une caricature de caricature, Ugo Tognazzi s'en sort un minimum en étant plutôt sobre, Michel Galabru ne fait qu'apparaître sommairement et Antonella Interlenghi assume son rôle d'actrice rajoutée là car c'est une coproduction italienne mais n'en joue pas juste pour autant.
Après avoir eu le plaisir de retrouver les deux personnages mythiques crées sur scène par Serrault et Poiret, on s'attriste rapidement du manque d'imagination, de l'ennuie que peut nous inspirer cette petite comédie dont seule la fin - ressemblant tout de même à celle d'un sitcom - peut être sauvée.
*
24 mars 2009
Unborn - Film de David Goyer
Avec
Odette Yustman
Gary Oldman
Cam Gigandet
Durée: 1h27 - Distribution: Universal
Casey est une jeune étudiante tournentée car sa mère l'a abandonnée il y a fort longtemps et elle ne s'en est jamais remis. En parallèle, des évènements bizarres vont commencer à apparaître dans son entourage et comme elle est en psycho, elle va se poser plein de questions existentielles mais néanmoins très importantes pour la suite. Elle commence à vraiment flipper sa race quand le Mal apparaît sous les traits d'un petit garçon pâlichon qui crie très fort. Alors que ses amis, très cons les amis, lui disent que ce n'est pas grave, elle va mener son enquête pour tomber sur un pasteur qui la croit, un prêtre basketteur (si, si) et une échapée des camps qui se révèle être... Oui, tout ceci n'est pas passionnant mais je ne vais tout de même pas dévoiler ce coup de théâtre (si on peut appeler ça comme ça) sinon où est le suspence. Tiens, c'est une bonne question ça, où est le suspence?
Voilà encore un mauvais film qui se veut horrifique mais qui fait plus rire qu'autre chose. Les acteurs (sauf Gary Oldman qui semble être peu regardant sur ce qu'on lui propose, ce qui pourrait expliquer son manque d'implication dans son rôle) sont assez mauvais. L'héroïne jouée par l'obscure Odette Yustman n'apporte pas grand chose au film, se contentant de crier, de faire part de ses états d'âme et d'avoir un jeu d'une platitude affligeante. Le petit copain est pas bon du tout, en profite tout de même pour ballader son joli corps d'athlète mais c'est tout... C'est donc pas grand chose.
L'idée du film est de recopier un peu l'idée nauséabonde déjà développée dans ce film-là, à savoir que l'on peut se permettre de jouer avec les camps de concentration en émettant des théories abracadabrantes. Je pense sincèrement qu'on peut parler des camps et de la seconde guerre mondiale mais déformer la réalité me paraît dangereux, surtout quand le film est destinée aux jeunes.

Une bien belle cataracte ma foi.
Au delà de ça à part le gamin tout pâle et le curé joueur de basket, nous avons une bonne copine black qui ne sert à rien et qui rappelle un peu la fille de Scary movie, un chien d'une souplesse incroyable, des copains du pasteur qui ne sert à rien, un enfant envoyé du diable qui se fait insulter et un père au delà de l'absence. On s'y ennuie bien comme il faut, on rigole pas mal mais ce n'est pas l'intérêt d'un film fantastique.
°
23 mars 2009
Miss Pettigrew - Film de Bahrat Nalluri
Miss Pettigrew
Film de Bahrat Nalluri
Avec
Frances Mc Dormand
Amy Adams
Ciaràn Hinds
Durée: 1h30 - Distribution: EuropaCorp
Nounou passablement ratée, Miss Pettigrew (Frances Mc Dormand) échoue une fois de plus quand elle se fait virer d'une famille. A sa décharge, elle n'a pas la langue dans sa poche et son entreprise d'intérim peine tellement à lui trouver un poste qu'elle y renonce. Pour éviter la misère, d'autant plus que la seconde guerre mondiale est inéxorable, Miss Pettigrew en vient à voler une adresse. C'est celle d'une actrice (Amy Adams) qui ne cherche pas une nounou pour ses enfants mais... pour elle, tant elle a du mal à se gérer. Ms Pettigrew s'improvise alors gouvernante et doit alors déméler les histoires de coeur de la jeune actrice.
Encore un petit film qui ne paye pas de mines mais qui s'avère absolument géniale. Grâce à une ambiance londonienne d'avant-guerre très joliment représentée et une jolie mise en scène qui n'est pas sans rappeler un autre film qui adopte la même légèreté presque grave et la même période historique, Madame Handerson présente. Le film ne connaît pas de temps morts et nous régale des tribulations de cette drôle de nounou dont les expressions outragées sont un délice. Je ne connaissais pas vraiment, ou en tout cas je n'avais pas remarqué, la sympathique Frances mc Dormand jusque là malgré son apparition en coach sportif complexée dans le génial Burn after reading. Elle dégage une humanité pathétique merveilleuse qui la place dans les actrices tragi-comiques fortes.
Il ne faut bien sûr pas oublier les autres avec une Amy Adams très sympathique dans ce rôle de comédienne-chanteuse délurée, ma préférée restant certainement Shirley Henderson, géniale dans son rôle d'Edithe, une petite peste délicieuse qui a certainement les meilleures répliques du film, celle-ci était déjà apparue dans le film de Sophia Coppola, Marie-Antoinette.

Frances Mc Dormand vient d'apprendre que
Le ciné de Gaël revenait enfin.
C'est en fait une double histoire d'amour qui se déroule sous nos yeux, très subtile et doublée d'humour sympathique et réussie. Il faut absolument voir ce charmant film d'une élégance et d'une fraîcheur incroyable.
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13 mars 2009
Bellamy - Film de Claude Chabrol
Bellamy
Film de Claude Chabrol (2009)
Avec
Gérard Depardieu
Clovis Cornillac
Jacques Gamblin
Durée: 1h50 - Distribution: TFM
Bellamy est à la reraite auprès de sa femme et maintenant passe le plus clair de son temps à écrire des romans qui marche. Conséquence directe, on le reconnait dans la rue. BON.
Il se trouve que Bellamy retombe dans le crime en rencontrant un homme mystérieux (Jacques Gamblin) qui s'accuse d'un meurtre. Piqué au vif, il mène l'enquête. Au même moment, son frère (Clovis Cornillac) débarque et remue quelques histoires passées qui va ébranler le vieux policier et sa femme. Et l'enquête dans tout ça? Ben, on s'en fout.
J'ai bien l'impression que le film ne tient que sur la rencontre de deux monstres sacrés, à savoir Claude Chabrol et Gérard Depardieu. Doit-on s'en contenter? Je ne pense pas. Malheureusement, c'est bien ce qui nous attend ici. L'histoire est vendue comme un policier mais l'enquête est pliée très rapidement pour laisser place à une sorte de drame psychologique profond mais schématique. L'ennui nous gagne assez rapidement pour cause d'absence absolument totale de rythme et de thèmes peu passionnants. Tout tourne autour de la déliquescence d'un couple. D'un côté, un Gérard Depardieu en pilotage automatique qui, certes, pourrait nous lire le bottin et nous passionner mais qui ne fait rien de totalement passionnant pour retenir l'attention, de l'autre Marie Bunel qui s'en sort magistralement en jouant une femme désenchantée, cherchant ailleurs, voulant être ailleurs mais rester près de Gégé pour ne pas qu'il se perde. C'est bien la seule chose subtile dans ce film.
Le reste n'est qu'anecdotique, tout comme le jeu des deux autres acteurs principaux. Jacques Gamblin hérite d'un personnage compliqué, difficile qui le laisse littéralement sur la touche. Le surjeu est visible, on a mal pour lui tant il cherche à maîtriser ce personnage compliqué et somme toutes peu intéressant. Clovis Cornillac, quant à lui, reste un mauvais acteur qui en rajoute, en fait des tonnes, mal servi il faut le dire par des dialogues artificiels et ennuyeux. La fin est assez logique et donc entendue. Il n'empêche qu'on attend celle-ci avec impatience et c'est vraiment dommage.

Gégé a Bricomarché
(oui, bon, ben il faut bien tenir 1h50)
Bellamy est un vrai ratage. C'est triste car Claude Chabrol a su user de subtilité quelquefois en ne rentrant pas dans quelque chose de schématique et en se contentant de préferer la complexité intelligente au travail ennuyeux et artificiel qui n'a qu'un seul but: Montrer Depardieu. C'est inutile, on le connaît déjà.
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10 mars 2009
Le code a changé - Film de Danièle Thompson
Le code a changé
Film de Danièle Thompson (2009)
Avec
Dany Boon
Karin Viard
Marina Foïs
Durée: 1h40 - Studio Canal
Toute l'histoire se déroule au beau milieu de Paris un 21 juin, ML une avocate survitaminée (Karine Viard) et Piotr un polonais en pleine reconversion (Dany Boon) invite un ensemble d'amis: Un cancérologue au bord de la crise de nerfs (Patrick Bruel), sa femme qui a des vues sur un jockey (Marina Foïs), un cuisiniste amoureux (Laurent Stocker) une relation de travail de ML (Christopher Thompson) et sa femme écrivain tourmentée (Emmanuelle Saignier) mais aussi la soeur de ML et son ami bourru (Marina Hands et Patrick Chesnais). Le repas se fait donc avec une petite dizaine de personnes qui ont un point commun: celui de ne pas avoir envie d'y être. Pourtant, ce repas va déclencher certaines réactions particulièrement funestes pour l'avenir.
Il faut tout de même sortir quelques acteurs du lot même s'il s'en tirent tous particulièrement bien, même Pierre Arditi et Patrick Chesnais qui me laissent froid au cinéma en temps normal et qui apparaît dans la scène la plus hilarante du film au beau milieu de la chambre de sa petite fille avec Jerry Lee Lewis. Au delà de l'anecdote, il faut bien dire que Dany Boon tire son épingle du jeu avec un rôle de mari plutôt compliqué mais gentil au demeurant. Il déploie un sens du jeu et de l'émotion que je n'avais pas encore vu chez lui - ayant loupé Joyeux Noël. De plus, le regard de Dany Boon dans le générique de fin en dit beaucoup plus que tous les discours. Karin Viard confirme qu'elle est absolument géniale avec ce rôle d'avocate surmenée.
Tous sont dans un lien amoureux et amical sinueux et c'est là tout le sel du film. On pourrait l'imaginer caricatural et de ce fait, plutôt ennuyeux au bout de quelques minutes mais il n'en est rien. L'ensemble est subtil grâce à une mise en scène dynamique et maligne et à des dialogues percutants et drôles. Nous ne nous étalerons pas ici sur les dits-dialogues, je vous laisse les découvrir car ils sont vraiment réussis. Je peux comprendre que certains trouvent le film très parisien et follement bobo mais on s'amuse tout de même, malgré un léger coup de mou au beau milieu de l'oeuvre.
Bien sûr, ils sont tous riches, mangent des plats polonais, critiquent les invités mais Danièle Thompson met certainement le doigt là où ça peut faire mal dans la mesure où tout le monde l'a fait au moins une fois: celui qui n'a pas critiqué l'un des invités (voire tous) d'un repas où il ne voulait pas être me jète le premier couvert (je sens qu'on ne va plus m'inviter nul part).
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06 mars 2009
Grand Torino - Film de Clint Eastwood
Grand Torino
Film de Clint Eastwood
Avec
Clint Eastwood
Bee Vang
Ahney Her
Durée: 1h55 - Distribution: Warner Bros
Walt Kowalski est un ancien de la guerre de Corée donc autant vous dire qu'il ne faut pas venir l'emmerder, d'autant plus qu'il vient de perdre sa femme et qu'il se retrouve seule avec sa chienne Daisy. Il se trouve que Walt est également ce que l'on appelle un facho d'exception à première vue: il déteste les étrangers. Il n'est en vérité que xénophobe (la peur des étrangers donc, ce n'est pas exactement la même chose) et ce sont ses voisins qui vont en faire les frais, dont Thao qui va se faire embringuer par un gang et qui va piètrement tenter de lui piquer sa bagnole, une grand Torino (d'où le nom du film). La famille de Thao va lui proposer alors que celui-ci fase des travaux d'intérêts généraux. malgré quelques réticences, Walt va accepter et progressivement se lier d'amitié avec la famille d'autant plus qu'il est vu comme un héros, dans la mesure où il s'est mesuré à un gang, celui-ci va d'ailleurs prendre une importance grandissante dans l'histoire.
Je dois dire que je n'avais jamais vu un film avec Clint Eastwood. Ach, sacrilège! Ben oui, mais il faut bien savoir commencer sa culture cinématographique et il est vrai que ce n'était pas véritablement le bout que j'avais choisi.
Et bien, j'aurai dû.
Clint Eastwood est, dans Grand Torino, un acteur exceptionnel. Il arbore une palette de sentiments absolument géniale. Son jeu est d'une subtilité renversante. Il envoie du bois, c'est rien de le dire. En tant que réalisateur, il est vrai qu'il touche sa bille. Les mouvements caméras, les plans sur lui-même et les autres personnages ainsi que la mise en scène sont d'une maîtrise rare et permettent de rentrer rapidement dans le film. L'identification est réussie à tous les coups et l'on se prend à aimer walt, ce qui au départ n'était pas gagné d'avance.
L'histoire elle-même est une merveille. Nous sommes dans l'apprentissage et la compréhension de l'autre, un peu comme dans M. Ibrahim et les fleurs du Coran, sauf qu'Omar Sharif aurait un colt et que Momo ne serait plus juif mais asiatique. Cette histoire d'amitié n'a rien de caricatural, elle arrive véritablement crescendo et c'est ça, la réussite du film. En aucun cas l'histoire ne part dans une caricature avec les sempiternels "On s'aime" puis "On se sépare car on se supporte plus" et enfin "On se retrouve car, quand même, on s'aime beaucoup". C'est bel et bien la subtilité qui rafraîchit et qui émeut le spectateur ici.
Les seconds rôles sont eux aussi d'une subtilité rare. Il faut citer le prêtre qui revient au début comme un running gag, présent dans toutes les scènes comme si on jouait à "Où est Charlie?", la famille de Walt, puante de vulgarité et de mépris et bien sûr, le pote coiffeur de Walt avec qui il fait des battle de réfléxions désobligeantes et bien sûr la grand mère de Sue et de Thao, aussi raciste que Walt. Rien n'est laissé au hasard dans ce film proche de la perfection dans le sentiment et dans l'intrigue.
Eastwood signe ici une oeuvre exhaltante, tendue et sauvage qui nous flanque une grande claque. Sans vous raconter la fin, je peux vous dire que j'ai pleuré les 15 dernières minutes, il y a des témoins et que j'ai eu un peu de mal à sortir de ce film, tellement il était intense et splendide... Et puis, on a vu Cyprien et là, je me suis dit qu'il y avait cinéma et cinéma.
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05 mars 2009
La zizanie - Film de Claude Zidi
La zizanie
Film de Claude Zidi (1978)
Avec
Louis de Funès
Annie Girardot
Julien Guiomar
Durée: 1h36 - Distribution:
Guillaume Daubray-Lacaze (Louis de Funès) est un chef d'entreprise très ambitieux et visionnaire, il est également maire de sa ville. Il a envie de progresser, de vendre bref de s'enrichir de plus en plus. Bien que sa femme (Annie Girardot) soit très compréhensive, elle n'accepte absolument pas qu'après un contrat signé avec des japonais, son mari vienne envahir son espace vital qui est constitué principalement de son cher jardin. Elle décide dès lors de se présenter face à son maire de mari pour lui piquer sa place. C'est sur une liste écolo dont le deuxième est un médecin épris de Mme Daubray-Lacaze (Julien Guiomar) que celle-ci se présente, et là commence le bordel (d'où le nom du film).
Voici un charmant classique de Claude Zidi emprunt à l'air du temps, à savoir à l'époque l'écologie. C'est l'idée centrale de ce film qui nous montre un Louis de Funès certes fatigué à l'époque (une première crise l'avait frappé quelques années plus tôt) mais toujours aussi brillant, n'en déplaise à Pierre Richard qui refusa le rôle de Coluche dans L'aile ou la cuisse trouvant l'acteur has-been... Il est accompagné d'une nouvelle femme après Claude Gensac, Jacqueline Maillan, une petite fille (si, si) ou Suzy Delair, c'est Annie Girardot qui prend se rôle à merveille. Elle campe une femme patiente mais ferme, totalement hilarante et nous rpapelle une fois de plus qu'elle est une actrice géniale à qui on pense fréquemment.
Les blagues sont plutôt originales même si la mise en scène sent un peu le passage obligé. Il n'empêche que le plaisir reste intact et que le rythme est tout de même soutenu. Il est important de préciser que ce film montre un Louis de Funès romantique et amoureux, ce qui est fort rare, qui cherche à reconquérir sa femme par tous les moyens. Il est donc plaisant de voir que derrière le comique, il y a un petit coeur qui bat, c'est rassurant.
Au delà, si vous aime de Funès, ce sera forcément votre truc, sinon, il est possible que vous trouviez tout ceci un peu longuet. J'ai de la chance, je suis dans la première catégorie... Résolument.
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02 mars 2009
Cyprien - Film de David Charhon
Cyprien
Film de David Charhon (2009)
Avec
Elie Semoun
Léa Drucker
Laurent Stocker
Durée: 1h38 - Distribution: Mars Distribution
Cyprien (Elie Semoun), vous le connaissez, il est vilain, parle bizarrement et aime les fameuses blondes à fortes poitrines. Il travaille dans un magazine de mode (pourquoi pas) où il excelle avec ses talents d'informaticien. Son chef (Laurent Stocker) ne le calcule même pas et préfère penser à sa carrière en écrasant ses collaborateurs. La grande patronne (Catherine Deneuve), un personnage froid et distant, mène tout ce petit monde à la baguette. La vie de Cyprien bascule (comme ici, ici, ici, ici, ici, ici et puis là) quand son chef lui fait une mauvaise blague (vous apprécierez vous même la blague subtile), il rentre en larme chez lui, utilise le spray qu'il vient de commander et devient un prince charmant qui va faire tomber toutes les filles... Tout ceci se passant dans un monde où les gonzesses ne sont pas regardantes.
Je ne m'attendai pas à un chef d'oeuvre loin de là... Et forcément, je n'ai pas été déçu. Ce n'est pas subtil, quasiment jamais drôle, fadasse et peu intelligent. Que dire de plus? Dire que les acteurs ne sont au moins pas vraiment en cause avec un Elie Semoun pas mauvais dans ce rôle vu et revu dans ses Petites annonces. Mis à part les quelques rôles inutiles (dont Mouloud qui ne sert à rien ici), on peut retenir Catherine Deneuve qui développe une Depardieusite aigüe en tournant dans le meilleur comme le pire sans plus aucune retenue mais qui s'en sort honorablement et Léa Drucker qui me parait être encore la plus crédible.
L'intrigue en elle-même sent le réchauffé, presque le brûlé, tant celle-ci est banale et de ce fait peu intéressante. Les coups d'humour sont quasiment inexistants avec, en prime, dans la salle où je me trouvais, des rires décalés sur des moments pas drôles et un silence pesant quand c'est un tant soit peu drôle... Mais on point où on en est, peut-on seulement nous blâmer? Les blagues ne sont pas reconnaissables. j'ai ri une fois à la fin - était-ce les nerfs - pour une micro blague, ce qui est bien peu.
Quand osera t-on dire que les héros de pastilles télé ne sont pas faits pour le grand écran, faute d'épaisseur? De plus, ici, la réalisation est d'une platitude affligeante, sans aucune inventivité. La catastrophe n'a pas vraiment pu être évitée, même si on tient compte du fait que le film passe tout de même relativement vite... et heureusement.
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