23 janvier 2009
Delta Force 2 - Film d'Aaron Norris
Delta Force 2
Film d'Aaron Norris (1990)
Avec
Chuck Norris
Billy Drago
Richard Jaeckel
Durée: 1h50
Après le professeur de fac, le fantasme déraillant d'un jeune malingre, le flic sanguinaire avec soif de vengeance, revoici Chuck dans un rôle qu'il connaît bien, le militaire patriote qui dégomme les méchants. La particularité des méchants est qu'ils ne sont pas souvent américains: ce sont des russes, des arabes, des chinois et aujourd'hui... des sud-américains (certains d'ailleurs ont des très asiatiques, erreurs de casting). La volonté de la maison Norris de nous montrer que les américains c'est quand même pas rien est telle que les ennemis ne viennent jamais du Connecticut bizarrement. Passons.
Les méchants vont donc chercher des noises à Chuck en butant la femme et certainement le fils (on ne sait pas bien) du meilleur ami du bodybuildé taciturne. Alors, le colonel Chuck (car il est gradé dans le film) va sortir son expression la plus haineuse et aller chercher Ramon Cota (Billy Drago) par la peau du cul pour lui apprendre ce que c'est de dessouder des gens que le rouquemoute texan aime bien.
Le film raconte alors le parcours du Colonel Scott Mc Coy pour mettre la main sur le criminel sanguinaire qui butte des gens pour un oui ou pour un non dans le film. Quelques revers de fortune des deux côtés, une scène de fin interminable plus tard et Chuck gagne... ce qui en soit n'est pas une surprise.
Nous avons ici souvent raillé le frangin du poilu terrifiant... En effet, Aaron Norris n'est pas ce que l'on peut appeler un bon réalisateur. Il se contente de réutiliser - assez mal d'ailleurs - des plans déjà vus dans d'autres films d'actions bien mieux foutus que les siens et multiplie les ralentis. Même si les ralentis sont toujours aussi présents pour le grand malheur de notre Chuckounet qui donne l'impression quelquefois de faire des démo de jeux vidéos ou du téléshopping pour la célèbre baaaaarre de fer, Aaron s'améliore et se bonnifie sur ce long-métrage plutôt bien foutu. Mais ce qui est certainement le plus important ici, c'est de découvrir que Chuck... a une vie sociale.
En effet, nous apprenons ici que Chuck a des amis. Bon, certes, ils se font descendre mais bon, c'est toujours rassurant. Chuck use et abuse des répliques cinglantes (selon lui) et vient dessouder un vrai méchant en la personne de Billy Drago (déjà apparu ici) et on peut le dire, il est véritablement convaincant bien que certains tics deviennent crispants à la fin. Sinon, notre Chubaka à poil dur s'éclate vraiment dans cet épisode où il n'est pas que ce super héros empli de testostérone qui massacre à tour de bras. il peut être aussi en difficulté et c'est le cas ici. Il est vrai que ça ne dure jamais longtemps et il ne remercie même pas la pauvre poire qui vient l'aider (véridique) mais cela rend le personnage bien plus intéressant et permet de donner un peu de psychologie dans ce monde de crapules.

Chuck sait aussi partager l'affiche
Le film est bien rythmé, le duel Norris / Drago convaincant même si certains acteurs sont totalement à côté de la plaque. Par descence, nous ne donnerons pas le nom de celui qui joue le général américain qui cabotine à fond la caisse durant tout le film et qui semble sous cocaïne tant sa composition est... décalée. Pas vraiment de coup de mou dans l'intrigue mais les quelques thèmes adorés de Chuck n'apparaissent pas ça et là, seul le patriotisme couillu s'installe durablement dans cette oeuvre masculine (les seules filles qui y apparaissent sont des putes ou assimilées) qui ne s'en sort pas mal.
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20 janvier 2009
La guerre des miss - Film de Patrice Lecomte
La guerre des miss
Film de Patrice Lecomte
Avec
Benoît Poelvoorde
Olivia Bonamy
Christian Charmetant
Durée: 1h29 - Distribution: Gaumont
En Franche-Comté (une jolie région, je trouve), il existe Charmoussey, petit village charmant dans le Doubs. Un peu plus haut, nous pouvons trouver Super-Charmoussey, station créée par rapport au village de départ et bien plus péteux que le premier. Il existe donc un concours de miss qui déchaîne les passions d'autant plus que c'est Super-Chamoussey qui gagne depuis des années. Le maire du village de sports d'hiver (Christian Charmetant) se gausse et ne veut en aucun cas laisser disparaître ce titre sur son palmarès. Le village d'en face va alors se trouver un coach en la personne de Franck Chevrel (Benoît Poelvoorde), acteur de seconde zone (troisième?) qui a pour mission de former des miss et qui a été choisi car il est originaire de la région. Il va alors retrouver une de ses ex (Olivia Bonamy) avec qui, aux premiers abords, le courant passe plutôt mal.
Mais qu'est-il donc arrivé à Patrice Lecomte? On ne peut pas dire que La guerre des miss soit une bouse innommable mais on ne peut pas dire que ce soit également un film extraordinaire. En effet, la trame scénaristique n'est pas d'une originalité renversante, loin de là. On peut même dire qu'on comprend la fin du film au bout de 20 minutes et que l'idée de départ, même si elle peut paraître originale, s'essoufle terriblement vite tant le manque d'inventivité est visible.
Alors, on peut se consoler avec l'apparition de Benoît Poelvoorde mais son dynamisme semble être dicté par des gestes mécaniques qui ne servent plus à grand chose à partir du moment où on a compris que tout tient sur cet acteur, brillant certes mais ici seul au monde tant les autres acteurs sont d'une part relativement modestes (sans vouloir être vexant avec Olivia Bonamy et Christian Charmetant) et d'autre part si peu servis par le scénario. L'histoire rejoint un peu la réalité puisque, tout comme dans le film, un acteur vient sauver une situation sauf qu'ici on sourit un peu mais pas autant que ça.
Il y a quelques bons moments heureusement, tous tenus par Poelvoorde, dont les castings de miss qui valent par le visage décomposé de l'inoubliable sosie de Cloclo (ou de Françoise Sagan, c'est selon) ou même la dernière scène qui me paraît être certainement la plus réussie mais il est quand même dommage d'attendre 1h10 pour pouvoir s'amuser un peu.
C'est donc un film bien molasson que nous propose Patrice Lecomte. Sans aucune inventivité, les gags présents ont déjà été vus ailleurs, l'intrigue est trop fine pour qu'on ait envie d'aller plus loin. Seul un capital sympathie tout de même bien abimé ici pour Patrice Lecomte et les jolis paysages de ma Franche-Comté natale permettent de ne pas sombrer dans un ennui certes coupable mais tout de même bien compréhensible. Patrice Lecomte fera certainement mieux la prochaine fois.
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19 janvier 2009
Un homme et son chien - Film de Francis Huster
Un homme et son chien
Film de Francis Huster (2009)
Avec
Jean-Paul Belmondo
Julika Jenkins
Hafsia Herzi
Durée: 1h34 - Distribution: Ocean Films
Nous sommes à Paris et Charles (Jean-Paul Belmondo) a bien vécu. Il est aujourd'hui hébergé par une ancienne maîtresse (Julika Jenkins) qui est sur le point de se remarier et par voie de conséquence, de virer Charles de ses appartements avec son chien sous le bras. Charles va alors se promener dans la vie pour un dernier tour de piste où il va se rendre compte de l'ignominie de certains et de la sympathie de quelques autres. Son parcours est suivi par un chien formidable qui rappelle beaucoup celui qui apparaissait dans une série qui passait sur TF1 dans les années 80 et qui s'appelait le vagabond... en fin bon. Cette quête lui permet d'écrire une conclusion à cette vie bien remplie mais qui se termine un peu en quenouille.
Je préfère tout de suite vous préciser qu'il ne faut pas aller voir ce film si vous êtes dans une phase de déprime dû au temps ou à autre chose car il faut bien le dire, ce que propose Francis Huster est un film crépusculaire, déprimant et fort à la fois. La pellicule est exclusivement réservée ici à Bebel qui fait son grand retour au cinéma ici après 6 ans d'absence et un gros pépin de santé si visible à l'écran. Et bien sûr, c'est cela qu'on pourrait reprocher mais je n'ai pas particulièrement envie de rentrer dans ce débat qui a déjà été pas mal visité ces derniers jours. J'ai mon point de vue et il est partagé. C'est plutôt la démarche de Francis Huster qui me hérisse un peu. Il met en avant Belmondo car il sait que sa présence va déployer un maximum de sentiments: la tristesse mais aussi la joie de le retrouver. Vous me direz, c'est un peu le but du cinéma: apporter des émotions. Certes mais ici, l'émotion cache un manque cruel du côté des dialogues.
En effet, c'est un peu la déroute du côté des dialogues avec une volonté farouche de défendre une thèse simpliste qui veut que le monde d'aujourd'hui est individualiste et méchant, que les gens ne savent plus dire "merci". Alors forcément, tous les personnages disent "merci" et solliloquent violemment à perte de films pour dire ce qu'ils ressentent sur eux, sur les autres, sur le monde. Ca aurait pu être intéressant mais c'est si stabiloté que ça en devient usant quelquefois, et c'est bien ça le plus gros problème de ce film.

Un homme, son chien et son
employée de maison
Les autres acteurs - nombreux - sont effacés par cette présence incroyable que nous offre ce Belmondo amoindri. Laissons les mauvais acteurs de côté - Hafsia Herzi en tête qui joue terriblement mal mais qui n'est pas aidée il est vrai - pour parler des autres qui disparaissent aussi vite qu'il passent. On retrouve ainsi Robert Hossein et Jean-Marc Thibault dans un bus pour SDF, Michèle Bernier (pas maquillée), José Garcia et Patrick Bosso dans un bus classique,Sarah Biasini dans une SPA, Daniel Prevost et Françoise Fabian en sauveteurs d'animaux, Antoine Duléry dans un rôle express de nouveau mari, Jean-Luc Lemoine (si, si) qui vient pour une seule réplique dans un rôle de péteux derrière un piano mais aussi Pierre Mondy en vieux lâche ou Christiana Réali sur un banc. Deux moments sont émouvants en ce qui concerne ces acteurs qui ne font que passer, le premier est l'apparition de Charles Gérard qui fut l'un des compagnons fréquents de Bebel au cinéma et qui ici campe un SDF filou qui explique à Jean-Paul comment on fait pour survivre. Le deuxième grand moment est la rencontre entre Bébel et Jean Dujardin, son successeur, qui là aussi est inexistant car à partir du moment où tous ces gens parlent, ça devient compliqué.
Le seul qui ne parle pas de ça, c'est le chien qui est absolument génial. il faut dire que j'adore les chiens alors je ne suis pas objectif. De lus, le chien à l'écran, c'est le mien. Je veux dire par là que ce chien est la copie d'un des miens en bien plus sage d'ailleurs. J'en ai la preuve avec cette photo de mon toutou qui squatte le panier de mon autre chien:
Oui, il est beau hein mon toutou? Alors quand Belmondo apparaît dans cette scène où il retrouve son chien dans une SPA car celui-ci s'était sauvé et que l'acteur le plus doué de sa génération feint le bonheur de le retour, j'ai chialé... mais qu'est ce que j'ai chialé. C'est fou non? C'était d'une beauté incroyable et c'était surtout simple. En règle générale, le film de Francis Huster a pas mal de défauts mais ce qui le sauve, c'est cette association entre Belmondo et son chien, c'est d'une tristesse absolue et ça marque mais encore une fois, c'est comme les chansons de Goldman, ça fait appel aux bons sentiments et quelque part, on s'en veux de s'être fait avoir.
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13 janvier 2009
L'âge de glace - Film de Carlos Saldanha et de Chris Wedge
L'âge de glace
Film de Carlos Saldanha et de Chris Wedge (2001)
Avec les voix de (VO/VF):
Ray Romano / Gérard Lanvin
John Leguizamo / Elie Semoun
Denis Leary / Vincent Cassel
Durée: 1h21 - Distribution: UFD
Nous sommes à quelques milliers d'années avant notre ère et les animaux régnants sont les mammouths. Manfred (Gérard lanvin) est un mammouth pas comme les autres (mais nous on l'aime, c'est pas d'not' faute) puisqu'il est solitaire ce qui n'est pas véritablement les us et coutumes des mammouths en règle générale. De son côté, Sid (Elie Semoun) est ce qu'on appelle un gros boulet. Ses camarades aïs (appelés aussi paresseux) l'ont purement et simplement mis de côté et sont partis sans lui pour migrer. Il va alors se collet à Manfred et les deux vont tomber sur un petit d'homme abandonné après une attaque de village. Ils vont donc tenter de le ramener à sa famille. Seulement, les tigres ne l'entendent pas de cette oreille. Le plus méchant d'entre eux envoie alors Diego (Vincent Cassel) pour espionner les deux compagnons afin de les attaquer au moment le plus propice.
Voici le premier volet de L'âge de glace qui a le mérite de poser les jalons proprement. Les personnages sont attachants et bien doublés par les acteurs français choisis (Vincent Cassel - Elie Semoun - Gérard Lanvin), le graphisme est irréprochable même si celui-ci lorgne un peu sur Disney en ce qui concerne ces expressions insupportables car trop marquées quand les personnages sont tristes ou joyeux. Et pour couronner le tout, l'histoire est très bien scénarisée avec des rebondissements fréquents qui permettent de ne jamais avoir de temps morts et quelques bons moments dont une leçon de gestion de nouveau-né que Laurence Pernoud n'aurait certainement pas renié ou encore une parodie de football américain avec une pastèque.
C'est cela aussi la force de ce film d'animation car l'humour convient autant aux parents qu'aux enfants au double sens que les enfants comprennent au premier niveau et que les parents saississent un niveau au dessus. Le scénario se permet même des digressions intelligentes comme par exemple cette superbe scène, très simple au demeurant, à base de peintures rupestres.
Alors, forcément, on passe tout de même par deux ou trois gros poncifs bien lourds comme la pseudo-mort d'un des héros qui en fait revient à la fin (bon, tout le monde s'en doute mais pourquoi faire tant de simagrés?) et la solidarité gluante coule à flots. Les ficelles ne sont cependant pas si visibles donc c'est tout de même très agréable à regarder.
Le film est mignon tout plein et si j'étais très premier degré, je pourrais me demander pourquoi le gars à la fin ne fait pas une crise cardiaque ou ne demande pas à être interné quand il voit que c'est un mammouth qui lui ramène son gosse mais il faut rêver un peu, ça ne coûte pas grand chose. L'âge de glace montre donc des débuts prometteurs et une tendance certaine à l'inventivité quand on voit ce fonctionnement parallèle d'un Scrat qui balade un gland durant tout le film et qui cherche à le planquer. C'est ingénieux et c'est peut-être même le moment plus drôle. L'âge de glace est un film pour enfants intelligent.
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12 janvier 2009
Podium - Film de Yann Moix
Podium
Film de Yann Moix (2004)
Avec
Benoît Poelvoorde
Jean-Paul rouve
Julie Depardieu
Durée: 1h35 - Distribution: Mars
Il est des métiers difficiles mais celui de Claude François est un métier fort compliqué d'autant plus qu'il y a de la concurrence. Mais cela n'est pas une difficulté pour Bernard Frédéric (Benoît Poelvoorde) car il est incollable sur Cloclo et même s'il ressemble à Françoise Sagan quand il est perruqué et costumé, Il reste une référence. Sa femme (Julie Depardieu) en revanche, n'en peut plus. Elle est au bord du divorce d'autant plus que Bernard devient de plus en plus tyrannique (comme son illustre modèle) et qu'il compte quitter son poste de conseiller financier pour repartir sur les routes avec son pote couscous (Jean-Paul Rouve), sosie de Michel Polnareff et organisateur pas dégourdi des tournées de Bernard. Quand Evelyne Thomas propose un concours de sosies, il n'y tient plus et part en vrille.
Quand on aime la chanson française comme moi, ce film tient de la bénédiction, et le livre encore plus. Je vous conseille si vous ne l'avez pas encore fait de le lire car il est drôle de repérer les quelques différences entre l'écrit et le filmé. par exemple, Couscous est le sosie de C. Jérôme dans le livre, ce qui était peut-être plus difficile à trouver dans les séances de casting. De plus, Yann Moix égrenne un panthéon des artistes oubliés, ce que j'ai fait durant trois ans sur une radio nancéienne (lui aurais-je piqué l'idée inconsciemment, c'est fort probable... N'empêche - et Clemence verra de quoi je parle si elle lit ses lignes - cette idée là, comme pas mal d'autres idées qu'on avait eu en radio à Fajet, nous ont été gaulées par deux animateurs connus de la bande FM spécialistes dans le pillage des radios locales, enfin passons...)
Pour en revenir au film, parce qu'on est tout de même là pour ça, Yann Moix signe une réalisation tonique et intelligente qui mêle un style classique de comédie mais également un style fréquemment vu dans les émissions de variété des années 70. Le réalisateur va même jusqu'à détourner des images de Cloclo dans un Top de Maritie et Gilbert Carpentier, ce qui permet à Benoît Poelvoorde de chanter dans un duo confondant Comme d'habitude. (Si je ne m'abuse, il remplace Petula Clark au piano).
Les acteurs sont géniaux: Poelvoorde qui est certainement l'un des acteurs les plus doués de sa génération avec Jean Dujardin irradie totalement et donne la quintescence de son talent. Jean-Paul Rouve dans ce rôle de crétin bouclé se défend particulièrement bien, la touche émotion est apportée par Julie Depardieu. A noter l'apparition de Mia Frye, d'Armelle mais aussi d'un paquet de sosie dont celui d'Obispo (je me demande même si ce n'était pas le vrai).
Le film a été tourné en partie au moulin de Dannemois (dont je salue l'équipe fort sympathique que nous avions rencontré l'année dernière) mais aussi dans une maison-témoin, ce qui donne à l'ensemble un ton décalé qui ne disparaît jamais du début à la fin. Le film est une réussite totale, la bande-son est juste un vrai bonheur pour qui aime la variété française. Certaines scènes sont cultes comme la scène qui se déroule dans le van Volkswagen et les dialogues sont ciselés comme rarement. Génial quoi.
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09 janvier 2009
L'homme du président 2 - Film d'Eric Norris
L'homme du président 2 - mission spéciale
Film d'Eric Norris
Avec
Chuck Norris
Judson Mills
Jennifer Tung
Durée: 1h30 - Distribution: LCJ Editions
Et c'est reparti pour un tour, après avoir dressé un militaire insoumis (Judson Mills), Joshua le prof de fac (Chuck Norris, oui ça fait toujours bizarre) remet le couvert en continuant de sauver le monde à la demande du président. Il s'entoure donc de notre copain le militaire et de sa propre fifille (Jennifer Tung). Au menu de ce second opus, actualité oblige, ce sont les afghans qui vont se faire matter par l'abominable homme de Dallas. Leurs projets sont simples: ils vont faire péter une usine d'uranium au beau milieu de Dallas... Car, toi le lecteur, tu as toujours cru que c'était les puits de pétrole à Dallas, il n'en est rien.
Ce n'est pas tant Chuckounet qui est le héros du film mais plutôt le GI-Joe bas de plafond qui lui fait office d'équipier et de fils spirituel, Chuck est un peu son maître Yoda, on a les Luke Skywalker qu'on peut.
Vous êtes gâtés en cette nouvelle année! Après le chef d'oeuvre norrissien du nouvel an, voici la suite incroyable de l'homme du président qui a été présenté sur le ciné de Gaël il y a déjà quelques semaines. Les méchants furent des chinois et aujourd'hui, les islamistes intégristes prennent le relais pour de nouvelles aventures encore plus captivantes... Sauf que bon, c'est Chuck et il faut alors une bonne de testostérone et d'idéologie américaine pour en faire une oeuvre géniale.
Et même s'il ne se surpasse pas dans le symbolisme qu'il a pu nous présenter dans quelques-unes de ses oeuvres, on peut honnêtement dire que ce Chuck est un bon Chuck. Pour une fois, l'ensemble est plutôt nuancé, il n'y a pas de bastons à gogo et un début de commencement de réflexion sur le conflit entre l'Afghanistan et l"Amérique point. Il ne faut pas exagérer non plus, c'est un peu Le terrorisme pour les Nuls mais bon, on pourra remarquer l'effort.
Côté jeu, Chuck apprend une nouvelle position faciale: le sourire. C'est fugace, c'est vrai mais ça réchauffe le coeur. Serait-ce un problème d'ajustement de dentier, une couronne mal fixée, un bout de chicken wings coincé entre les dents? Toujours est-il qu'IL A SOURI et même plusieurs fois. Celà nous a laissé avec Isa dans un océan de perplexité d'autant plus qu'un autre détail, capillaire celui-ci, nous a troublé. Et là, en grand admirateur de Chuck, vous vous dites: "Mais à quoi donc cela sert-il de regarder l'Oeuvre de Chuck Norris si c'est pour traquer les quelques rares imperfections que laissent échapper le maître de la tatane dans la gueule?" Nous en convenons et assumons pleinement ce penchant lubrique à tout prendre par le petit bout de la lorgnette mais il existe dans tout long-métrage de l'impassible du Texas un moment creux - si ce n'est plusieurs - propice aux interrogations métaphysiques concernant l'enveloppe corporelle de cet esprit pur qu'est Chuck Norris.
Bref, revenons en aux cheveux du disciple de Bruce Lee quand il était sous acides... Il est vrai que la toison flamboyante de Chuck commence à prendre une coloration marronasse pour ne pas dire... rouquine. Voilà... Le mot est lâché. Nous, ça nous bouleverse d'autant plus que le haut n'est pas raccord avec le bas. Attention, n'allez pas croire que le popples de Dallas se promène cul-nu dans ses films à présent... Non, nous parlons de sa barbe bien sûr...Bande de dégueulasses va!
Le film à proprement parler est plutôt sympathique dans sa construction même si le plan est un peu basique. Les personnages sont toujours là pour servir les intérêts du président et les acteurs les intérêts de Chuck. Bien que celui-ci ne soit pas assez présent à notre goût, cela reste un véritable plaisir de le voir rempiler dans ce rôle improbable de professeur de... De quoi d'ailleurs, on ne sait toujours pas... Peut-être d'histoire, et là, c'est un véritable honneur de pouvoir le compter parmi mes collègues. Quelques temps morts sont à déplorer dont quelques scènes totalement inutiles (la scène dans le désert ou la scène de base-ball qui ne touche pas véritablement la rédemption par le sport ou alors c'est fait de manière terriblement maladroite) et des effets spéciaux à la ramasse dont cette explosion d'avion de chasse en carton-pâte comme rarement on en a vu depuis les années 50 au cinéma.
C'est donc un Chuck acceptable qui surfe sur les quelques thèmes chers au clan Norris, Chuck étant le coproducteur du film avec Aaron et son fils Eric étant le réalisateur peu inspiré de cette suite pas si désagréable et qui encore une fois se regarde, et comme pas mal d'oeuvres du grand poilu mécontent, au second degré.
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08 janvier 2009
30 jours de nuit - Film de David Slade
30 jours de nuit
Film de David Slade (2008)
Avec
Josh Hartnett
Melissa George
Danny Huston
Durée: 1h45 - Distribution: SND
Voici un village sympatique de l'Alaska nommé Barrow qui a cette particularité pittoresque d'être dans la nuit 30 jours durant d'où le titre du film. Sauf que, pas de chance, lors de ces 30 jours, des phénomènes étranges et particuliers apparaissent sous la formes de vampires sanguinolants et particulièrement coriaces. Il faut dire que les sales bêtes ont très faim et veulent bouffer tous les habitants de cette petite ville. Les deux sherifs du coin, Eben (Josh Hartnett) et Stella (Melissa George), en pleine crise de couple, vont se retrouver face à ce phénomène flippant, c'est le moins que l'on puisse dire.
Voici un film particulièrement inquiétant à base de vampirounets très agressifs et de personnages enclins à une panique légitime dans la mesure où on ne peut pas trop savoir qui va y passer et qui va rester vivant. C'est l'un des vrais points forts de ce film d'horreur très efficace où on ne peut jamais véritablement savoir si les personnages de premier plan vont rester vivants. C'est assez éprouvant, il faut bien le dire, et l'ambiance sombre forcément, et violente, le tournage en partie caméra à l'épaule ne fait que renforcer cette impression.
Rien à dire véritablement sur les acteurs qui jouent correctement mais il faut tout de même préciser que le scénario perd un peu de sa valeur car les personnages principaux sont peut-être trop nombreux et difficiles à identifier du premier coup. Avec Isa, on a failli sortir le paper-board pour faire le point... Il n'empêche que le rythme ne se perd jamais véritablement en usant d'ellipses bien amenées et d'une fin époustouflante qui est un véritable bonheur.
Aussi éprouvant que La colline a des yeux et utilisant le même fonctionnement que Rec, Arrack attack dans un autre genre mais aussi pas mal d'autres films qui use de l'enfermement de personnages dans un environnement confiné. L'originalité ne vient pas de là, elle vient du traitement très original et on en tremble.
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06 janvier 2009
Tout... sauf en famille - Film de Seth Gordon
Tout... sauf en famille
Film de Seth Gordon (2008)
Avec
Vince Vaughn
Reese Witherspoon
Robert Duvall
Durée: 1h30 - Distribution: Metropolitan
En voilà un beau couple ! Ils s’aiment, ils font tous ensemble et s’éclatent véritablement en pimentant l’ordinaire par des jeux de rôles en public, ce qui leur permettent de donner un coup de pouce à leur sexualité. De plus, ils mentent sans vergogne à leurs familles respectives afin de ne pas passer Noël en leur compagnie. Ils s’inventent alors des campagnes humanitaires tout à fait charmantes pour éviter cette corvée. Pendant ce temps là, ils peuvent se permettre un joli séjour dans les îles Fidji. Malheureusement pour eux, les îles Fidji s’éloignent dangereusement quand le brouillard tombe sur San Francisco (s’y j’en crois le pont que l’on voit passer plusieurs fois durant le film). Comme un malheur n’arrive jamais seul, ils apparaissent lors d’un reportage sur le problème d’aviation en question. Ils vont donc être obligés de se taper les quatre familles puisqu’ils appartiennent tous deux à des familles recomposées.
Il n’est pas fréquent de voir passer ce genre de production autour de Noël et du Nouvel An, à savoir les comédies à base de famille et de conflits très rigolos, enfin ça dépend pour qui. Ici, le film est très sympathique, surtout par la composition de Vince Vaughn et Reese Whiserspoon, très à l’aise dans ce rôle de couple sympathique et drôle. L’efficacité des sketches vaut également par une mise en scène plutôt efficace malheureusement le tout est un peu systématique et tend à lasser à un moment. En effet, les familles se ressemblent beaucoup et l’amusement s’émousse légèrement à force de ce trop-plein.
On pourrait également reprocher un scénario passe-partout qui se contente de transposer une idée de départ très classique : deux personnes (ou une, ou trois) passent par des épreuves qui vont leur fait comprendre à quel point ils ne se connaissent pas mais qu’ils veulent apprendre. Tout est donc un peu téléphoné mais le rythme fait donc oublier et quelques gags sont particulièrement réussis comme par exemple celui de la pose de la parabole ou encore celui du jump-jump.

Si Reese Witherspoon ne se remet pas à manger,
Vince Caughn va la bouffer.
Alors, vu les circonstances, on ne peut pas vraiment dire que ça soit un mauvais film, loin de là, mais le tout n’est pas particulièrement original et il est fort probable que ça se dissolve automatiquement après visionnage. Il n’empêche que l’on passe un bon moment.
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05 janvier 2009
Histoires enchantées - Film d'Adam Shankman
Histoires enchantées
Film d'Adam Shankman (2008)
Avec
Adam Sandler
Keri Russell
Guy Pearce
Durée: 1h49 - Distribution: Walt Disney Studios
Skeeter (Adam Sandler) a un nom totalement ridicule a vécu auprès de son père et de sa sœur (Courtney Cox) dans une ambiance chaleureuse. Son père tenait un motel mais quand l’argent est venu à manquer, il a bien fallu vendre mais heureusement, le gentil patron (oxymore) promet au papa ému que son rejeton sera le directeur de son hôtel quand il sera grand. Celui-ci malheureusement ne tient pas ses promesses et le relègue à un poste d’homme à tout faire… C’est tout bonnement dégueulasse, non ? La soeurette a elle aussi bien grandi et invite son frère pour l’aider car l’école dans laquelle elle travaille va fermer et elle doit aller faire autre chose (on ne sait pas bien pourquoi mais après tout, on s’en fout). Skeeter va alors s’occuper d’eux la nuit et leur lire une histoire avant de s’endormir. Seulement, il constate que cette histoire devient réelle le lendemain même de son invention. Il va alors essayer de changer son avenir en inventant des histoires, aidé par les deux petiots.
Il faut déjà que je pousse un coup de gueule. Pourquoi diantre nos camarades de Disney nous prennent-ils pour des couillons à longueur d’année en nous proposant TOUJOURS le même début, à savoir le fameux « Il était une fois » détourné. Je crois qu’ils nous le servent systématiquement depuis La belle et la bête, qui date d’il y a quinze ans. C’est juste insupportable et cela montre le manque d’imagination mais s’il n’y avait que ça, on pourrait être indulgent.
Malheureusement, les Histoires enchantées du père Disney sont juste indigestes. La faute à qui ? A beaucoup de monde. A un réalisateur un peu paresseux qui nous livre un truc moche et sans imagination – un comble pour une entreprise qui vend du rêve – la faute surtout à des scénaristes qui se contentent de recycler de vieilles idées et de vieux automatismes de moins en moins passionnant à mesure qu’ils apparaissent : le mélange monde réel / monde merveilleux déjà vu dans pas mal de film de la maison Disney comme Hook mais aussi dans d’autres), des enfants chenapans mais tellement attachants, un animal rigolo – le rôle est ici tenu par un cochon d’inde qui a la même maladie de Lionel Jospin et qui a donc des yeux exorbités – et des situations imaginaires. Ces situations imaginaires sont d’ailleurs la seule réussite du film même si ça ne dure pas très longtemps. En effet, la même histoire est exploitée – ce qui en dit long sur la psychologie d’un personnage entêté – mais c’est le décor qui change, c’est usant. Les scénaristes en ont tellement rien à faire que l’on peut noter quelques incohérences comme par exemple une scène où les enfants préparent des pancartes pour sauver l’école avec la baby-sitter de jour au tout début du film alors qu’il n’est pas encore question de fermer l’école en question.

Note aux scénaristes: L'abus d'alcool est
dangereux pour la santé
Les acteurs font ce qu’ils peuvent et c’est triste de voir passer Courtney Cox, dont la carrière est au point mort depuis quelques années, dans un rôle de passe-plats dont l’unique bénéficiaire est Adam Sandler, mauvais comme rarement, qui en fait des tonnes et qui se veut explicatif à tout moment comme dans un téléshopping doublé.
Même si ce long-métrage s’adresse aux très jeunes, il serait bon de ne pas les prendre pour des crétins. Ce film est trop facile et peu intéressant au final. C’est dommage car l’idée de départ est plutôt intelligente.
°
02 janvier 2009
Madame edouard - Film de Nadine Monfils
Madame Edouard
Film de Nadine Monfils (2003)
Avec
Michel Blanc
Didier Bourdon
Dominique Lavanant
Durée: 1h37 - Distribution: Noé Productions
Dans une petite ville de Belgique, un serial killer bute des jeunes filles qu'il abandonne derrière des tombes d'amateurs d'art. Le concept étant particulier, le commissaire Léon va enquêter afin de résoudre ce mystère. Il évolue dans un univers singulier peuplé de personnages hauts en couleur. Ainsi, on croise une pute alcoolique à la répartie cinglante (Dominique lavanant), une secrétaire excentrique (Josiane Balasko), la mère du commissaire (Annie Cordy) fan d'objets-cadeaux hideux très moches dont un battant de toilettes qui laisse découvrir quand on livre une photo peu flatteuse... d'Annie Cordy. Le personnage le plus surprenant est Irma (Didier Bourdon), un travelot ménager qui retrouve sa fille.
Voici une histoire très intéressante et même originale qui mèle un polar plutôt classique et une forte de dose de surréalisme. Les quelques premières minutes accrochent véritablement tant l'accroche est surprenante. Michel Blanc a un rôle juste et passionnant. D'un autre côté, Didier Bourdon, époustoufflant, joue un rôle quelque peu désenchanté d'un père qui a changé d'identité sexuelle mais dont le destin va basculer. Seulement, les deux histoires parallèles se freinent mutuellement tant le rapport entre les deux met du temps à s'installer. Pire, le film tend à perdre du rythme et de la logique avec une dérive vers un sens de l'absurde déguisé qui rend l'histoire quelquefois indigeste.
C'est bien le seul défaut, certes assez important, de ce joli film servi par des acteurs avec un Michel Blanc au mieux de sa forme en tête qui joue donc ce commissaire flegmatique mais tous les seconds rôles sont intéressants jusqu'au clin d'oeil de retrouver dans le rôle du corbeau au téléphone un certain Bénabar qui signe également la BO de ce film.
Et là aussi, c'est le point fort de ce film. En effet, la BOF colle parfaitement à l'ambance de l'intrigue qui tire presque à certains moments dans l'exhibition de foire avec des personnages à la psychologie tortueuse même si au premier regard, on ne le remarque peut-être pas. Le personnage joué par Dominique Lavanant par exemple, mais aussi celui d'Andréa Ferreol qui est en quelques sortes son adversaire, cache une tristesse et une lassitude merveilleuse. C'est la logique de ce film charmant et décalé dont la note est originale et drôle. une curiosité.
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