30 décembre 2008
Charlie et la chocolaterie - Film de Tim Burton
Charlie et la chocolaterie
Film de Tim Burton
Avec
Johnny Depp
Freddie Highmore
David Kelly
Durée: 1h56 - Distribution: Warner Bros
Dans une ville mystérieuse, une famille vit dans une maison totalement bancale où l'argent ne coule pas à flots. La famille en question se compose de Charlie, de ses parents et de ses grands-parents qui ont la particularité de vivre tous les quatre dans le même lit.
A quelques centaines de mètres se trouve l'usine de chocolat de Willy Wonka (Johnny Depp), personnage excentrique qui vit reclus. Un jour, celui-ci décide de lancer un concours qui permet de gagner une visite de l'usine et les gagnants sont... Cinq enfants: un gros allemand qui mange tout le temps, une bête à concours qui mâche du chewing-gum, une fille à papa, un sale gosse très désagréable et Charlie. La visite peut alors commencer.
Charlie et la chocolaterie est un conte de Noël féerique à la mise en scène très soignée et à l'image particulièrement belle. Il faut dire que Tim Burton s'est surpassé, il nous donne un rendu absolument parfait et en prime, une ambiance si originale que l'on ne retrouve que dans ses films, à quelques exceptions près. Johnny Depp reste le plus grand en nous montrant qu'il peut absolument tout jouer même un clone de Mickaël Jackson absolument allumé.
Le scénario repose sur une base un peu systématique qui consiste à aller de salles en salles en éliminant un à un les paricipants mais le tout est amené avec beaucoup de finesse, n'hésitant pas à utiliser le flash-back par exemple, en dévoilant une partie d'une enfance bizarre et inquiétante. On s'y amuse beaucoup, on chantonne les chansons des Umpa-Lumpa (L'acteur qui les joue tous est assez extraordinaire) mais cela permet deux types de lecture, l'une pour les enfants et l'autre pour les parents.
Charlie et la chocolaterie est un divertissement dans le sens le plus noble du terme, mêlant humour et émotion. C'est un film à voir et à revoir autant pour les acteurs, les décors merveilleux et l'histoire troublante et charmante.
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29 décembre 2008
Madagascar 2 - Film de Tom MC Grath et Eric Darnell
Madagascar 2
Film de Ton Mc Grath et Eric Darnell
Avec les voix de (VO et VF):
Ben Stiller (José Garcia)
Chris Rock (Anthony Kavanagh)
David Schwimmer (Jean-Paul Rouve)
Durée: 1h35 - Distribution: Dreamworks
Le lion Alex (José Garcia), le zèbre Marty (Antnony Kavanagh), la girafe Melman (Jean-Paul Rouve) et l'hippopotame Gloria (Marina Foïs) sont de retour mais cette fois, ils sont en Afrique et veulent retourner dans leur zoo de Central Park. Ils vont pour cela utiliser un vieux navion rafistolé par des singes mais malheureusement, l'avion en question va s'abîmer en pleine jungle, non loin d'une réserve naturelle où vivent les parents d'Alex. C'est donc l'occasion de retrouvailles émouvantes et d'une bataille de territoire. C'est l'occasion aussi de redécouvrir ses amis.
Il est vrai que l'on s'amuse forcément devant cette animation agréable bien que l'ensemble ne soit pas d'une originalité folle. Le film est la suite du premier volet. Et là, je tiens à m'arrêter deux secondes car j'ai vu le premier épisode et je me suis rendu compte soudainement que j'avais totalement oublié que ce film avait existé. En effet, il y eut un premier numéro mais ça ne m'avait pas du tout marqué.
Au delà de ça, ce n'est pas véritablement grave d'oublier le premier épisode car une sorte de rappel a lieu au début et permet de se remettre dans le bain.
Peut-on tout de même trouver un intérêt à ce film? Oui, bien sûr car comme je le précisais plus tôt, cette suite est loin d'être déshonorante mais tout ceci fonctionne sur le même postulat que pour le premier Madagascar alors bon, forcément, il y a une certaine déception. C'est une sorte de match retour puisque le but ici est de retourner aux Etats-Unis et les animaux-stars s'amusent et derrière eux, les doubleurs aussi. En revanche, la version française est quelque peu ratée avec des dialogues pas toujours subtils et des blagues téléphonées sur le mode complicité qui m'exaspère tant quand on les retrouve dans nos fictions françaises.

On prend les mêmes et on recommence
L'intrigue en elle même perd un peu de rythme arrivé au milieu du film, ce qui est dommage. Tout est bien formaté, les personnages sont gentils et attachants, le graphisme est plutôt soigné et change un peu de ce que fait Disney mais le deuxième Madagascar est un peu comme le premier, oubliable.
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26 décembre 2008
Les Daltons en cavale - Film de Morris, Hanna et Barbera
Les Daltons en cavale
Film de Morris, Hanna et Barbera (1983)
Avec les voix de
Jacques Thebault
Roger Carel
Pierre Tornade
Durée: 1h30 - Distribution: Gaumont
Les Dalton se sont encore échappés, ça devient une habitude. Alors, qu'est ce que va faire Lucky Luke. Ben, il va les poursuivre. Cette course va mener nos joyeux protagonistes aux frontières du Canada, du côté de chez Ma Dalton mais aussi en liberté conditionnelle. L'aventure permet aux dessinateurs de faire plaisirs aux fans purs et durs de la bande dessinée et fait germer une larme de nostalgie à ceux qui se rappelle de la série télé avec le générique "Bang Bang Lucky Luke" interprété par Jacques Cardona, disparu récemment.
Il faut dire que Lucky n'a pas toujours eu de chance au cinéma, que ce soit en dessins animés ou dans une version avec des vrais acteurs (Terence Hill ou Eric et Ramzy en Daltons), l'inspiration n'était pas au RDV. Ici, nous sommes face à une histoire rallongée comme rarement qui aurait certainement fait un sympathique petit épisode de 26 minutes mais en aucun cas un film aussi long. Morris, aidé ici par Hanna et Barbera, signe un mix entre deux albums de la série: la ballade des Dalton (qui avait lui aussi été transcrit au cinéma) et Ma Dalton mais le résultat n'est pas vraiment réussi. L'intrigue change de sens plusieurs fois et ne démarre jamais véritablement. Le tout se regarde bien sûr si on est indulgent (et comme c'est les fêtes, je le suis).
Il est donc drôle, car il n'y a pas grand chose à faire, de repérer les voix-off. Ainsi, c'est Jacques Thebault qui fait la voix de Lucky Luke avant que ce soit Gérard Rinaldi puis Antoine De Caunes qui s'y collèrent pour les deux séries télé. On retrouve également par ordre de grandeur Pierre Trabaud, Jacques Balutin, Gérard Hernandez et Pierre Tornade pour les Dalton, Roger Carel en pilotage automatique pour Jolly Jumper, Perette Pradier pour Ma Dalton et enfin Bernard Haller pour Rantanplan. Une bien belle distribution donc pour un film qui manque beaucoup d'intérêt tant l'ensemble est facile et sans imagination; la preuve: les doubleurs sont réutilisés pour d'autres personnages. C'est vraiment dommage car quelques gags sont plutôt sympas (le running gag du cougar) mais c'est répétitif autant pour les blagues que pour les scènes qui sont quelquefois carrément réutilisés. Tout ceci a un parfum surrané du particulièrement au graphisme peu évolué.
La cavale des Dalton est un petit dessin-animé un peu long malgré la durée modeste, oubliable mais bon, ça se regarde avec une dose d'indulgence terrible sinon on n'en vient pas à bout.
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25 décembre 2008
Les enfants de Timpelbach - Film de Nicolas Bary
Les enfants de Timpelbach
Film de Nicolas Bary (2008)
Avec
Raphaël Katz
Martin Jobert
Léo Legrand
Durée: 1h32 - Distribution: Pathé
A Timpelbach, les enfants font la loi et aussi beaucoup de bêtises, au point que ça en devient totalement insupportable. Les parents décident alors par décret de les abandonner une journée histoire de leur faire comprend qu'il y a un moment, il faut prendre sur soi. Les petites terreurs se retrouvent alors seuls et doivent gérer cette absence. Deux groupes se dégagent, des gentils qui font vivre le village mené par Manfred (Raphaël Katz), Marianne (Adèle Exarchopoulos) et Thomas (Léo Legrand) et des méchants, se nommant rapidement les écorchés, menés par le terrible Oscar (Baptiste Bétoulaud) et le sournois Willy (Martin Jobert). Une bataille va alors s'engager pour la prise de contrôle du village. Malheureusement, l'escapade parentale tourne au vinaigre quand ceux-ci se font enlever par une armée qui passait par là menée par l'effrayant Igor (Gérard Depardieu).
Alors déjà, les fans de Depardieu, ne vous affolez pas, on ne le voit quasiment pas. C'est également le cas des autres personnages adultes du film dont Armelle, très bien en instit perverse, Thierry Desroses - déjà vu dans PJ - dans un rôle d'abbé musclé et Carole Bouquet, dont je n'ai toujours pas compris la présence dans le film - mais quel est donc l'intérêt et l'utilité de son rôle? - les héros ici sont à juste titre les enfants et ils font ça très bien.
On peut d'ores et déjà mettre en avant dans ce film de Noël quelques enfants brillant. la palme revenant certainement à Martin Jobert, qui apparaissait jusque là dans quelques téléfilms et quelques pubs, qui incarne un gamin blessé par le peu d'intérêt que lui porte sa mère à la cuisse légère. Ce personnage vaut d'ailleurs une des meilleures répliques du film: "Retourne dans les jupes de ta mère... Si ya pas déjà quelqu'un dedans". Je parierai que l'on entendra parler de lui d'ici peu.
Sinon, mettons en avant, le petit Harry Potter... pardon... Raphaël Katz qui incarne un anti-héros sympathique mais aussi chez les filles Adèle Exarchopoulos dans une sorte de femme forte version prépubère mais également Ilona Bachelier qui apparaissait déjà dnas le très joli Nos jours heureux.
L'histoire en elle-même a un goût de réchauffé. Des gamins abandonnés à leur propre sort, on l'a déjà vu dans Maman j'ai raté l'avion, le schéma est lui aussi peu original mais l'ensemble est d'une telle vigueur, d'une telle fraîcheur que l'ensemble se suit avec un réel intérêt et un amusement absolu. La mise en scène et énergique, l'image soignée et les dialogues intelligents. Le film est intéressant sur plusieurs points. Tout d'abord, il s'adresse aux enfants mais ne s'empêche pas la subtilité (cela manque quelquefois dans certains films), les méchants enfants sont méchants mais ils ont leurs raisons. Néanmoins, on ne s'y attarde de manière lourde. Ensuite, l'intrigue ne connaît pas de points morts et quand on s'adresse à un public jeune, c'est assez important. Enfin, même si je le répète il y a un petit air de déjà vu, l'oeuvre par ses dialogues et sa mise en scène dépoussière ce comte qui aurait très bien pu apparaître plat à l'écran.
Alors, bon, c'est Noël donc on est en droit de se faire plaisir et de regarder ce joli film plein de bons sentiments et bien mené. Et même si vous n'êtes pas un enfnat, c'est tout de même un plaisir qu'il ne faut pas bouder. Joyeux Noël.
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23 décembre 2008
Burn after reading - Film d'Ethan et de Joël Coen
Burn after reading
Film d'Ethan et de Joël Coen (2008)
Avec
George Clooney
John Malkovitch
Frances Mc Dormand
Durée: 1h35 - Distribution: Studio Canal
Que se passe t-il quand Cox, un analyste de la CIA se fait muter dans un département qu'il n'a pas désiré? Eh bien, il démissionne et s'en va rédiger ses mémoire rien que pour emmerder la-dite CIA. Malheureusement, les mémoires en question se perdent en route et aterrissent dans un club de fitness où Linda, une employée à la recherche d'amour et de nouveaux seins (Frances Mc Dormand) et Chad, un demi-crétin pas sorti de l'adolescence (Brad Pitt) vont se servir du document pour faire chanter l'analyste. Cette banale histoire de chantage tourne au vinaigre car l'incompétence des deux maîtres-chanteurs est incommensurable. De plus, Harry Pfarrer (George Clooney), proche de la famille de l'analyste vu qu'il se tape sa femme, devient proche de Linda pour les raisons déjà évoquées, l'ensemble devient très compliqué; à tel point que le chef des services secrets (JK Simmons) se sent lui-même un peu dépassé.
Il faut le dire, ma dernière expérience avec les frères Coen n'avait pas été concluante. Je m'étais même carrément ennuyé. Ici, la bande-annonce m'ayant donné rudement envie, je me suis qu'il fallait être ouvert et bon, tant pis si ça ne me plait pas. Et là, ce fut une plutôt bonne surprise. Les frères Coen proposent une plongée plutôt bizarre dans la vie de plusieurs personnes que l'on peut ranger dans deux catégories: les services secrets et les gens qui prennent soin de leur apparence. Comme ça, ça peut paraître particulièrement bizarre mais il n'en est rien, bien que le film souffre un peu de cette presque dichotomie.
Ici, on est face à quelque chose de subtil (quelquefois même un peu trop) qui met en avant des anti-héros totaux: entre l'analyste vengeur (John Malkovitch), un marshal obsédé par le sport (George Clooney), une prof de fitness obsédé par sa vieillesse proéminente selon elle (Frances Mc Dormand) et un coach sportif affublé des cheveux de George Mickael à la grande époque du groupe Wham (Brad Pitt), le moins que l'on puisse dire, c'est que les frères Coen n'y vont pas de main morte quand il faut parler de psychologie.
Alors, bien sûr, les acteurs jouent un grand rôle dans la réussite de cette comédie. Et devant tout le monde, il faut citer Brad Pitt dans un rôle d'idiot qui lui va comme un gant, si bien qu'il mériterait largement un oscar pour un second rôle (si, si!), John Malkovitch est génial dans ce rôle d'analyste remercié par le FBI et devenant peu à peu paranoïaque.
La paranoïa est d'ailleurs l'un des sujets de ce film tonique et remuant où l'humour n'est pas absent. Eloignez les enfants d'ailleurs car les gags sont quelquefois en dessous de la ceinture, Ce n'est pas Max Pecas non plus mais le meilleur gag du film réside dans l'invention créée par George Clooney; ça me fait beaucoup rire mais vous le savez, je suis très pipi-caca... Burn after reading est un film assez jouissif même s'il a une fâcheuse tendance à devenir abscons arrivé à mi-parcours. il n'empêche qu'on y prend un réel plaisir.
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22 décembre 2008
Agathe Cléry - Film d'Etienne Chatillez
Agathe Cléry
Film d'Etienne Chatillez (2008)
Avec
Valérie Lemercier
Isabelle Nanty
Dominique Lavanant
Durée: 1h53 - Distribution: Pathé
Agathe Cléry (Valérie Lemercier) est une raciste d'envergure mais elle vient d'être bombardée directrice du marketing d'une grosse boîte de cosmétiques, comme quoi y a pas de justice. Mais attention, c'était sans compter une maladie mystérieuse qui rend sa peau de plus en plus noire, ce qui pour une raciste vous en conviendrez est un cauchemar, un cauchemar très con, mais un cauchemar quand même. Elle voit dès lors sa vie basculer: son mec la quitte, son patron (Jean Rochefort) la vire, son propriétaire veut la mettre dehors donc elle se rend compte que, oh la la c'est dur d'être une personne de couleur dans ce vilain monde avec des vilains méchants racistes pas beaux qui font rien qu'à l'embêter. Heureusement, l'amour va surgir sous les traits d'Anthony Kavanagh... eh oui, un malheur n'arrive jamais seul.
Le postulat de départ ne manque pas d'intérêt: une raciste doit se mettre à la place des gens qu'elle maltraite à longueur de temps pour se rendre compte qu'elle est une grosse conne et qu'il y a rien de mieux que la diversité. Jusque là, pas de problème, je signe et je ressigne. Mais pourquoi donc Etienne Chatillez a t-il décidé de massacrer ce beau sujet pour en faire une dénonciation bétasse, schématique et maladroite? Ici, c'est le croisement de la pub pour la MAAF et d'un message de SOS racisme dans les années 80. C'est d'une bêtise incommensurable car le scénario passe totalement à côté du problème. Tous les poncifs du genre se succèdent (danse africaine, regard des autres, blagues racistes qui font plus rire quand on comprend la douleur qu'elle provoque) avec un tel manque de subtilité qu'on se demande bien si Chatillez voulait defendre ou descendre son sujet. De plus, le côté comédie musicale qui aurait dû donner le décalage approprié rend l'ensemble encore plus pataud et, il faut bien le dire, ralenti l'ensemble de manière inexorable.
De mon côté, j'étais gêné de voir ce truc à l'écran. Je suis profondément contre le racisme (si vous vous en étiez pas encore apperçu) et c'est une tournure d'esprit que j'ai honnêtement du mal à concevoir. Je crois que ce genre de sujet peut-être traité par la comédie comme dans Rabbi Jacob par exemple, à condition d'y mettre toute la subtilité possible.
Le sujet est maltraité et les acteurs y font ce qu'ils peuvent. Valérie Lemercier crie beaucoup et se confond en simagrés quelque peu épuisantes au bout d'un moment, Isabelle Nanty prend son air étonné n°2 et n'en change pas du début à la fin, Jean Rochefort apparaît - malheureusement pour lui - dans un rôle de patron hilare dont le but n'est pas véritablement précisé, Anthony Kavanagh remplit un rôle absolument inutile de passe-plats d'une cause massacrée. Seule Dominique Lavanant s'en sort honorablement dans ce rôle de maman prévenante. De plus, les dialogues ne nous épargnent aucun des stéréotypes du genre et les blagues qui y sont incorporées aurait fait rougir Coluche qui lui savait montrer son second degré.
La bêtise ne s'arrête pas aux poncifs. Non, non, on peut aller plus loin... Et Chatillez y va. Il se dit: "Si des DRH se permettent de ne pas prendre des gens de couleur, pourquoi une boîte avec des gens de couleurs ne serait pas raciste elle aussi". Et là, à l'instant, on touche le fond du schématisme, la lie du truc nauséabond sur le grand air de "La vie c'est pas si simple, y a des racistes partout". Jusque là, le spectateur arborait un sourire gêné, maintenant il ne rit plus.
Ici, on est dans une dénonciation niaise d'une société où le racisme est partout mais si c'était si simple... Et c'est ça le problème, si le film ne s'appelait pas Agathe Cléry, il aurait pu s'appeler Le racisme pour les nuls. On se permet des raccourcis affolants qui touche à un problème grave et qui se permet de baisser le niveau de manière complaisante car les gens, le Gérard moyen, ne comprendra pas si on est subtil. Ca s'appelle une insulte et même si le film compte quelques moments mignons, l'ensemble est si maladroit qu'il ne vaut même pas la peine d'être regardé.
J'écoute le merveilleux "Rock around the bunker" de Gainsbourg pendant que j'écris cette critique. L'album se trouve être conceptuel: il parle de l'antisémitisme - qui est une sorte de racisme que Serge Gainsbourg a bien connu - et c'est fait avec beaucoup de dérision: le but de Serge est de parler d'un sujet dur en prenant la place d'Hitler et en utilisant une musique décalée provenant directement d'un saloon et des choeurs absolument géniaux de filles évaporées. C'est tout ce que n'a pas su faire Chatillez: dénoncer avec intelligence, provocation et paradoxalement un respect terrible du sujet car effectivement le rire est une arme de défense massive et celà l'a toujours été, j'en suis intimement persuadé... sauf qu'il faut du talent pour ça et Chatillez l'a a priori perdu.
°
19 décembre 2008
Garde à vue - Film de Claude Miller
Garde à vue
Film de Claude Miller (1981)
Avec
Lino Ventura
Michel Serrault
Romy Schneider
Durée: 1h25 - Distribution: Ariane Films
C'est le réveillon du nouvel an mais l'inspecteur Antoine Gallien (Lino Ventura) est présent pour régler une histoire glauque de viol sur deux petites filles. Le suspect est Jérôme Martinaud (Michel Serrault), notaire dans une petite ville de province. On va alors demander à ce notaire de se présenter mais l'entrevue tourne rapidement à la garde à vue et même au dérapage à cause de l'inspecteur Belmont, flic violent et désenchanté. L'affrontement est à son comble, on démonte l'histoire jusqu'à ce que la mystérieuse et terriblement belle Madame Martinaud (Romy Schneider) pointe le bout de son nez pour donner quelques détails qui relance l'affaire dans le sens que voulait Gallien.
J'ai vu ce film il y a bien longtemps en cassette vidéo et la plupart du temps, comme beaucoup, quand j'ai vu le film, j'efface la cassette. Ici, je l'avais garder précieusement en essayant d'oublier la fin pour reprendre une bonne claque dans la gueule; car ce film en est une.Cette confrontation âpre, douloureuse et tendue donne la art belle à une mise en scène minimaliste se basant sur un huis-clos prenant et permettant quelques sorties, comme des intermèdes, qui invite à souffler. L'utilisation du flash-back en terme de plan fixes ou de travellings très courts donnent du rythme et donne à ce film un ensemble particulièrement savoureux.
Les acteurs sont brillants comme rarement. Lino Ventura est génial dans ce rôle de film parfait mais plein de certitudes - le scénariste d'ailleurs en fait un personnage compliqué, difficile à suivre et surtout pas parfait, ce qui fait du bien - Michel Serrault, à l'époque en contre-emploi, officie dans un rôle de notaire à la dérive, n'oubions pas non plus Romy Schneider d'une discrétion et d'une retenue formidable et Guy Marchand - dont le personnage disparaît au milieu du film - dans le rôle d'un flic nerveux et à la limite du ripou. Précisons enfin qu'on voit apparaître Elsa dans le rôle de la petite fille.
L'ensemble est dialogué par Audiard, ce qui nous permet d'approfondir encore un peu plus la psychologie des personnages car c'est véritablement le point fort de ce film prenant et émouvant jusqu'au bout. C'est certainement l'un de mes films préférés car en plus de raconter une histoire, l'oeuvre est intelligente et subtile.
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18 décembre 2008
Hook ou la revanche du capitaine Crochet - Film de Steven Spielberg
Hook ou la revanche du capitaine Crochet
Film de Steven Spielberg (1992)
Avec
Robin Williams
Dustin Hoffman
Julia Roberts
Durée: 2h15 - Distribution: Tristar
Notre Peter Pan (Robin Williams) a bien changé, il est vieux, bedonnant, binoclard et pas drôle du tout. En plus, il est devenu avocat et avant il était comptable (pourtant, j'aime bien les comptables... Et aussi les avocats). Ses enfants (Charlie Korsmo et Amber Scott) ne le supportent plus et ce n'est pas ces fêtes de fin d'année qui vont arranger les choses dans la mesure où Peter est toujours autant attaché à son portable. Wendy essaie de lui faire comprendre que ce n'est pas comme ça que l'on vit mais peter ne veut rien comprendre... jusqu'à ce que le capitaine Crochet (Dustin Hoffman) refasse son apparition pour enlever les enfants de Peter. il va devoir alors faire confiance à la fée clochette (Julia Roberts) pour récupérer et ses gamins, et sa vraie identité.
Quel plaisir de revoir ce film qui fut l'un des premiers que j'ai pu voir au cinéma (j'avais onze ans, c'est fou) avec une distribution absolument prodigieuse et en tête Dustin Hoffman bluffant en capitaine Crochet, Julia Roberts et Robin Williams complètent le haut de l'affiche dans des rôles tendres, totalement formatés par l'industrie Walt Disney mais tout de même, quelle efficacité. Robin Williams était dans sa très bonne période où on y croyait encore (il y a même une référence à Good morning Vietnam), Julia Roberts n'en fait pas trop et reste en retrait face aux deux acteurs principaux. Il faut également citer la toujours géniale Maggie Smith dans le rôle de Wendy, Bob Hoskins en M. Mouche mais également l'apparition rigolote de Phil Collins dans le rôle d'un inspecteur et de, ça il fallait s'en rendre compte, Gwyneth Paltrow dans le rôle de Wendy jeune.
L'histoire en elle-même suit en grande partie le classicisme du film d'apprentissage à savoir un personnage qui doit passer par la compréhension des difficultés qu'il connaît avec les autres, par une réflexion sur soi-même, le passage d'épreuves avec l'aide d'autres (ici, le fée clochette) et enfin la réussite et la compréhension du problème sus-nommé et la résolution. Oui, la théorie ne fait jamais de mal mais ici, Spielberg s'en sort sans difficultés et sans se trouver dans les chemins balisés grâce à une inventivité sur les scènes de combats (même si le combat pirates/enfants n'est pas vraiment convaincant) et des rebondissements plutôt intéressants grâce à une utilisation des personnages, particulièrement les enfants, plutôt intelligente.

Ca plane pour lui (oui oui oui oui)
Et puis, il faut bien le dire, qu'est ce que ça fait du bien de retomber en enfance! Hook est une petite merveille de féerie et de tendresse. C'est un divertissementréjouissant et qui met la larme à l'oeil en mettant en avant la fraternité et l'entraide, des notions pas toujours évidentes aujourd'hui malheureusement. Cela faut quelquefois du bien d'aller se réfugier en enfance.
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16 décembre 2008
Arac attack les monstres à huit pattes - Film d'Ellory Elkayem
Arac Attack les monstres à huit pattes
Film d'Ellory Elkayem (2002)
Avec
David Arquette
Kari Wuhrer
Scott Tera
Durée: 1h38 - Distribution: Warner Bros
Joshua vend des arraignées exotiques mais celles-ci ont malheureusement connu les affres de la mutation génétique à cause d'un méchant entrepreneur certainement (comme ici) mais aussi d'un chauffeur qui a voulu éviter un lapin et qui dès lors a déchargé par accident un fut toxique (le chauffeur pas le lapin, suivez un peu voyons!) C'est un gamin malicieux (Scott Tera) incompris de tout le monde - sa mère y comris (Kari Wuhrer) - et seul qui va se rendre compte du drame, il va être aidé par Scott (David Arquette), le fils prodigue du coin qui revient après dix ans d'absence. L'ensemble de la ville va donc être envahie progressivement par des arraignées tueuses qui vont pousser les habitants jusqu'à un centre commercial pour l'assaut final.
Cette production Warner Bros (car Warner fait aussi dans la série B avec des acteurs peu connus) est plutôt alléchante sur le papier. Je ne sais pas si vous avez un peu détaillé l'affiche mais l'ensemble est particulièrement grotesque. Surtout, notre ami David Arquette (le frère de Rosanna) qui n'a pas été gâté par le graphiste. Nous sommes donc face à un film d'horreur à base d'arraignées mutantes qui bouffent les gens, les bouledogues, les chats, les autruches (d'ailleurs le réalisateur a quelque chose avec le découpage d'animaux) et tout ce qui peut leur passer par les papattes. Premier indice donc pour comprendre le but du film.
Voici un deuxième indice: Cela peut paraître dommage que le scénariste ne se soit pas véritablement cassé la tête en ce qui concerne les personnages. On est dans le stéréotype comme rarement: le gamin intelligent et mignon qui résout l'enigme, la soeur en pleine crise d'adolescence (interprétée par Scarlett Johansson, si, si!), la mère flic qui les regarde grandir, secrètement amoureuse du baroudeur de retour et le maire qui est une vraie saleté. Plus calibré, on ne peut pas. Les protagonistes d'Arac Attack ont tout droit l'air de sortir d'un téléfilm de l'après-midi pour TF1. De ce côté-là, c'est complètement inintéressant. Seul l'animateur-radio prophétique est plutôt pas mal quoique son utilisation ne soit pas d'une originalité folle, n'empêche, il est véritablement décalé, tout comme le film. Mais tous ces personnages fadasses cachent quelque chose voyons... Quelque chose de plus intelligent qu'il n'y paraît.
Bien que les scènes suivent un rythme quelconque au début, dommageable pour ce genre de film mais le but est ici de rendre un hommage appuyé à toutes les séries B des années 70 et 80 spécialisées dans l'insecte mutant et la bestiole tueuse d'hommes comme Arachnophobia, Les Fourmis ou même Les dents de la mer. On pense également à Des serpents dans l'avion mais en toutefois moins déjanté. N'empêche, quelques scènes sont plutôt réussies après un début de film un peu lent et hésitant. La scène de poursuite avec les motos est très convaicante et à partir de cette scène, l'action et les personnages s'installent progressivement avec beaucoup de bonheur.
L'ensemble, convenons-en, est plus drôle qu'effrayant comme les Gremlins mais Arac Attack est une série de clins d'oeil de genre: la difficulté d'utiliser ces clés au moment propice (comme au début de La cité de la peur) revient trois fois, le zigouillage de petits animaux, prémices de dégâts humains plus graves et plus étendus ou encore le rassemblement de toute la population pour la scène finale (comme dans pas mal de vieux films et même dans des films plus récents comme The Mist.) Tout est tourné en dérision avec beaucoup de bonheur (même une scène d'amour pilonnée par l'un des deux protagonistes) on pourrait juste regretter que le film mette un peu de temps à démarrer. C'est une bonne surprise.
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15 décembre 2008
L'emmerdeur - Film de Francis Weber
L'emmerdeur
Film de Francis Weber (2008)
Avec
Patrick Timsit
Richard Berry
Pascal Elbé
Durée: 1h26 -Distribution: TFM
François Pignon, photographe de presse, a bien l'intention de se suicider dans la mesure où sa femme (Virginie Ledoyen) l'a quittée pour son psychanaliste (Pascal Elbé). Au même moment, Ralph Milan (Richard Berry) cherche à buter Randoni, qui a des infos ma foi fort intéressantes sur ses patrons. Pas de chance pour lui, le suicidaire précédemment évoqué a une chambre contigüe à la sienne et s'avère être un incroyable emmerdeur. Milan va donc avoir beaucoup de mal pour se concentrer et accomplir sa tâche correctement, d'autant plus que le camion qui transporte Randoni a du retard.
Francis Weber remet le couvert - on ne sait pourquoi, des impôts à payer certainement - avec cette comédie datant d'il y a 35 ans, avec dans les rôles principaux à l'époque Lino Ventura et Jacques Brel. Ici, c'est le tandem Richard Berry / Patrick Timsit, déjà apperçu dans Pédale douce. La critique n'est pas bonne du tout apparemment, ce qui peut forcément refroidir. Pour mon retour dans une salle obscure, je me devais donc de faire la part des choses, ce que je vais faire.
Le film est une gentille petite comédie qui ne mérite certainement pas le monceau de critiques qui lui est tombé en travers de la gueule. Il doit y avoir une sorte de cabale contre Francis Weber parce que ça fait des entrées comme il y aura une cabale contre Dany Boon quand il sortira son prochain film, sinon comment pourrait-on expliquer le fait que L'emmerdeur soit projeté dans l'une des plus petites salles de l'UGC ciné-cité des Halles? Ici, le film est bel et bien un sympathique retour de François Pignon dans le rôle cette fois-ci d'un chieur hors-catégorie bien décidé à pourrir involontairement la mission d'un (mal)honnête tueur.
Le jeu souffre bien sûr d'un sur-jeu atroce comme dans beaucoup de films de Weber. Bien que Richard Berry s'en sorte tout à fait honorablement, on a un peu mal pour lui quand il part dans des scènes grand-guignolesques pas toujours indispensables. l'humour marqué ne lui va décidément pas. De même, Timsit a tendance à fatiguer un peu à certains moments dans son rôle de geignard tant il appuie dessus. N'empêche, les gags proposés sont dans l'ensemble efficace et très bien interprêtés. On regrettera cependant que certains de ces gags soient si répétitifs; le comique de répétition, c'est bien cinq minutes. Il ne faudrait en aucun cas oublier les rares seconds rôles avec en tête Michel Aumont (perpétuellement en participation exceptionnelle dans tous les films auquel il participe) et Laurent Paolini en garçon d'étage serviable.
Le rythme ne se perd presque jamais malgré une tendance au grand n'importe dans le dernier tiers du film, ce qui donne l'impression que Francis Weber a rallongé la sauce péniblement pour arriver à une heure et demi de film, l'ensemble reste cependant très honorable et divertissant même si j'ai bien peur qu'on oublie la majorité des détails. D'ailleurs, en voilà un (de détail) qu'on oublie pas. A un moment, Richard Berry bouscule un homme dans la rue. d'ailleurs, la scène est bizarre car elle semble durer un peu, de manière imperceptible et n'a pas l'air d'être si importante. C'est normal, l'homme bousculé, c'est Francis Weber. A voir comme ça, pour le plaisir.
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