Le ciné de Gaël

Je vous invite à entrer dans mon monde cinématographique qui se veut ecclectique. Que ce soient des films qui viennent de sortir ou des films plus anciens, je parle de tout!

25 novembre 2008

Vilaine - Film de Jean-Patrick Benes et Allan Mauduis

Vilaine_afficheVilaine
Film de Jean-Patrick Benes et Allan Mauduis (2008)

Avec
Marylou Berry
Frédérique Bel
Pierre-François Martin-Laval

Durée: 1h33 - Distribution: SND

Mélanie est serveuse dans un restoroute, pas forcément gâtée par la nature et terriblement gentille. A tel point qu'elle se laisse marcher sur les pieds par tous ses proches. De sa cousine Aurore (Frédérique Bel) à sa mère (Chantal Lauby) en passant par Martinez, son patron (Pierre-François Martin-Laval), tous le monde profite de cette gentillesse même si sa grand-mère (Liliane Rovère) tente tant bien que mal de lui faire comprendre que bon rime souvent avec con dans notre société. Tout bascule quand Aurore et ses copines montent un canular pour faire croire à Mélanie qu'elle a un amoureux secret. C'est cet évènement qui va servir d'électrochoc à Mélanie. C'est décidé, elle va devenir vilaine.

Vilaine est une comédie au scénario bien calibré sur le papier et qui marche pas mal dans la pratique. Grâce à quoi? Grâce à des acteurs bien choisis tels que Frédérique Bel dans un rôle de pétasse qui lui va comme un gant (un peu comme  Louise Bourgoin dans La fille de Monaco) ou encore Pierre-François Martin-Laval en patron perruqué. L'histoire est menée bon train grâce à une mise en scène rythmée et soignée, à des blagues qui atteignent leur cible. Ainsi, le running-gag du chat et une vraie réussite ainsi que celui du radiateur qui personnellement m'amuse énormément.

On a déjà connu Jean-Patrick Benes et Allan Mauduis comme scénariste dans Les dents de la nuit où le côté déjanté de l'ensemble fait écho à ce nouveau film. Nous l'avions déjà dit, il y avait clairement du recyclage dans ce petit film d'horreur mais ici, c'est encore plus visible. En effet, on retrouve quelques gags déjà vus dans d'autres films, on sent l'influence de La cité de la peur ou de Mary à tout prix (le générique de fin), mais le plus visible réside certainement dans le rôle tenu par Marylou Berry.

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Ben Affleck

Loin de moi l'idée d'ôter de l'importance et du talent à Marylou Berry qui monte en puissance dans le Box-office français mais le rôle de mélanie est exactement le même type de rôle que tenait Josiane Balasko il y a 25 ans. C'est assez troublant dès lors de regarder ce film et très difficile de ne pas penser à la maman quand on voit Marylou avec le même type de fringues, les mêmes coupes de cheveux ou les mêmes répliques. L'ensemble reste sympathique et on passe de très bons moments où le rire est fréquent avec la présence en prime de Thomas N'Gijol qui joue la valeur ajoutée engagée mais qui réussit à ne pas tomber dans le stéréotype (peut-être parce que celui-ci n'est qu'un rôle secondaire pas si présent). C'est un plaisir malgré quelques défauts non négligeables.

****

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24 novembre 2008

Musée haut, musée bas - Film de Jean-Michel Ribes

Mus_e_haut_afficheMusée haut, Musée bas
Film de Jean-Michel Ribes (2008)

Avec
Michel Blanc
Julie Ferrier
Philippe Khorsand

Durée: 1h33 - Distribution: Warner Bros

Un musée, une exposition d'art contemporain, un conservateur à houpette (Michel Blanc), un ministre de la culture rose (André Dussolier), un groupe de pequenots qui viennent pour la visite (dont Gérard Jugnot), une guide qui court (Julie Ferrier) et qui parle danois (merci Thibaut), un visiteur qui a perdu sa voiture (Daniel Prévost), une visiteuse fan de Kanslovski (Muriel Robin), un groupe de surveillants poètes (dont Fabrice Lucchini), une classe qui court en criant au milieu de l'expo et surtout une invasion végétale inquiétante, telle est l'histoire de ce film totalement barré.

Jean-Michel Ribes est l'heureux papa de Palace (qui est une merveille). Il signe ici une critique acerbe de la culture et de ceux qui la porte aux nues, qui font mine de la comprendre, qui y vont parce que tout le monde y va. C'est entièrement bizarre et la moquerie va jusqu'à la parodie totale. Ce film est réjouissant comme rarement et comme vous venez de le lire ci-dessus, il n'y a pas véritablement une intrigue mais c'est plutôt une fable qui permet de retrouver l'ambiance que l'on a connu dans Palace avec d'ailleurs une partie des acteurs de l'époque. Ainsi, on voit passer Valérie Lemercier en plein aphorisme, Eva Darlan ou encore le regretté Philippe Khorsand.

C'est aussi la richesse du casting qui rend le film délectable. En tête, Michel Blanc est parfait dans un rôle de conservateur ellitiste (un peu dans le même style que Christian Clavier/Jacquard), Dominique Pinon, Victoria Abril, Josiane Balasko en mère castratrice, Isabelle Carré - géniale en ravie de la crèche - dans le même groupe que Pierre Arditi, Gérard Jugnot, Laurent Gamelon et Chantal Neuwirth, Valérie Mairesse, François Morel, Yolande Moreau ou encore Annie Grégorio. On retrouve aussi des tous petits rôles que j'affectionne particulièrement comme Sophie Artur et Jean-Michel Ribes lui même, en train de pisser avec Dominique Besnehard...

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Ca, c'est Musée!

L'art est malmené avec délectation dans des saynettes géniales, un peu longues dans quelques cas mais ce n'est pas si grave, où pèle-mêle on est soi-même une oeuvre d'art, où on assiste à une expo de bites (hé oui), où un artiste tue sa mère pour la faire entrer dans la postérité. Le film est une bizarrerie réjouissante et décomplexée où l'art qui semble autoriser certains à toiser d'autres est donnée pour ce qu'il est à savoir une forme de langage complexe que tout le monde consomme avec avidité mais qui ne doit pas être mis brut entre les mains de tout le monde - et surtout pas entre les mains de ceux qui s'auto-proclament spécialiste. C'est une dérive que Jean-Michel Ribes attaque et il réussit brillamment à dénoncer des pratiques idiotes en passant par la parabole de la nature (le vrai art) qui reprend ses droits sur l'art d'aujourd'hui, matérialiste et souvent inintéressant. Les fans de Palace vont adorer, les autres vont peut-être pester comme cette vieille dame qui est sorti avant notre séance totalement déconfite. On peut voir ce film comme une oeuvre démago, je pense qu'il n'en est rien, c'est juste une mise au point intelligente et sensée.

*****

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20 novembre 2008

Absolument fabuleux - Film de Gabriel Aghion

absolument_afficheAbsolument fabuleux
Film de Gabriel Aghion (2001)

Avec
Josiane Balasko
Nathalie Baye
Marie Gillain

Durée: 1h45 - BAC films

Les années hippies et les années peace and love sont terminées il y a bien longtemps mais cela n'empêche pas Eddie (Nathalie Baye) et Patsy (Josiane Balasko) de vivre encore dans leur monde jalloné d'alcool, de fêtes dantesques et de réveils difficiles. Ce n'est pas toujours une situation simple pour Safrane (Marie Gillain) qui doit gérer sa mère mais aussi la copine de celle-ci. Autant les deux femmes sont inconstantes, autant Safrane a la tête sur les épaules et prépare Polytechnique. Un jour, Jonathan, un jeune livreur (Vincent Elbaz), fait intrusion dans leur vie et tourneboule la petite Safrane. C'est l'occasion d'un conflit ouvert entre la mère, la fille et la copine de la mère qui entre deux bad trips va draguer maladroitement Jonathan.

Bein avant que Josiane Balasko et Nathalie Baye se soient retrouvées dans Cliente, Gabriel Aghion les a entraînées dans cette adaptation hasardeuse de la cultissime (et pourtant très courte) série anglaise Absolutely fabulous. L'histoire reste la même, les personnages gardent bon an mal an les mêmes caractéristiques et l'idée y est. malheureusement, l'ensemble est plus inconstant que l'original même s'il ne manque pas d'intérêt. L'intrigue de départ est plutôt réussie mais s'essoufle faute d'imagination, de personnages inconséquents et de dialogues quelquefois explicatifs. La mise en scène est quelque peu schématique et suit sagement le principe de beaucoup de comédies françaises.

C'est vrai que c'est dommage car les acteurs s'ens ortent honorablement avec en tête Nathalie Baye en grande forme et une Josiane Balasko un peu mécanique mais convainquante. Marie Gillain en fifille idéaliste ne m'a pas complètement convaincu peut-être prisonnière d'un personnage difficile à manoeuvrer mais le film vaut surtout par sa gallerie de seconds rôles comme Claude Gensac en pleine figuration dans la peau de la mère de Patsy, Armelle en secrétaire téléphonophobe, Yves Rénier en papa pédé, Vincent Elbaz en livreur sexy qui fait ses armes ici en manquant de se faire violer par Nathalie Baye dans les petits fours et qui en profite un peu plus loin pour nous montrer son très joli cul.

Comme nous l'avons vu dans pas mal d'autres films, on retrouve une catégorie de guest-stars non professionnels dans le cinéma, ce qui n'est pas toujours un gage de qualité, ne l'aurais-je pas déjà dit... Ainsi, Chantal Goya vient cachetonner dans une auto-composition inutile, Stephane Bern fait de même sans beaucoup de talent (même expression, même ton que dans les pubs télé que celui-ci avait fait il y a quelques années) mais aussi pelle-mèle Catherine Deneuve, Jean-Paul Gaultier, Clarie Chazal et même la créatrice de la série originale.

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Balasko, Baye et Bécassine

L'ensemble perd donc du souffle dès la moitié du film en cherchant à prendre le virage de la comédie sinon sentimentale en tout cas profonde. Les personnages s'embourbent dans des positions un peu trop simplistes et dans des situations pas si intéressantes que ça. Ce n'est pas complètement raté bien sûr mais on aurait pu s'attendre à mieux avec le réalisateur de Pédale douce. C'est donc une demi-déception que cette comédie mais on le sait les adaptations de séries ne sont pas toujours des réussites.

**

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19 novembre 2008

The Duchess - Film de Saul Dibb

The_Duchess_afficheThe Duchess
Film de Saul Dibb (2008)

Avec
Keira Knightley
Ralph Fiennes
Charlotte Rampling

Durée: 1h50 - Distribution: Pathé

Georgiana (Keira Knightley) s'esbaudit avec ses petites camarades dans les pelouses anglaises en ce milieu de XVIIIème siècle. Arrive le jour où sa mère (Charlotte Rampling) lui annonce qu'elle va se marier avec le duc de Devonshire (Ralph Fiennes). Heureuse, elle part alors rejoindre celui qu'on lui a donné comme mari. Elle découvre alors un personnage plutôt désagréable qui va s'avérer être un homme distant et peu sympathique à son égard, lui qui ne la voit comme une poule pondeuse, incapable de surcroît d elui faire un héritier mâle. De plus, Georgiana va tomber raide dingue (shoking) de Charles Grey (Dominic Cooper) un gueux qui fait de la politique (re-shoking).

On retrouve un fonctionnement assez ressemblant à The Queen de Stefen Frears (que je n'ai toujours pas chroniqué ici, il, faudra que j'y pense) à savoir un ensemble assez austère qui représente bien une oligarchie britannique guindée. Le réalisateur a choisi une lumière froide très intéressante qui donne au personnage principal une consistance et une manière d'être tout à fait particulière. Keira Knightley le rôle de cette jeune noble qui découvre le cynisme des hautes sphères du royaume.

Car tout est dans ce terme, c'est le cynisme qui est ici au centre de l'histoire avec le personnage génial dans la méchanceté joué ici par un Ralph Fiennes au meilleur de sa forme mais il est vrai que c'est souvent le cas. La froideur et l'inhumanité que met le comédien dans son personnage révolte et c'est bien là qu'il sait y faire. On passe un moment génial où forcément, les sentiments sont mis à rude épreuve. Georgiana vit mal cette situation et tentera de se révolter avec peut-être l'une des plus belles scènes d'amour de ces dernières années en compagnie du terriblement sensuel Dominic Cooper. C'est d'ailleurs la tention sexuelle (il n'y a pas d'autres mots) qui permet au film de ne pas ronronner durant la deuxième partie, ce qui n'était malheureusement pas le cas dans la première.

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Elton John, sort de ce corps !!!

En effet, l'installation de la situation et des personnages est somme toute un peu lente malgré la présence en filigrane d'une Charlotte Rampling aussi discrète que parfaite. L'ensemble est donc plutôt réussi et donne un film historique efficace et agréable, charmant et fort. Malgré cette impression de lenteur pas si grave, le film reste un bon divertissement.

****

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18 novembre 2008

Bouquet final - Film de Michel Delgado

Bouquet_final_afficheBouquet final
Film de Michel Delgado (2008)

Avec
Marc-André Grondin
Didier Bourdon
Bérénice Béjo

Durée: 1h41 - Distribution: Gaumont

Gervais Bron (Didier Bourdon) tient une entraprise de pompes-funèbres tout près du Père Lachaise. Un endroit sympa donc où défilent des clients éplorés qui cherchent une dernière demeure à un être proche. Celui-ci brigue le poste de directeur commercial de la région Île de France. Malheureusement le nouveau patron américain a des méthodes américaines et ne souhaite pas Gervais à ce poste, jugé trop vieux. C'est un peu par hasard que Gabriel (Marc-André Grondin), pianiste un peu en recherche, hérite du poste sans trop le vouloir et part en stage un mois chez Gervais qui ne tarde pas à apprendre que celui-ci a hérité du poste qu'il convoitait. En parallèle, Gabriel drague Claire, la mère d'un de ses élèves (Bérénice Béjo) mais ne souhaite pas lui avouer son travail dans la mesure où celui-ci a arnaqué le papy de Claire (Michel Galabru).

Après avoir scénarisé La vengeance d'une blonde et avant Bambou (toujours avec Didier Bourdon cette fois-ci en tant qu'acteur et réalisateur), Michel Delgado signe ici une comédie qui se veut grinçante et qui a pour cadre une entreprise de pompes funèbres. L'ensemble est plutôt sympathique malgré le fait que celui-ci manque quelquefois un peu de souffle. Malgré un départ très poussif où la situation semble avoir un mal fou à s'installer, le film prend un rythme de croisière pas désagréable où les acteurs, sans faire de flammes, font le boulot.

Ainsi, on découvre (ou redécouvre pour ceux qui ont vu C.R.A.Z.Y., ce qui n'est pas mon cas) Marc-André Grondin, sosie québecois de Gaspard Ulliel, convaicant dans son rôle d'artiste contrarié jeté dans des aventures mortuaires, Bérénice Béjo en mère hésitante et Didier Bourdon reste le meilleur et nous montre à quel point il est bon acteur en étant terriblement touchant dans quelques moments d'émotion purs mais aussi très drôle bien que les dialogues ne soient pas, et c'est rien de le dire, toujours au niveau. L'humour est malheureusement un peu facile à certains moments et accompagnent des situations un peu attendues. Il y a clairement un manque d'imagination sur certaines scènes.

Bouquet_final_pics
Pépé-achat

Pour en finir avec la distribution, il est amusant de voir passer Gérard Depardieu en papa artiste allumé et brut de décoffrage, mon dernier dieu vivant (puisque Jacques François n'est plus) à savoir Michel Galabru dans un rôle de papy très sympatique ou encore Chantal Neuwirth en secrétaire qui traîne des pieds. Tout le monde s'amuse, tout le monde rigole même si l'ensemble (sauf le cadre) manque plutôt d'originalité. Les personnages sont attachants, on aurait bien envie de les revoir dans un deuxième tome où le scénariste se démenerait un peu plus.

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17 novembre 2008

Max Payne - Film de John Moore

Max_payne_afficheMax Payne
Film de John Moore (2008)

Avec
Mark Wahlberg
Mila Kunis
Beau Bridges

Durée: 1h40 - Distribution: 20th Century Fox

Max Payne (Mark Wahlberg) est un flic compétent qui connaît un drame terrible car sa femme et son enfant ont été assassinés sauvagement par on ne sait pas qui. Après avoir vaguement hésité à arrêter sa carrière, il se retrouve muté aux affaires classées (Cold Case... Ca doit vous dire quelque chose...) ce qui, quand on est tout plein de vengeance envers le tueur de ces êtres chers, n'est pas véritablement une bonne stratégie. Il enquête dès lors sur ses heures libres en faisant bien attention de ne pas trop se confier car ce n'est pas si évident de savoir qui est de confiance, qui ne l'est pas... D'autant plus que son ex coéquipier se fait déssouder. Tout ceci se déroule dans un univers glauque où des tatouages bizarres intriguent, où des drogues bleues font voir des corbeaux géants, où il fait nuit tout letemps et quand il ne fait pas nuit, il fait un temps épouvantable.

Le film semble avoir été entièrement crée autour du personnage de Max Payne, ce qui est somme toute logique puisque c'est encore une adaptation de jeux vidéos et, comme on le sait, l'exercice imposé est toujours très compliqué. Ici, c'est carrément un ratage. Sous couvert d'un scénario tarabiscoté en surface mais plutôt simpliste dans son exécution, le personnage de Max Payne suit un parcours gentiment balisé de film d'action calibré pour passer en deuxième partie de soirée sur TF1. On retrouve les ingrédients fades et habituels du film d'action: un personnage qui perd un ou deux ou une cargaison d'êtres chers et qui veut alors se venger sans trop savoir à qui se confier. Il se rend compte ensuite que le meurtre cache une nébuleuse bien plus importante et qui, du coup, donne à l'affaire une dimension disproportionnée.

Ici, on se croirait dans les clips de Mylène Farmer des années 80 et surtout 90 (je pense surtout au génial album L'autre): Ambiance glauque, sombre et déprimante, personnages inquiétants et très méchants et violence suggérée, tout y est. Sauf qu'ici, ça dure bien plus longtemps et on s'y emmerde convenablement. La faute à un scénario un peu facile et à un Mark Wahlberg qui progressivement occupe le même créneau de Nicolas Cage et Samuel L. Jackson, à savoir le mec pas désagréable à regarder (ici, avec option moumoute) qui sauve le monde, la moralité ou Hollywood, enfin, il sauve tout ce qu'il peut sauf le film. Mark Wahlberg est dénué d'intérêt, ne donne rien à son personnage qui reste dans les clous du genre et devient dès lors absolument transparent. Le seul personnage féminin durable dans ce film sévèrement burné reste Mila Kunis, qui change radicalement de style après avoir joué dans That's 70's show comme lui, mais celle-ci ne parvient pas vraiment à se distinguer à cause d'un Mark Wahlberg qui nous ennuie avec son histoire déjà vue.

Max_Payne_pics
Dream in blue

Alors, quand on ne sait pas trop quoi faire pour remplir, soit on fait apparaître des gens connus, soit on joue avec les codes du genre et avec la caméra. Ici, c'est la deuxième possibilité qui est utilisée ici avec des ralentis qui ne servent pas vraiment, des travellings avant infinis et fatiguants ou encore des flash-back téléphonés qui éclairent maladroitement le spectateur à moitié endormi. Ma grande surprise restera les applaudissements de personnes au fond de la salle qui ont certainement abusé des substances bleues utilisées par les personnages de ce jeu vidéo chiant dans un hiver artificiel à New-YorkNew-York. Les flocons sont en polystyrène, les nuits sont américaines, les cheveux de Wahlberg en acrylique mais notre ennui est en béton armé.

°

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12 novembre 2008

Home - Film d'Ursula Meier

Home_afficheHome
Film d'Ursula Meier

Avec
Isabelle Huppert
Olivier Gourmet
Kacey Mottet

Durée: 1h37 - Distribution: Diaphana

Une famille est installée au bord d'une autoroute abandonnée depuis quinze ans. Ils vivent dans une sorte d'autarcie bienheureuse qui n'a pas l'air de les rendre malheureux. La mère (Isabelle Huppert) en est d'ailleurs. Tout bascule le jour où Julien (Kacey Mottet), le fils de la famille, découvre que des ouvriers sont en pleine réparation de la-dite autoroute. Cela va marquer durablement cette famille bizarre qui va devoir faire avec cette présence gênante d'autant plus que la mère refuse catégoriquement de déménager. La famille va devoir alors faire avec et alternent moments tragiques et cocasses en étant obligé de faire avec cette nouvelle composante qui ne leur rend pas la vie facile.

Voilà un film qui est totalement déroutant. L'ensemble est assez passionnant et se déroule dans un cadre presque lunaire puisqu'on ne sort jamais de ce décor de champs de blés (souvent ensoleillé, ça ne doit pas être agréable de vivre dans le coin) et de cette maison en bord d'autoroute. L'autoroute est d'ailleurs un des personnages à part entière puisqu'elle est tour à tour accueillante et hostile, amie et ennemie. Les personnages déambulent dans une certaine façon de vivre, presqu'à la manière de sauvages dont les codes sociaux sont bizarres. La mère vit avec une radio collée à l'oreille et écoute les infos autoroutières, le père par pour un travail inconnu et en revient sans qu'on ne sache jamais ce qu'il y fait, la plus grande passe son temps, que l'autoroute soit fermée ou pas, à bronzer quasi à poil dans le jardin en se faisant tartiner soit par son petit frère qui lui déambule fréquemment en slip, soit par sa mère, la cadette enfin a honte de son corps et apeur de l'extérieur, tout comme ça mère.

Les acteurs de ce huis-clos goudronné sont assez convaincants avec en tête une Isabelle Huppert plus inquiétante que jamais dans ce rôle de mère inquiétante et blessée par on-ne-sait-quoi. Olivier Gourmet est génial comme d'habitude mais la mention revient au petit Kacey Mottet qui joue Julien, et c'est pas parce que je lui ressemblait à son âge. Il a en effet une présence et un jeu dont le naturel est carrément flippant à certains moments. Il insuffle une fraicheur en même temps qu'un effroi absolument génial.Je ne sais pas du tout d'où il vient mais il faudra le suivre. Un talent comme ça ne devrait rester inutilisé.

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Isabelle Huppert: "Allez, va jouer sur l'autoroute"

C'est certainement le rapport à l'autre qui est le vrai noeud du problème. L'ensemble est malsain (l'aînée à poil dans la baignoire sous les yeux ambigus de son père) et nous ramène à notre propre sauvagerie de manière violente. Si le film aborde très bien la transformation de la cellule familiale à l'arrivée de la civilisation (ici, l'autoroute), il loupe un peu la sortie avec vingt dernières minutes moins réussies, poussée dans un excès pas vraiment obligatoire qui rend l'ensemble au bout du compte caricatural. La complexité des personnages aurait certainement du en rester là. Il n'empêche que le film trouble profondément et reste une des très belles surprises du moment.

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11 novembre 2008

Un idiot à Paris - Film de Serge Korber

Un_idiot___Paris_afficheUn idiot à Paris
Film de Serge Korber (1967)

Avec
Jean Lefebvre
Danny Carrel
Bernard Blier

Durée: 1h30 - Distribution:

Nous sommes au beau milieu de la campagne champenoise où s'esbaudit un ouvrier agricole nommé Goubi (Jean Lefebvre). Celui-ci s'occupe des champs et des animaux avec une candeur raffraichissante qui fait bien marrer les habitants du village, dont Patouilloux (Robert Dalban), le maire du village. Le rêve de Goubi est de monter à Paris pour voir la Tour Eiffel autre part que dans une boule à neige. Un soir de beuverie, deux amis l'embarquent à Rungis afin qu'il puisse voir Paris. S'en suit une longue (très longue) escapade dans les rues de Paris où Goubi va rencontrer Monsieur Dessertine (Bernard Blier) qui va se prendre d'affection pour lui car il viennent tous les deux de l'assistance publique mais aussi de Juliette, prostituée au grand coeur... Vous n'avez pas remarqué, les prostituées sont toujours au grand coeur.

Le postulat de départ est intéressant sur le papier et peut même donner quelque chose de drôle sur la longueur. Il faut d'entrée de jeu dire qu'ici, ce n'est pas le cas. Après un début pas si mal qui permet de jeter les bases et de s'attacher au personnage de Jean Lefebvre qui au passage décroche ici le seul vrai rôle principal de sa carrière dans un film qui ne soit pas un nanard, on part à Paris et là, on commence à s'ennuyer ferme.
Le but du réalisateur se limite à une visite sommaire de la capitale et des rencontres plus ou moins intéressantes, qui surtout ont une tendance lourde à trainer en longueur et ce, de manière assez insupportable. Par exemple, le personnage de Danny Carrel tourne pas mal en rond et l'intrigue amoureuse, somme toute très mignonne, ne sert pas l'histoire qui partait vers quelque chose d'intéressant dans une fonction d'attaque d'une image facile de la campagne.

Du côté de l'interprétation, il faut souligner que Jean Lefebvre fait ce qu'il peut en nous proposant toute la gamme de son jeu en un seul film et en débutant des rôles d'idiot, de perdu, de "train de retard" comme il en fera beaucoup plus tard. Le seul qui reste génial est Bernard Blier, sevi par des dialogues toujours géniaux d'un Michel Audiard en forme. Il s'éclate dans ce rôle de patron bourru et qui nous apporte une des meilleures réplique du film quand un représentant du syndicat lui reproche son manque d'écoute: "Vous me faites une communication écrite, j'la fous au panier et on en parle plus".

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L'idiot

Les autres seconds rôles sont anecdotiques puisqu'on voit passer dans le village Jean Carmet, Pierre Tornade et Bernadette Lafont mais également à Paris avec le débutant Pierre Richard en policier sadique ou encore Paul Préboist en gardien de square. Serge Korber tente d'insuffler une certaine poésie et veut une critique d'une société qui se fout de son prochain mais l'ensemble reste bien artificiel et un peu naïf. De plus, le film manque cruellement de rythme, l'ennui nous gagne au bout de quelques minutes. A regarder par extrême curiosité.

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10 novembre 2008

Invasion USA - Film de Joseph Zito

Invasion_USA_afficheInvasion USA
Film de Joseph Zito (1986)

Avec
Chuck Norris
Richard Lynch
Melissa Prophet

Durée: 1h47 - Distribution:

L'Amérique est à feu et à sang, le président a peur, les crocodiles aussi mais pour d'autres raisons car aujourd'hui ils sont face au poilu des marécages. En effet, aujourd'hui notre Chuck est une sorte de Crocodile Dundee rangé des actions violentes permettant de sauver la veuve, l'orphelin et de manière générale, tout ce qui est américain. N'empêche, il est bien obligé de reprendre du service car là, c'est un peu le drame. Reprendre du service est un bien grand mot car le film tarde à véritablement démarrer et sincèrement, c'est un peu compliqué au début... mais après on rigole bien.

Des apparitions géniales de Chuck, on en a connu, mais ici la première est une sorte de méga best-of puisque notre poilu arrive sur un aéroglisseur. Inquiétant non? En tout le début donne la couleur au reste du film. En effet, que vient faire Chuck Norris sur un aéroglisseur? Il n'a aucune logique scénaristique là-dedans? Les habitués de mon blog pourraient être surpris de me voir un peu surpris d'un tel soulèvement de ma part. En même temps, rares sont les films aussi mal fichu. Les 50 premières minutes n'ont quasiment aucun sens, reléguant les prétencieuses productions d'art et essai culcul à des films d'une clarté incroyable. Ici, s'enchaînent des scènes bizarres: Des boat-people dézingués par des gardes-côtes puis une fille qui sniffe de la coke finit avec la paille plantée dans le nez, un gars prend un coup de flingue dans le frox, un sosie de Michel Platini pagaye au milieu d'un marécage de nuit, une tentative d'attaque au bazooka rêvée par un russe incompréhensible... ou le réalisateur en profite pour réutilisé un plan d'aéroglisseur utilisé quelques minutes avant. Bref, c'est un joyeux bordel seulement éclairé par l'apparition toujours extravagante de Chuck qui apprivoise un caïman... en écrivant ces quelques lignes, je me rends bien compte que certains n'oseront jamais le croire, et pourtant, le film fonctionne comme ça.

On voit enfin le bout du tunnel avec un semblant de début de scénario: Chuck est là pour sauver l'Amérique... Bon, ça, avec un peu d'expérience, on pouvait s'en douter mais ici, il combat, contexte politique oblige, des grands méchants soviétiques et des chinois fourbes et cruels mais le tout se fait sur un ensemble de scène qui se succèdent sans aucune cohérence et dont le seul point commun est la violence extrême. Chuck Norris ne bouge quasi pas le visage en cassant la gueule aux méchant, il use et abuse de sadisme également (après tout, ils sont très méchants, pourquoi se priver?) et en profite pour lâcher des phrases définitives pour le plus grand plaisir de ses fans dont cette phrase splendide balancé à un méchant piégé avec une grenade à la main: "Tu peux être sûr que tu repars avec la bite dans un tupperware". Classe.

Invasion_USA_pics
Va falloir penser à pas le faire chier

N'empêche, Chuck sauve le monde et use encore de son pouvoir comique involontaire pour nous combler à longueur de pellicule. Il cogne, il fait des blagues à deux balles, mate une journaliste dont visiblement, vue la tenue, le journalisme n'est pas le métier principal et surtout coupe des arbres en compagnie de son tatoo domestique (véridique) avant que ça maison parte en fumée. On ne dira jamais assez que le barbu du Texas est un grand de l'humour. N'empêche, le film reste un ratage bien que restant dans la veine des films que tournent Chuck dans ces années là: des films patriotiques au taux d'hémoglobine conséquent et quelquefois au scénario inversement proportionnel au sang versé. C'est le cas ici. Avec Isa, on l'a vu en trois fois, Amandine a déclaré forfait au boût de quelques minutes, on ne peut pas la blâmer.

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07 novembre 2008

Austin Powers dans Goldmember - Film de Jay Roach

Golmember_afficheAustin Powers dans Goldmember
Film de Jay Roach (2002)

Avec
Mike Myers
Beyoncé Knowles
Michael Caine

Durée: 1h35 - Distribution: Metropolitan

Austin Powers (Mike Myers) a mis hors d'état de nuire le méchant Docteur Denfer (Mike Myers), qui se trouve avec Mini-moi dans une prison ultra-gardée. N'empêche, c'est encore le passé qui vient frapper à la porte du célèbre espion car c'est Goldmember (Mike Myers - mais où s'arrêtera t-il?), néerlandais sadique, pléonasme selon Austin, aux parties génitales 24 carats, qui menace de détruire le monde cette fois-ci, le docteur Denfer n'est bien sur pas innocent dans tout ça.
Pour le combattre, il va repartir dans le passé retrouver une ancienne partenaire, Foxy Cléopatra (Beyoncé Knowles), chanteuse de discothèque au club 69. Il va alors tenter de déjouer les plans du Docteur Denfer, de son fils (Seth Green) et de numéro 2 (Robert Wagner).

Il est évident que c'est l'un des meilleurs Austin Powers, indéniablement. Pourtant, le film pouvait inquiéter dans la mesure où celui-ci use et abuse des guests-star. Jugez plutôt: Tom Cruise, Gwineth Paltrow, Danny De Vito, Steven Spielberg, toute la famille Ozbourne, John Travolta, Burt Baccarat et Britney Spears qui explose (ça fait rêver), rien que ça! Comme nous avons pu le voir dans certains autres films, la présence importante de célébrités n'est pas toujours un gage de qualité, mais ici, ce n'est heureusement pas le cas.

La saga Austin Powers joue avec des clichés et ici, Jay Roach ne s'en prive pas. le détournement est absolument réussi avec des blagues souvent salaces (c'est celles que je préfère), on retrouve bien sûr le classique jeu d'ombres derrière le paravent, des patronymes vulgaires comme les jumelles Fouck yo et Fouck mi ou encore tous les jeux avec les codes cinématographiques qui donnent lieu à des flashbacks idiots ou à des sous-titres tendancieux. Le meilleur reste la scène de la prison avec le jeu de scène extraordinaire de Mini-moi sur du Shaggy et surtout cette scène qui, je pense, doit être la plus vulgaire du cinéma mondiale, celle où mini-moi déballe son engin et où Michael Caine (qui subit donc dans ce long-métrage les derniers outrages) déclare: "On dirait le bras d'un enfant qui tient une pomme". C'est pas fin mais je n'ai jamais autant ri.

Goldmember_pics

L'ensemble est certes scato avec comme figure de proue Gras double (joué également par Mike Myers) mais le film est soutenu par de bons acteurs. Mike Myers sur tous les fronts est génial mais il faut souligner l'interprétation de Beyoncé Knowles (ex-Destiny's Child) qui réussit à faire d'un rôle de Barbie -si fréquemment présent dans ce genre de films, il suffit de voir celui-ci pour se dire que d'habitude on prend vraiment n'importe qui - une composition plutôt sympa. on y ajoutera les seconds rôles habituels que sont Robert Wagner, Seth Green, Michael York et Mindy Sterling pour être au complet.

C'est à se tordre de rire, la parodie de film d'espionnage atteint des sommets de perfections ici et même si certains gags ont tendance un peu à trainer, l'ensemble est cependant bel et bien un succès mérité.

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Posté par lecinedegael à 23:51 - Parodie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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