31 octobre 2008
Delicatessen - Film de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro
Delicatessen
Film de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro (1991)
Avec
Jean-Claude Dreyfus
Dominique Pinon
Marie Laure Dougnac
Durée: 1h37 - Distribution: Hachette Première
Paris est à feu et à sang. Les habitants d'un immeubles vivent en quasi autarcie et se nourrissent grâce à la viande du boucher (Jean-Claude Dreyfus) dont la provenance est plutôt suspecte. Un personnage va faire son entrée dans cette petite vie, il s'agit d'un ancien clown reconverti en homme à tout faire après la disparition de son accolyte... un singe. Louison (Dominique Pinon) tombe amoureux progresivement de la fille du boucher qui s'avère être un pervers sadique.
Jeunet et Caro provoquent une atmosphère très particulière dans leurs films: la lumière est très belle et donne une impression de confinement et de mystère, la musique, toujours singulière, est propice à la rêverie, les personnages sont toujours très bizarres et forcément, on a envie de s'y intéresser de plus près. Malheureusement, ici, le paquet cadeau est terriblement joli, donne envie de l'ouvrir mais ensuite, quand j'ai ouvert le paquet, j'ai été terriblement déçu.
Les personnages sont, certes, très surprenants mais la multiplication des caractères et leur côté caricatural lasse un peu rapidement. De plus, le film tarde à démarrer tant l'installation des nombreuses psychologies est fastidieuse. Pourtant, on y retrouve des acteurs sympathiques comme Jean-Claude Dreyfus (désormais le légendaire M. Marie... ce qui est injuste car il a fait mieux), Ticky Holgado et le formidable Rufus (déjà présent dans Le fabuleux destin d'Amélie Poulain) mais l'atmosphère si particulière de ce film m'a laissé plutôt indifférent malgré des scènes d'anthologie comme la scène faite en rythme ou encore la scène de la salle de bains.

Y en a un peu plus, je vous
le laisse?
Je ne peux pas dire que c'est un mauvais film car sa poésie m'a touché et l'histoire part d'une bonne idée mais malheureusement, les scénaristes m'ont perdu dès le début et une sympathique envie de pioncer m'a envahie jusqu'aux deux tiers du film. C'est pour moi un brouillon d'Amélie Poulain qui est bien plus réussi.
**
30 octobre 2008
Phone Game - Film de Joël Schumacher
Film de Joël Schumacher
Avec
Colin Farrell
Forest Whitaker
Katie Holmes
Durée: 1h21 - Distribution: UFD
Je suis dans une période thriller puisqu'après "Next", voici "Phone Game". Le scénario tient sur une idée géniale: Un attaché de presse (Colin Farrell) imbu de sa personne, désagréable et plutôt inhumain, entre dans une cabine, ôte sa bague et décroche le téléphone pour appeler sa maîtresse (Katie Holmes) quand tout à coup le dit combiné sonne. Au bout du fil, un individu de sexe masculin qui ordonne à notre attaché (qui va l'être dans tous les sens du terme) de ne pas quitter sa cabine, sans quoi il le dégomme. Que lui reproche t-on? Je ne vais pas vous le dire sinon c'est pas drôle. Après l'exécution d'un souteneur volubile, la police arrive sur les lieux et un commissaire névrosé (Forest Whitaker) prend les choses en main.
Ce film est la définition même du thriller. Un suspense haletant qui ne vous lâche jamais. On est véritablement en présence d'un vrai malaise face à cette histoire qui dérange et face à cette morale discutable que nous propose Joël Schumacher. Colin Farrell est assez incroyable dans se rôle de salaud sympathique tout compte fait qui va s'humaniser par la contrainte. C'est jusqu'au bout qu'on reste collé devant ce film car à aucun moment, on ne s'attend à ce qui peut suivre. la réalisation est terriblement efficace, inventive et rythmée.

Collin Farrel a reçu un coup de fil
De plus, l'humour n'est pas inexistant et l'on se prend à réagir comme Farrell, on s'énerve en même temps, on angoisse aussi quand le bruit de l'arme retentit... C'est un film pour les sens et aussi pour les émotions, moins pour les cardiaques car la peur et l'angoisse sont au rendez-vous. Les acteurs, même les seconds rôles, sont formidables et sont concernés par ce qui se passe, ce qui n'est pas toujours le cas dans ce genre de film. La psychologie est forcement présente et prend une place centrale, d'autant plus qu'elle est l'instrument d'une réflexion passionnante: Où est le bien, où est le mal, comment se débarasser du mal? Par le mal? Il n'y a rien à jeter, tout à admirer.
*****
29 octobre 2008
Harry Potter et l'ordre du phoenix - Film de David Yates
Harry Potter et l'ordre du phoenix
Film de David Yates (2007)
Avec
Daniel Radcliffe
Hemma Watson
Imelda Staunton
Durée: 2h18 - Distribution Warner Bros
C'est la cinquième année d'études à Poudlard pour Harry Potter qui, une fois de plus, ne va pas s'ennuyer. La communauté des sorciers ne croit tout d'abord pas au retour de Voldemort et par la même occasion ne croit pas Harry. De plus, un nouveau professeur arrive dans les locaux et entend bien faire appliquer à la lettre le réglement dicté par le ministère. Bref, c'est pas la joie d'autant plus que Dolores Ombrage, la nouvelle prof, cherche par tout les moyens à discréditer Harry. C'est alors que celui-ci, aidé par Hermione et Ron, crée "L'armée de Dumblemore" pour combattre Voldemort.
J'avoue que je n'étais pas fan au départ de Harry Potter. Comme dans toutes ces séries, je me perdai dans le nombre impressionnant de personnages qui gravitaient autour du héros et je ne cherchai pas forcément à comprendre qui était qui. Mon intérêt fut éveillé sur le quatrième épisode (dont il faudra que je vous parle) mais là, sur ce cinquième... c'est le bonheur.
Il faut tout d'abord dire que Harry est torturé. C'est certainement l'adolescence qui veut ça mais c'est aussi les responsabilités qui lui tombent dessus et ça, le film le traduit très bien. on se prend à se mettre à sa place, à le trouver attachant, à ne pas vouloir que le film se termine. L'ambiance noire du film, l'intrigue captivante et non dénuée d'humour, le plaisir de retrouver tous ces acteurs formidables font le reste. Daniel Radcliffe bien sûr mais également Gary Oldman, ralph Fiennes et ma préférée, Maggie Smith (la mère sup de Sister Act) sont au rendez-vous et nous offre un spectacle de qualité.
Les effets spéciaux sont de plus en plus époustouflants et on se laisse entraîner sans jamais s'ennuyer dans ce cinquième volet des aventures du petit sorcier et de sa baguette magique (la célèbre baguette magique de Daniel...). un vrai divertissement, une réussite à tout points de vue.
*****
28 octobre 2008
Caramel - Film de Nadine Labaki
Caramel
Film de Nadine Labaki (2007)
Avec
Nadine Labaki
Yasmine ElMasri
Sihame Haddad
Durée: 1h35 - Distributeur: Bac Films
A Beyrouth, cinq femmes se croisent dans le cadre d'un institut de beauté. Ces femmes ont des états d'âme sur la vie et les hommes d'autant plus qu'elles ont vécu des choses très différentes puisqu'elles sont à des âges différents. Elles vivent leurs religions, leurs amours, leurs apparences sans complexe dans un pays où la féminité est quelque chose de compliqué à assumer. Peu d'hommes sont présents dans ce film mais ils ont leurs rôles et sont toujours attachants, complices et complémentaires.
Je ne connaissais pas Nadine Labaki avant et encore moins cette partie du monde qu'est Beyrouth. Je ne connaissais Beyrouth que par ce qu'on avait entendu de cette ville dans les années 80, c'est à dire une ville en flammes, détruite par les attentats d'une guerre nébuleuse. L'image donnée par cette réalisatrice est particulièrement belle, la couleur est splendide, le vie menée par ses héroïnes est attachante, d'autant plus qu'elles ont cette envie d'aller de l'avant.
Ce film est un dépaysement total qui fait un bien fou et qui permet de rire autant que de s'émouvoir en se passionnant pour les pérégrinations de ces femmes au milieu de ce salon sans tabous ou mariage, religion et homosexualité (l'actrice qui joue la jeune lesbienne est formidable) sont traités de manière franche et directe. Les actrices sont toujours justes avec en tête de la distribution la très jolie Nadine Labaki. Je reste scotché par les couleurs qui donnent vie à cette comédie douce-amère. Un beau moment à déguster.
*****
27 octobre 2008
Maigret et l'affaire Saint-Fiacre - Film de Jean Delannoy
Maigret et l'affaire Saint-Fiacre
Film de Jean Delannoy (1959)
Avec
Jean Gabin
Michel Auclair
Robert Hirsch
Durée: 1h40 - Distribution: Inconnue
Il existe quelques adaptations de Maigret au cinéma mais il est vrai que l'on connaît plus le célèbre commissaire à la télé avec Bruno Cremer et précédemment avec Jean Richard. Ici, Maigret (Jean Gabin) retourne dans son village natal pour venir en aide à une connaissance qu'il affectionne particulièrement. Celle-ci a reçu une lettre anonyme qui la menace de mort. Le lendemain de son arrivée, celle-ci est assassinée. Maigret va alors débuter son enquête et nous faire découvrir une galerie de portraits très intéressante qui va du fils indigne (Michel Auclair) au secrétaire vénal (Robert Hirsch) en passant par le curé timide ou encore le chauffeur ronchon (Jean Marin).
Je crois l'avoir déjà dit: j'aime Jean Gabin. Je le trouve d'une élégance rare, il a un phrasé merveilleux et j'aime son jeu. C'est tout un univers que Gabin emmène dans chaque film et ici, il est bien servi par Michel Audiard aux dialogues, ce qui donne à ce Maigret une saveur tout à fait particulière. De plus, la psychologie des personnages est installée de manière intelligente et audacieuse, sans à aucun moment nous faire deviner le dénouement. Les acteurs jouent juste et c'est un ravissement durant plus d'une heure et demie. de plus, et forcément ça ne gâche rien, l'intrigue policière tient tout à fait debout avec force personnages aux actions nettes et fouillées.

Gabin / Hirsch: "T'as un beau
doigt, tu sais." (cette blague a été prêtée gracieusement
par Laurent Ruquier... merci de lui rendre)
C'est véritablement un polar comme on en fait plus. Calme, certes, sans pétards, sans hémoglobine mais avec un punch que la série ne connaît pas grâce à la verve d'un Gabin vieillissant mais encore très présent à l'écran à cette période.
****
25 octobre 2008
Box office du 25 octobre 2008 #1#
Box office du 25 octobre 2008 #1#
Voici mon premier box-office personnel qui vous permettra peut-être de trouver un film très sympa à aller voir. Il est réalisé selon des critères absolument pas scientifiques car ces critères résident sur mon envie de les voir à l'heure qu'il est.
Il y aura également le flop-office avec les trois films que j'aime le moins, car il faut de tout au ciné, des bons films comme des mauvais. Il paraît que mes critiques à bubulles (donc avec zéro étoiles) sont les plus acérées, à vous de jugez.
Box-office:
1. Hassan et Morkos
2. Entre les murs
3. Forrest warrior
4. Mamma Mia
5. Sans Sarah, rien ne va
6. Les dents de la nuit
7. Bons baisers de Bruges
8. JCVD
9. Les aventures de Rabbi Jacob
10.
Flop-office:
1. Seuls two
2. Belphegor
3. Trop jolies pour être honnêtes
23 octobre 2008
Hairspray - Film de John Waters
Avec
Ricki Lake
Divine
Debbie Harry
Durée: 1h29 - Distribution: New Line
Tracy Turnblad (Ricki Lake) est une fan d'une émission de danse quotidienne diffusée sur une chaîne locale de Baltimore. Avec sa copine Penny Pingleton (Leslie Ann Powers), elles bougent leurs corps devant les nouveaux tubes tout en rêvant d'apparaître à la télé. Malgré les remontrances de sa mère (Divine), elles se rapprochent petit à petit de cette émission jusqu'à ce que Tracy puisse y participer. elle va se retrouver face à une petite punaise nommée Amber Von Tussle (Colleen Fitzpatrick) qui, aidée de sa mère (Debbie Harry), va lui mener la vie dure. Tracy va également rencontrer la population noire et modeste de Baltimore qui sont mis au ban injustement dans cette période où la ségrégation bet son plein dans cette partie du monde.
Nous avions déjà parlé de ce film mais plus exactement du remake sorti l'année dernière avec John Travolta. L'original ressemble donc pas mal au remake, ce qui est somme toute normal, mais ce qui est intéressant, c'est que cet original ne ressemble pas autant dans le fond à sa copie. En effet, cette version propose une histoire bien plus concentrée en se penchant sur le problème du racisme, et d'ailleurs de manière générale sur le problème de la différence, avec beaucoup plus d'efficacité que son double. Alors bien sûr, on retrouve l'esprit festif des années 60 mais la manière de traiter l'air du temps est bien plus directe que dans la version 2007.
La mise en scène est donc énergique et maligne avec quelques jolies trouvailles comme ce générique à la bombe de laque mais aussi cette idée de faire une sorte de comédie sans ces passages quelquefois épuisants de chansons mièvres et sans véritablement d'intérêts pour l'intrigue, comme on peut le voir dans certains Disney par exemple.
Les acteurs laissent quelques surprises puisqu'on voit apparaître trois stars de la chanson (chez nous ou aux Etats-Unis) à savoir Sonny Bono, le regretté ex-mari de Cher, dans le rôle du papa de la rivale de Tracy, la maman est d'ailleurs joué avec beaucoup de talent par la géniale Debbie Harry, chanteuse du cultissime groupe Blondie que nous avions plus l'habitude de voir passer en tant que compositrice (dont l'apparition époustouflante du Heart of glass quand Joachim Phoenix rentre dans la discothèque dans La nuit nous appartient) et qui ici remplit tout à fait le rôle de la vénéneuse Velma Von Tussle. On retrouve également au hasard d'une scène Pia Zadora (habituée aux petites apparitions) dans le rôle d'une allumée psychédélique. Il faut bien sûr faire une place à l'extravaguant transformiste Divine (décédé quelques semaines après le tournage) qui joue le rôle de la mère mais également du producteur facho, ce qui est une performance vraiment remarquable.
L'ensemble est charmant et, qualité suprême, donne à réfléchir. John Waters, sous couvert d'une promenade dans les années 60 du twist et du mashed potatoes nous apporte une vision subtile et pleine de véracité des années Kennedy où l'Amérique n'est pas si jolie.
*****
22 octobre 2008
Super blonde - Film de Fred Wolf
Avec
Anna Faris
Colin Hanks
Emma Stone
Durée: 1h37 - Distribution: Sony Pictures
Shelley a vécu à l'assistance publique une bonne partie de sa vie et, comme on peut pas y rester at vitam aeternam, elle en sort pour... devenir bunny chez nos amis de Playboy. Elle va alors vivre une vie de lapinette débridée en compagnie d'autres lapinettes débridées jusqu'à ce qu'on la préssente comme Miss Novembre, ce qui lui permet de récupérer la mythique page centrale du magazine. Une lapinette plus retors que les autres va alors tout faire pour la sortir et notre Shelley, lapinette déchue, va se retrouver à la dérive jusqu'à ce qu'elle atterisse dans un campus où elle devienne... gérante d'association (?). Elle va aider des cas sociales (car ce ne sont que des filles) à devenir populaire.
L'histoire, convenez-en, ne tient absolument pas debout. Il est vrai qu'une bécasse péroxydée qui devient matronne dans une fac qui enseigne... qui enseigne quoi d'ailleurs? On sait pas et on s'en fout... ça n'arrive pas tous les jours. Ici, c'est Anna Faris qui coup sur coup interprète une idiote au grand coeur et de ce fait continue à aligner les rôles pas terribles. Alors bien sûr, c'est plutôt mignon comme histoire mais c'est complètement indigent côté scénario. Il est vrai que le travail de scénariste ici n'a pas dû prendre trop de temps si l'on s'en réfère à l'attitude instable des différents personnages qui semblent être souvent en contradiction avec ce qui vient de se passer juste avant. Un exemple pour le fun: les sept perdues de Thêta n'opposent absolument pas de résistance au relooking (soit dit en passant absolument obligatoire dans ce genre de films) mais réagissent terriblement tard en se disant que quand même, c'est po bien de changer les gens comme ça.
D'aucun diront que c'est pas un film d'auteur alors hein, le scénario, bon... Oui, mais si on va par là, tous les films vont finir par ressembler à ça et là, on s'en sort plus. Anna Faris défend ce rôle tant bien que mal en faisant du Anna Faris et en se cassant la gueule comme personne (sauf bien entendu Chantal Lauby). Le rôle bizarrement ne me semble pas lui aller à première vue, il aurait été drôle (mais peut-être un peu facile) de le confier à une bimbo style Pamela Anderson ou Britney Spears.
Le problème avec ce rôle si particulier, c'est qu'il écrase toute tentative d'exister des autres personnages qui ne sont là que pour passer les plats à une Anna Faris qui pourtant se démène pour tenter de faire quelque chose de ce truc pas vilain mais plutôt informe car cherchant perpetuellement à donner du corps là où l'intrigue est trop mince.

7 secondes de réflexion pour le scénario
Alors bon, on a le droit au parcours balisé habituel avec donc le relooking mais aussi la recherche d'identité, la réflexion gnangnante sur l'intelligence et la beauté ou encore la pouf méchante qui fera tout pour détruire les jolis rêves des gentilles. là où il aurait été si judicieux de faire une comédie complètement décalée, le réalisateur reste trop dans le conventionnel niais pour qu'on puisse en tirer quelque chose. restent quelques bons moments, des runnings-gag (la voix d'Anna Faris quand elle apprend un prénom ou la porte de la voiture que grince) et des clins d'oeil cinématographiques avec une référence à Forest Gump entre autres. Si on arrive à oublier que le film est un plagiat de Bimboland, suprême daube où s'était fourvoyé Gérard Depardieu et Judith Godrèche, on passe un moment sympa où on rit poliment car il faut être juste, ce n'est pas un nauffrage, sinon on est épaté par la bêtise de l'ensemble.
*
15 octobre 2008
Petites vacances
Pour cause de pas mal de boulot, le ciné de Gaël prend quelques vacances et revient dans une semaine, dès le mercredi 22 octobre avec toujours plus de nouveautés.
N'hésitez pas à donner votre avis sur les films que j'ai vu et que vous avez donc vu aussi.
De plus, dès le samedi 25 octobre 2008, arrive une petite nouveauté sur le blog puisque je vous proposerai tous les samedis mon propre box office, selon ce que j'ai vu la semaine passée, selon tous les films que j'ai vu depuis que ce blog a été crée et selon ce qui me plaît ou pas, cela dépendra de l'air du temps.
Gaël Fouet
14 octobre 2008
Hassan et Morkos - Film de Rami Eman
Avant-première
Hassan et Morkos
Film de Rami Eman (2008)
Avec
Adel Iman
Omar Sharif
Rami Eman
Durée: 1h30
Deux dignitaires religieux vivent en Egypte, pays où la religion musulmane est certes très largement majoritaire mais où les chrétiens regroupent tout de même 10% de la population. Hassan Al Attar est un musulman pratiquant très croyant et Morkos Abdel Shahid est quant à lui un théologien chrétien renommé. Tous les deux ont un point commun, ils ont échappé à un attentat qui les visait au même moment. Le chef de la police va leur proposer ndépendamment de changer d'identité et afin, de véritablement les protéger en leur faisant endosser une religion différente. Chacun va alors vivre la vie de l'autre en espérant profondément que ça s'arrête vite mais en découvrant surtout ce qu'est la religion d'en face (la mosquée est face à l'église dans la ville où ils se trouvent), en faisant vivre leur petite famille au rythme religieux du voisin d'en face.
Pas moyen de trouver une affiche à vous proposer, c'est bien dommage mais c'est logique car le film n'est pas encore sorti et ne sortira que dans quelques semaines, la date n'ayant pas été fixée pour l'instant. J'ai eu la joie (grâce à Laurent, merci encore à toi) de voir ce film dimanche soir dans le cadre du festival "Cinéma-VéritéCinéma-Vérité" dont je vous parlai la semaine dernière. Comble du bonheur, les deux acteurs principaux, Omar Sharif et Adel Iman, étaient présents dans la salle. Je crois bien que c'est ma première fois, et j'espère pas la dernière, et ce fut un grand moment d'intelligence et de subtilité.
Le film en lui-même est terriblement drôle et sur un sujet pareil, il est vrai que ce n'était pas évident. C'est en fait le remake d'un film de 1940, Hassan, Morkos et Cohen. Cohen a disparu en cours de route mais l'esprit est encore là. Les deux acteurs principaux font de ce sujet difficile une sorte de film suranné (dans le bon sens du terme) et subtil où les héros ont l'air de naviguer à vue dans des problèmes qu'ils n'attendaient certainement pas... Quand on sait que les problèmes sont religieux et qu'ils ne prêtent véritablement pas à rire que ce soit en Egypte ou ailleurs, on ne peut que souligner le talent du réalisateur.
En effet, la mise en scène est d'une force et d'une intelligence rare, on se prend à repérer ces coups de caméra énergiques et tombants bien à propos, on suit avec un plaisir non dissimulé les pérégrinations des personnages dont l'effet comique est renforcée par des subterfuges utilisés fréquemment dans les films burlesques. Il y a d'ailleurs un clin d'oeil aux Marx Brothers dans une scène où les deux familles regardent la télé ensemble. Car ce film a contre toute attente une part de burlesque avec des comiques de répétition multiples et affichés par plusieurs personnages, le comique de gestes et d'attitude nous donnent quelquefois l'impression d'être dans une comédie de boulevard et pourtant, l'ensemble est grave dans le fond et c'est ce mélange qui rend le tout passionnant.
Il faut bien sûr mettre en avant les acteurs avec en premier plan les deux patriarches, Adel Iman (comédien égyptien très connu dans son pays et acteur absolument génial dans ce rôle) et Omar Sharif bien connu chez nous. C'est d'ailleurs amusant de voir que son rôle est proche de celui de M. Ibrahim qu'il a tenu quelques années auparavant. Cet homme religieux, ouvert et... commerçant (ici, il tient très brièvement une boulangerie alors que dans M. Ibrahim..., c'est une épicerie) nous gratifie de son ouverture d'esprit autant que le personnage joué par Adel Iman. Les autres acteurs que j'aurai du mal à vous donner car je n'arrive pas à trouver la distribution... même principe, dès que j'en sais plus, je publierai les informations.

Ben voilà, je mets des photos de pressbookpressbook,
comme aux Césars, quand les acteurs ne sont pas là...
La scène finale est émouvante à souhait malgré un côté naïf qui toutefois lui permet de rester plus rafraîchissante et pleine d'espoir que niaise. C'est une oeuvre qui ouvre l'esprit et qui, grâce à une subtilité incroyable, permet d'être plus intelligent en ressortant. Omar Sharif nous a dit à la fin du film que tout ceci a posé des problèmes bien compréhensibles lors de l'écriture du film mais qu'ils avaient pu le monter tout de même et après avoir vu le résultat, on ne peut que s'en réjouir.
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