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Film de Jean Couturier (1984)

Avec
Gérard Rinaldi
Jean Sarrus
Gérard Filipelli

Durée: 1h21

 

Les Charlots enfants de choeur, c'est un peu le nouveau concept de ce dernier film de cette série commencée quinze ans plus tôt. Les Charlots vont donc gâcher un mariage et forcément se faire engueuler par la noce et un curé exaspéré (Interprété ici par... Gérard Blanchard). Marcaud, le père de la mariée (Henri Garcin) va alors, sans logique aucune, les engager pour leur demander de collecter des "loyers" qui vont s'avérer être un racket orchestré sur tous les commerçants du quartier. les trois Charlots tombent amoureux d'une des rackettées et vont alors, quel courage, se rebeller contre Marcaud qui lui, croit que ceux-ci travaillent pour son ennemie, Liane (Alexandra Stewart).

C'est un peu le bordel dans le scénario de ce dernier film réunissant une équipe à bout de souffle puisque Jean-Guy Fechner et Luis Régo ont quitté la formation. Tout repose donc sur les épaules de comédiens pas particulièrement brillants. Même ici, Gérard Rinaldi, qui normalement s'en sort honorablement, cabotine beaucoup et se prend même pour Belmondo durant la scène de la pompe à essence.

C'est fréquent dans les nanards que je chronique mais c'est encore le cas ici, nous sommes confrontés à un assemblage de gags souvent ratés (sauf quand Jean marche sur la blanchisseuse) frôlant l'absurde mais ne réussissant pas à atteindre sa cible pour cause de dialogues lourds qui handicapent sérieusement toute velléité comique.
Le seul vrai bon gag reste cette parodie d'émission littéraire qui forme un des meilleurs exemples d'absurde avec des Charlots qui soudainement parlent un langage soutenu et avec Henri Garcin présentant des livres de poche à la caméra. Malgré cela, du passage à la caisse au gag de l'explosion, les Charlots se ratent de manière systématique et même si on sait depuis longtemps que ce ne sont pas de bons acteurs, on a mal pour eux.

C'est bien dommage de voir cette débandade dans la mesure où le scénario n'est pas si mauvais que ça, à tendance même à se tenir vaillemment malgré une tendance lourde à s'embrouiller dès la moitié du film. Henri Garcin s'en sort particulièrement bien en méchant dandy que l'on sent à certains moments un peu dépité de tourner dans ce machin. on y croise aussi Alexandra Stewart qui a dûe être choisie car Grace de Capitani ou Isabelle Mergault étaient déjà prises. Je me rend compte d'ailleurs que ce que je dis est méchant pour Isabelle Mergault qui est une très bonne comédienne (sous-exploitée dans les années 80). En matière de jeu subtile, ce n'est pas le cas d'Alexandra Stewart que l'on pourrait comparer à Jeane Manson qui elle aussi s'était fourvoyée dans un film des Charlots.

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Regardez bien les bouquets de fleurs,
c'est une blague (cherchez bien...)

Si l'on ajoute des dialogues qui ont quelquefois l'air d'être totalement improvisés et une fin au milieu d'un parc naturel (?) déguisés en hommes des cavernes (??), on a du mal à être conciliant face à ce film pas si mauvais mais qui manque de sérieux dans la réalisation et la direction d'acteurs. Précisons pour finir que Les Charlots en ont même profité pour recaser "L'apérobic" dans la BOF pour une scène d'aérobic... forcément.

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