30 juin 2008
Les ripoux - Film de Claude Zidi
Les ripoux
Film de Claude Zidi (1984)
Avec
Philippe Noiret
Thierry Lhermitte
Grace de Capitani
Durée: 1h47 - Distribution: Films 7
François (Thierry Lhermitte) arrive de sa province spinalienne pour devenir un flic intègre et brillant à Paris. Il aura comme mentor René (Philippe Noiret), vieux routier de la profession un peu revenu de tout et qui a désormais choisi de profiter du système puisque le système ne lui apportait jusque là rien ou presque. François n'apprécie pas du tout et compte bien rester donc le flic intègre et brillant qui monte à Paris. Sur les conseils de sa compagne (Régine), ex-prostituée, René refourgue à François une mythomane qui elle aussi pratique la galipette dans les sous-bois (Grace de Capitani).Cela va donner des idées à François et va alors se lâcher.
C'est certainement l'un des plus gros cartons des années 80 au cinéma et un bien beau casting à la clé d'ailleurs. En effet, Claude Zidi réunit ce qu'il se fait de mieux dans les années 80 avec en tête de liste Philippe Noiret (mon Philippe Noiret) dans le rôle du vieux flic sympa, Thierry Lhermitte qui a l'air d'avoir piqué l'imper d'un SS d'ailleurs mais aussi Grace de Capitani (Isabelle Mergault était certainement sur un autre tournage), Julien Guiomar en inspecteur accro à la cokeet, divine surprise, Régine en mère maquerelle touchante et surtout juste dans son interprétation.
Du côté du scénario, on est dans une histoire plutôt sympa et originale pour l'époque qui décline toutes les combines et les arnaques que des policiers peuvent faire sur leurs concitoyens. Alors oui, on a une petite impression de catalogue mais la variété des démonstrations évite l'ennui, d'autant plus que la recherche du soi de Thierry Lhermitte est doublée d'une intrigue policière tout à fait convenable et qui, tenant la route, nous fait passer un bon moment. Le côté mécanique peut gêner et rendre le film prévisible mais ce n'est pas vraiment une gêne.
Il est amusant de revoir ce film qui a un peu vieilli dans les expressions et dans la manière. On passe pourtant un moment agréable tant les comédiens donne beaucoup de sympathie à l'ensemble. Même si je suis un peu réservé sur le jeu d'alors de Thierry Lhermitte qui haussille avec peu de bonheur entre le romantisme, l'humour boulevardier et le policier en blouson de cuir (où il n'est pas brillant), Noiret, Guiomar et Régine s'en sortent comme des chefs et donne du corps à l'ensemble. A revoir avec un regard nostalgique.
****
23 juin 2008
Retour le 30 juin
Tout le monde a besoin de vacances moi le premier, je refais le plein et je reviens le 30 juin 2008 pour encore un mois avant les grandes vacances. La réédition de l'article de La cité de la peur avec la vidéo et le commentaire d'Angèle (que je salue et à qui je demande de me donner les résultats du BEP dès qu'elle les aura... mais bon, je me doute qu'il n'y aura pas de difficultés) seront publiés dans la semaine.
20 juin 2008
Bons baisers de Hong Kong - Film d'Yvan Chiffre
Bons baisers de Hong Kong
Film d'Yvan Chiffre (1975)
Avec
Les Charlots
Mickey Rooney
Jeane Manson
Durée: 1h24 - Distribution: Studio Canal
C'est la nouvelle du jour, la reine d'Angleterre (Huguette Funfrock) a été enlevée par un fan hardcore (Mickey Rooney). Voilà qui es fort inquiétant alors pour des raisons bizarres, les services secrets anglais demandent aux services secrets français de partir à sa recherche. Le responsable des recherches en France n'étant pas en bons termes avec les anglais, il décide de recruter les quatre espions les plus approximatifs du cheptel. Ainsi, Gérard, Phil, Jean-Guy et Jean (Les Charlots) partent à la recherche de la reine disparue et la remplacent d'ailleurs par... leur concierge qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau.
On ne peut pas être plus heureux quand on voit un film des Charlots avec un scénario car ce n'est hélas pas si fréquent. En effet, ici le scénario est plutôt bien construit bien que reposant sur la trame habituelle des films d'espionnage. Il faut dire que c'est une parodie alors la trame doitêtre suivie, il faudrait quand même éviter le calque et même les références trop appuyées en matière de parodie (apparition bizarre des Marx Brothers) et en matière d'espionnage (bagarres inutiles dans le scénario). Le film n'est donc pas exempt de certains défauts appuyés. Ainsi, des erreurs de casting apparaissent comme l'apparition assez insupportablede Mickey Rooney cabotinant à donf en tant que guest star internationale: il tente d'embrasser la reine, danse avec elle, sans elle, se déguise en bobby. C'est fatiguant au bout de deux minutes. Autre erreur pour cause d'incompétence, c'est la jolie Jeane Manson qui joue à peu près aussi bien queles acteurs des vacances de l'amour, c'est vous dire. La plus belle preuve restera sans doute une scène où elle s'énerve contre son chef, qu'elle crie et qu'elle reste immobile, l'air de se demander ce qu'elle doit bien faire. De plus, pour des raisons, obscures, je crois avoir remarqué que la jolie chanteuse était post-synchronisée.
Le casting réserve quand même quelques surprises sympas comme la présence de Léon Zitrone en espion français content de quitter Hong-Kong ou André Pousse en espatrié en sous vêtements. En revanche, comme nous l'avons déjà vu dans d'autres films, trop de sosies tue le sosie. Même si les interventions d'un Nixon sur la plage commentant les aventures des Charlots reste un joyau d'absurde, il n'était pas nécessaire de voir apparaître un Hitler majordome anglais, ni de vagues Laurel et Hardy asiatiques, idiots et inutiles.
Malgré donc quelques défauts et un excédent de fric venant de la production qui a permis les extérieurs à Hong Kong, un nombre plétorique de figurants ou encore de grosses cascades inutiles (le carambolage géant au début du film est trop long et contient d'ailleurs une particularité puisque certaines voitures sont... vides), le film contient un non-sens très présent et plutôt efficace. Le côté absurde sauve en partie le film et l'intrigue pour une fois digne d'intérêt tient éveillé le spectateur fatigué que j'étais. Forcément, ce n'est pas le jeu d'acteur exécrable des Charlots qui peut permettre de tenir les yeux ouverts.
***
19 juin 2008
JCVD - Film de Mabrouk El Mechri
JCVD
Film de Mabrouk El Mechri (2008)
Avec
Jean-Claude Van Damme
François Damiens
Karim Belkhadra
Durée: 1h36 - Distribution: Gaumont
Splendeurs et misères du cinéma. Jean-Claude est fauché comme les blés, vit un divorce particulièrement compliqué et décide alors, avant de tourner un nanard de plus, de reourner dans sa Belgique natale. Alors qu'il tente de retirer de l'argent dans une Poste comme tout le monde, il est pris en otage par des baqueurs qui comptent profiter de la notoriété de notre Jean-Claude pour mener à bien leur opération et se couvrir en le faisant paser pour le cerveau (enfin, cerveau...) de l'affaire.
Le centre de ce film est très clairement JCVD comme le titre l'indique. Jusque là, rien d'anormal mais il faut tout de même préciser qu'il VRAIMENT le centre du film, ça en devient même pénible à la fin. Le réalisateur semble vouer un culte sévère en la personne du Chuck Norris belge et veut nous prouver absolument qu'il maîtrise et les codes du cinéma, et la carrière de JCVD.
C'est dommage que tout ceci soit si scolaire et si prévisible car l'idée et même le scénario ont l'avantage d'être originaux. Le film se suit avec un certain plaisir et l'action ne manque pas, elle reste bien dosée malgré quelques temps morts pardonnables. Van Damme apparaît comme un personnage à la dérive^, ce qui le rend touchant et sympathique. Alors, il accepte de faire des photos, accepte de faire des films de merde, accepte de prendre conscience qu'il fait des films de merde, accepte d'être aware quand le hauffeur de taxi l'engueule, bref ce mec est charmant... peu être trop, et ça gâche un peu le plaisir. En effet, le réalisateur fait passer JCVD pour quelqu'un qui a beaucoup de recul et de subtilité, comme un grand penseur (la scène de lévitation en est la preuve parfaite) et là, je dis attention, on a beau admirer, il faut rester lucide.
Le film se perd quelquefois en circonvolutions inutiles qui allourdissent le propos et le choix de reprendre la scène principal sous des points de vue différents n'apporte rien ou pas grand chose à ce que veux démontrer le film.
JCVD reste un film bizarre et donc attirant où l'on se laisse dérouter par un scénario plutôt bien fichu et un Jean-Claude Van Damme pas mauvais (sauf dans les scènes d"émotion) qui a tout de même l'air e nous présenter pendant 1H36 un CV, une palette de ce qu'il peut être. Allez y pour être surpris.
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18 juin 2008
La personne aux deux personnes - Film de Nicolas et Bruno
La personne aux deux personnes
Film de Nicolas et Bruno (2008)
Avec
Daniel Auteuil
Alain Chabat
Marina Foïs
Durée: 1h27 - Distribution: Studio Canal
Jean-Christian Ranu (Daniel Auteuil) est un contable sans épaisseur qui vit entre son bureau et son studio deasigné dans les années 70. Ca vie bascule lorsqu'il est renversé par l'auteur de "Flou de toi", l'improbable Gilles Gabriel (Alain Chabat). Celui-ci, après le choc, s'invite dans la tête de Jean-Christian et après quelques menus réglages, va commencer à y vivre sa vie, à poursuivre sa volonté de reveni sur scène et accessoirement à donner un sens à la vie sexuelle de Jean-Christian. De meeting sur la comptabilité en soirée VIP chez Orlando avec Herbert Léonard, Jean-Christian va commencer enfin à vivre.
Quand on écoute les interviewes des deux résultats, eux-mêmes sont très clairs sur leur projet. C'est une atmosphère très particulière dans laquelle il faut s'efforcer de rentrer, un peu comme La science de rêves de Michel Gondry. Ici, les réalisateurs des messages à caractère informatif sur Canal + se sont fait plais, comme on dit à La Courneuve. Outre l'apparition de certains de ces messages (dont le magasin de vêtements), ils arrivent à mener leurs personnages dans des aventures grotesques et surréalistes qui pourtant arrivent à se tenir. C'est un délire absolu auquel participent avec beaucoup de talent Alain Chabat, dans ce rôle de has-been de la chanson, Marina Foïs en DRH particulièrement psycho-rigide et surtout Daniel Auteuil en Rain Man gominé. L'histoire profite de nombreux rebondissements et d'un message clair et intelligent qui consiste à réfléchir sur la solitude d'aujourd'hui d'un homme ancré dans le passé.
Les deux personnages principaux sont d'ailleurs plongés totalement dans le passé puisque Gilles Gabriel s'accroche désespérement à son tube et cherche à fréquenter les gens du milieu pour tenter un come-back (Je vous ai dit que l'on voyait apparaître Herbert Léonard?). Tout est subtil jusqu' certaines scènes très chorégraphiés: regardez en arrière-plan lors de la scène dite de la chanson de Pitou, le ballet des jambes féminines, c'es une vraie réussite.
Quelques scènes en passe de devenir mythiques figurent dans ce long métrage dont la scène du rêve totalement déjantée où Auteuil et Chabat chantent en costume une version très personnelle de "Mise au point" de Jackie Quartz... Et en plus, dans ce film, il y a Herbert Léonard!

Juuuuuste uuuuune miiiise au point
On pourrait reprocher au film quelques scènes totalement bizarres et pour ainsi dire trop ridicules pour être drôle, la scène du meeting n'est malheureusement pas si réussie. Il n'empêche que malgré quelques longueurs, les deux intrigues principales propres à chacun des deux personnages masculins s'imbriquent parfaitement et offre un divertissement de bonne qualité.
Isa: *** (car le film n'est pas impérissable... sauf la chanson)
Gaël: ****
17 juin 2008
Serial mother - Film de John Waters
Serial mother
Film de John Waters (1994)
Avec
Kathleen Turner
Sam Waterson
Matthew Lillard
Durée: 1h35 - Distribution: Polar Entertainment
A Baltimore, on est heureux. La famille Stuphin peut en témoigner. Beverly est mariée à un dentiste charmant et attentionné (Sam Waterson), elle a de beaux enfants un peu trop fans peut-être de films d'horreur et des voisines vieilles mais souriantes. Cela dit, Beverly cache un petit secret, elle ne supporte pas la médiocrité et se sent obligée de l'effacer quand elle la voit. Ainsi, elle peut faire une fixette sur des détails insignifiants qui la rendent dingue. C'est ainsi qu'elle va massacrer pas mal de gens dans la joie avec l'admiration béate de pas mal de gens dont ses enfants.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que Kathleen Turner s'éclate. Elle est pour ainsi dire en liberté dans cette comédie absolument déjantée où John Waters se fait un malin plaisir de dégommer une société américaine ridicule par tant de valeurs rétrogades et troublantes. Cette famille de cinglés représente certainement ce que John Waters déteste le plus avec en tête donc une mère de famille psychorigide comme rarement, excepté certainement Bree de Desesperate housewifes qui trouve indéniablement sa source dans le personnage de Kathleen Turner.
Le rôle de Beverly Stuphin ressemble à ce que l'Amérique est devenue car là est bien le sujet du film: un personnage plus que border line qui peut faire les pires atrocités sans que l'on trouve ça affreux. On s'offusque bien sûr mais c'est pour la beauté du geste, ne se lassant jamais d'admirer l'ignoble. Kathleen Turner trouve donc ici un rôle à sa mesure et Sam Warterson, le procureur général de New York Unité Spéciale, campe le rôle surprenant d'un mari surpris et dépassé. Les seconds rôles sont eux aussi très réussis avec en avant les deux enfants du couple (Matthew Lillard et Ricky Lake) qui jouent à la perfection les amateurs de films d'horreur qui voient pour ainsi dire leurs phantasmes se réaliser quand leur môman zigouille à coup de ciseaux, de téléphone et même de gigot.

Vous reprendrez bien un peu de gigot?
Les actions de l'ensemble des personnages sont cautions à reflexions car ils veulent absolument prouver leur pureté mais ne font que nous montrer le contraire. Cela donne lieu à des scènes hallucinantes avec par exemple cette scène d'amour magistrale entre Kathleen Turner et Sam Waterson ou encore l'exploitation des horreurs de leur mère par les propres enfants.
Tout ceci est subtil, plein de charme et d'acidité. C'est une comédie dérangeante car on y zigouille avec délectation mais on le fait aussi avec classe. C'est donc un anti Bernie (de et avec Dupontel que je veux d'ailleurs plus jamais revoir même si, ma prof de français de 2nde s'en rappelle peut-être, ce fut ma toute première critique de film) qu'il faut voir d'urgence.
*****
16 juin 2008
La vengeance d'une blonde - Film de Jeannot Szwarc
La vengeance d'une blonde
Film de Jeannot Szwarc (1994)
Avec
Christian Clavier
Marie-Anne Chazel
Clémentine Célarié
Durée: 1h35- Distribution: A.M.L.F.
Gérard Bréha (Christian Clavier) est l'animateur vedette d'un obscur journal sur une chaîne bretonne. Il apprend que sa candidature est acceptée pour animer le 23h sur la grande chaîne nationale dont la direction de l'info est accaparée par Marie-Ange de la Baume (Clémentine Célarié), vamp ambitieuse qui ne parle qu'audience et parts de marché. Gérard quitte sa Bretagne avec Corinne, sa femme (Marie-Anne Chazel) et ses enfants pour l'appartement de sa belle-mère (Annie Cordy), une femme particulièrement libérée. Il va alors découvrir le monde merveilleux de la télé faits de personnages ridicules et de situations ubuesques et de courses au scoop dont une où il deviendra le héros, pris dans la spirale de la soif de reconnaissance.
Ce film s'inscrit dans une série particulièrement active de comédies françaises - pas toujors réussies d'ailleurs - où la comédie cotoie une intrigue policière ou "thrillerisante" plus ou moins soutenue. Dans cette optique, le réalisateur se doit d'insérer une partie (plus ou moins importante) à l'étranger. Ce fut le cas pour La Totale, Lévy et Goliath ou encore, dans un autre style, pour Par où t'es rentré, on t'as pas vu sortir. Ce genre de comédie a vécu une petite dizaine d'années, ce film est l'un des derniers du genre avec peut-être Casque bleu de Gérard Jugnot.
Les modes sont ce qu'elles sont et Jeannot Szwarc tente ici une certaine dénonciation des médias où chacun veut la place de l'autre, où tout le monde il est faux-cul, où tout le monde il est pas sympa. En ces temps troublés de mercato médiatique où même PPDA se voit remercié, ce film a une tout autre saveur.
Pour tout vous dire, j'ai bien aimé ce film mais je voudrais évacuer une critique juste avant, histoire de ne pas l'oublier, ce serait dommage. En effet, le film est distribué par TF1 et dès lors, comment faire pour critiquer les médias, leurs cynismes, leurs jeux de dupes et leurs méthodes plus ou moins orthodoxes? Jeannot Szwarc a trouvé: il rend le patron (Angelo Infanti) intègre et humain et ce sont les collaborateurs (Clémentine Célarié et Franck De La Personne) qui sont des enflures. Ce petit numéro de lèche-bottes passé, on passe un très bon moment... mais on oublie pas par autant.
La gallerie de portrait qui nous est présentée est plutôt jouissive. Je l'ai déjà dit - et ça devient de moins en moins vrai - je n'aime pas trop Clavier mais ici, on ne peut que rendre hommage à son talent dans ce rôle de journaliste qui vend son âme, sa femme et sa petite vertu au diable, Marie-Anne Chazel est épatante en femme bafouée et Clémentine Célarié, pas assez utilisée au cinéma, joue encore le rôle de salope - mais qu'est ce qu'elle le fait bien.
Le sens de la répartie dont font preuve les personnages est admirable. lesscénaristes font feu de tout bois avec des répliques pas toujours élégantes mais efficace. Je garderai le magnifique "Qui a arraché la touffe de ta mère?" quand Clavier découvre que les enfants ont abîmé le tableau représentant la mère de Corinne (Annie Cordy) et la surtout très jolie fausse liaison sur le "Partout en France" dite par Thierry Lhermitte, ce qui rend ce merveilleux "Partouze en France" du plus bel effet.
Oui, je sais, ça tourne autour du cul. Vous vous dites que décidemment l'auteur du Ciné de Gaël a très chaud mais nooooon, c'est juste un bon moment de légèreté car l'histoire se suit avec un vrai plaisir, les deux intrigues s'imbriquant de manière intelligente même si on évite pas les stéréotypes sur les gros méchants avec blousons noirs, vie sous-terraine ou chiens méchants. Le divertissement est de qualité, il ne faut donc pas bouder son plaisir.
****
14 juin 2008
Le détonateur - Film de Pat Proft
Le détonateur
Film de Pat Proft (1998)
Avec
Leslie Nielsen
Richard Crenna
Kelly LeBrock
Durée: 1h25 - Distribution: Pathé
Ryan Harrison (Leslie Nielsen) est un violoniste de génie qui décide de prendre pour maîtresse la femme (Kelly LeBrock) d'un chef d'orchestre réputé (Mickaël York). Tout se gâte quand celui-ci est retrouvé mort à côté de Ryan qui lui a été assomé. C'est donc lui qui est accusé par le policier en charge de l'enquête (Richard Crenna) et sur le chemin de l'éxécution, le violoniste réussit à s'échapper. S'en suit une cavalcade échevelé dans pleins d'endroits différents, tellement différents que ça ressemble à des figures imposées. Tout ceci se passe sur fond d'histoires defamille très compliquées où se croisent irlandais, hommes bioniques, demi-soeurs et transsexuels.
l faudra tout d'abord m'expliquer afin d'éclaircir un point essentiel, pourquoi la version française s'appelle Le détonateur? En effet, il n'y a absolument aucune logique dans ce titre où aucune bombe n'apparaît, ou alors je me suis endormi entre temps. Il faut tout de même préciser que ce film est également connu en France sous le nom de Y a t-il un fugitif à bord, titre pour le moins limpide qui profite de la parenté avec les oeuvres des ZAZ pour s'en servir comme argument publicitaire.
Il est dommage de voir que Leslie Nielsen est capable de s'engager dans les meilleures parodies mais aussi dans les pires. Ici, on est un peu au milieu avec une tendance sauvage au pas bon. L'idée paraît alléchante puisque le réalisateur, qui est également le scénariste, souhaite réaliser un pastiche du Fugitif, l'adaptation ciné avec Harrison Ford. La première demi-heure tient ses promesses avec moultes gags sympathiques, rappelant peu ou prou ce que sait faire le trio fantastique que constituent les ZAZ. Malheureusement, durant cette partie, on commence déjà à entrevoir les vides absolus que va connaître le scénario dans quelques minutes.
C'est bien là le problème de ce film: le manque d'idée. Passé l'effet de surprise, on s'ennuie un peu voyant que les gags appelés à la rescousse ont tendance à se ramasser dans la mesure où Pat Proft cherche à les allonger à tout prix. L'un des meilleurs exemples reste le gag du soutien-gorge gâché par un effet boomerang pas particulièrement drôle et un supplément bruitage ridicule.
Parlons d'ailleurs du bruitage et du doublage. Rarement un film a autant souffert d'un doublage calamiteux composé de voix off inutiles, ressemblant aux commentaires que l'on peut subir dans Vidéo Gag, et de bruitages superflus et bêtasses qui rendent les blagues grasses et bien moins drôle. il est dommage de voir l'effet de certains gags vraiment réussis amoindris par ce genre de stratagèmes qui existent malheureusement de plus en plus dans le film de parodie.

Leslie Nielsen surpris en train
de boire pour oublier
Côté acteurs, Leslie Nielsen tire magistralement la couverture à lui et il aurait tort de s'en priver puisque l'histoire est centré sur son personnage, alors il fait le show avec une rigueur dans le n'importe quoi qui impose le respect. Forcément, les autres souffrent même si Richard Crenna, perdu dans cette production, s'en tire très bien dans un rôle de flic surmené (rôle qu'on a déjà un peu vu sous les traits d'un chef de tour de contrôle dans Y a t-il un pilote dans l'avion?) qui se borne à appeler ses collaborateurs "les filles" (je me rends compte que je le fais aussi). Les autres sont là et c'est déjà bien. Ils ne marqueront pas le cinéma par leur force comique, non pas par manque de talent mais par impossibilité de montrer quoique ce soit tant le scénario par en vrille à certains moment.
Il faut préciser la présence de Mickaël York dans un rôle absurde à la mesure de sa participation dans Austin Powers.
C'est un film mineur de Leslie Nielsen. Le parodique est un genre très particulier qui paradoxalement a besoin de subtilité. Ici, ce n'est pas le cas et c'est fort ennuyeux.
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13 juin 2008
Les aventures de Rabbi Jacob - Film de Gérard Oury (1973)
Les aventures de Rabbi Jacob
Film de Gérard Oury (1973)
Avec
Louis de Funès
Claude Giraud
Henri Guybet
Durée: 1h35 - Distribution: Films Pomereu
La question reste posée: Dois-je vous raconter l'histoire? Bon... on peut imaginer que certains n'ont jamais vu ce film alors je me lance. Victor Pivert (Louis de Funès) est un patron d'entreprise désagréable et raciste, il a pour chauffeur Saloman (Henri Guybet) qui est juif contre toutes attentes et une femme prénommée comme ma grand-mère c'est à dire Germaine (Suzy Delair) et qui officie comme dentiste. Pivert se retrouve embarqué dans le conflit israelo-palestinien après être tombé en panne non loin d'une usine de chewing-gum où Fares (Renzo Montagnani) colle des baffes au beau Slimane (Claude Giraud). Après s'être fait remarqué, Pivert et Slimane prennent l'apparence de Rabbis mais sont confondus avec Rabbi Jacob (Marcel Dalio) et entraînés dans une histoire échevelée avec à leurs trousses, Farès et le commissaire Andreani (Claude Piéplu).
C'est certainement l'une de mes comédies préférées car elle ne fait pas que rire, elle est aussi très fine. L'intelligence de l'intrigue et la subtilité des gags rend l'ensemble particulièrement intéressante. Je ne peux pas m'empêcher de penser que ce film ne pourrait plus se monter aujourd'hui. En effet, les blagues sur les juives pourraient être mal prises alors qu'elles sont ici utilisées pour dénoncer le racisme. Le personnage de Louis De Funès est un raciste (j'allais dire sale raciste mais c'est un pléonasme) risible (ce n'est malheureusement pas un pléonasme cette fois) qui ne fait que servir la thèse de l'oecuménisme et de l'attente entre les peuples.
L'intrigue est particulièrement bien menée grâce un rythme soutenu et à des gags présents de manière presque permanente. Gérard Oury et Danièle Thompson se sont surpassés dans le burlesque avec force grimaces du génial De Funès, quiproquos de fous, gags subtiles et jeux de mots rigolos ("C'était Farès, c'est effarant"). On s'amuse réellement et on ne peut que détecter les scènes cultes: la scène de la cuve à chewing-gum, du tapis roulant, de la pompe à essence et surtout, surtout, la scène de la danse qui d'ailleurs a été parodié sur fond de tektonik sur Internet (ici). D'ailleurs, dans la série parodie tektonik, je vous offre celui-ci.

Last night, a DJ saved my life
Les acteurs sont au top comme rarement avec De Funès en tête bien sûr mais aussi Henri Guybet en chauffeur attachant, Claude Giraud (qu'on a jamais revu d'ailleurs) en opposant oriental ou encore Suzy Delair en dentiste allumée. Il faut citer aussi l'ensemble des seconds rôles réjouissants que nous offre Oury car des seconds rôles il y a, et même des très surprenants: ainsi Marcel Dalio joue Rabbi Jacob, Claude Piéplu est Andreani et mon Jacques François le colonel, mais on retrouve également des petits nouveaux de l'époque avec une apparition express de Gérard Darmon qui termine dans la cuve à chewing-gum, Xavier Gélin en fiancé abruti ou encore l'apparition sur la fin de Miou-Miou qui joue la fille de Louis de Funès.
Une comédie très réussie donc qui reste selon moi l'une des plus belles réussites de la carrière du grand (par le talent) De Funès avec peut-être celui-ci. C'est une réussite absolue et une bien belle leçon sur le respect et la paix avec cette poignée de main inoubliable entre Slimane et Salomon.
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12 juin 2008
Phénomènes - Film de M. Night Shyamalan
Phénomènes
Film de M. Night Shyamalan (2008)
Avec
Mark Wahlberg
Zooey Deschanel
Ashlyn Sanchez
Durée: 1h30 - Distribution: 20th Century Fox
Dans la région de New York, rien ne se passe toujours de manière normale. Ici, nous nous retrouvons dans une histoire ahurissante où une sorte de virus véhiculé par le vent pousse les gens à se suicider. Dans cette aventure, un lycée est évacué et un prof de sciences (Mark Wahlberg) se retrouve embarqué avec sa fiancée (Zooey Deschanel) et la petite fille de son meilleur ami (Ashlyn Sanchez) dans une sorte de road-movie sanglant où personne (ou presque) ne tue personne mais où tout le monde se zigouille. l'ennemi n'est donc plus l'autre mais l'invisible, ce qui est flippant.
C'est effectivement le point fort de ce film. M. Night Shyamalan (qui est entre autres le réalisateur de Sixième sens et d'Incassable) arrive à nous amener dans l'angoisse la plus absolue car rien n'est plus sauvage quelquefois que le sous entendu. Tout ceci est d'ailleurs très original et apporte à ceux qui pourraient s'ennuyer devant le film un jeu amusant qui consiste à répertorier les manières de se suicider, de la plus classique (la pendaison) à la plus surprenante (le suicide à la moissonneuse-batteuse) et à se demander comment on pourrait bien se suicider dans une salle de cinéma (j'avais pensé à la tête dans une enceinte ou à lécher un siège, non?).
Oui, c'est angoissant et c'est très bien fichu même si on peut largement reprocher au scénariste une tendance lourde à partir un peu trop souvent dans la facilité. En effet, le plan du film paraît un peu trop simplifié et l'on s'attend à la suite même si l'angoisse joue à plein et si le fait de rentrer dans le jeu de la peur permet de ne jamais s'ennuyer. les acteurs sont corrcts sans plus, n'étant pour la plupart d'entre eux présents que quelques minutes à l'écran pour cause d'auto-génocide sauvage et continu. Seuls Mark Wahlberg et Zooey Deschanel (qui va apparaître dans beaucoup de films dans les mois qui viennent) sont là de manière continue. Si Deschanel est très convaincante dans un rôle de femme proche de l'adultère bien qu'ayant d'autres chats à fouetter, Mark Wahlberg et sa moumoute (si, c'est paraît-il une moumoute) reste toujours très moyen, se contenter d'utiliser ses deux expressions au bon moment.
Le film est de bonne facture, marque un peu surtout grâce à une fin particulièrement intelligente mais quelques éléments du scénario ne sont pas très heureux (l'utilisation des deux ados par exemple ou encore l'attitude de la vieille dame ne s'expliquent pas vraiment) et rendent le film à certains moments un peu ridicule. C'est dommage car cela mpêche de le rendre inoubliable.
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