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Film de Diane Kurys (2008)

Avec
Sylvie Testud
Pierre Palmade
Jeanne Balibar

Durée: 1h57 - Distribution: EuropaKorp

 

Voici un écrivain qui aura, c'est le moins que l'on puisse dire, défrayé la chronique durant quarante ans. Sagan (Sylvie Testud) écrit durant les vacances d'été 1954 son premier best-seller Bonjour tristesse et se voit catapultée dans le monde select de ceux qui réussissent. Tout ceci lui monte à la tête et commence alors à jouer au casino plus que de raison, à sortir, à boire beaucoup trop de whisky, à prendre des substances illicites. Elle ne sait pas vivre seule et doit alors se créer une bande de copains dont le plus fidèle et le plus célèbre est sans doute le danseur Jacques Chazot (Pierre Palmade). Sagan multiplie les aventures amoureuses avec des hommes, avec des femmes, avec ceux qui peuvent l'aimer, aimera de manière durable Betty (Jeanne Balibar) avant de rencontrer la véneneuse Astrid (Arielle Dombasle) et de disparaître abandonnée par presque tous.

Et revoilà le thème à la mode du moment, à savoir le biopic (, ou ) et c'est Luc Besson qui s'y colle en ce qui concerne la production et Diane Kurys pour la réalisation. Je l'ai déjà dit, Besson qui produit, en esbrouffe ça finit. Ici, le problème se pose légèrement dans un angle particulièremnent people de la vie de Sagan dont les livres n'apparaissent que très peu pour laisser place à une vision quelque peu escamotée de son oeuvre. Il est vrai que pour le néophite qui voit ce film sans connaître l'oeuvre de Sagan, sa vie se limite à la coucherie et aux abus. Bien sûr, cela a fait largement partie de son expérience mais ce qu'on attend d'un film intitulée Sagan, c'est avant tout l'écriture de Sagan. Elle apparaît heureusement dans des scènes merveilleuses en voix off qui distille merveilleusement ses mots avec un détachement, une classe et un désenchantement admirable.

Le deuxième piège du film est une réalisation hâchée qui rend l'ensemble quelque peu ennuyeux arrivé à la  moitié du film. En effet, Diane Kurys constitue un assemblage de moments choisis qui ne permettent pas toujours de voir l'évolution des personnages et qui semble aussi être réservé à une élite. on apprend ainsi au détour de dialogues la disparition de Chazot, on ne comprend pas toujours non plus le destin de certains tant les rôles donnés sont souvent repris aux acteurs sans leur laisser la moindre chance de les faire s'épanouir.

Ces remontrances montrent mon désarroi et non mon désamour pour ce film. J'ai trouvé l'idée bonne, les personnages attachants et l'histoire bouleversante. Les acteurs sont tous admirables avec Jeanne Balibar en maîtresse snob et pourtant si amoureuse, Arielle Dombasle en salope vénéneuse et surtout l'extraordinaire Pierre Palmade qui campe un Jacques Chazot sarcastique au naturel, ce qui me fait se poser cette question: Pourquoi ne donne t-on pas plus de rôles à Palmade car il est tout simplement génial. Je garde bien sûr la meilleure pour la fin: Sylvie Testud est habitée par le personnage de Sagan allant jusqu'au détail de la ressemblance jusqu'à sa manière de parler. C'est même l'occasion de remarquer dans le rôle de la petite amie du fils de Sagan Clémence Lenorman qui n'est autre que la fille de ... Voici les clés.
On y découvre une Sagan elle aussi désenchantée dont l'humour et l'autodérision égale (comme souvent chez tout les gens qui aiment faire rire à leurs dépens) une détresse de femme crevant de peur de terminer seule. Alors, forcément, j'ai été hanté durant l'ensemble du film par La môme car on ne peut pas faire autrement que de le comparer à celui-ci tant les personnages se ressemblent dans leurs traitements, tant le choix scénaristique (long flash back constituant le film) est indéniablement repris sur le film d'Olivier Dahan.

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La môme Sagan

On pourra donc reprocher à Diane Kurys un manque d'inventivité et une certaine routine dans sa manière de rendre compte de la vie de Sagan arrivé à la moitié du film mais beaucoup de défauts peuvent être pardonnés tant le jeu d'acteurs est excellent et arrive presque à nous faire oublier certaines longueurs.

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