Le ciné de Gaël

Je vous invite à entrer dans mon monde cinématographique qui se veut ecclectique. Que ce soient des films qui viennent de sortir ou des films plus anciens, je parle de tout!

26 mai 2008

Un conte de Noël - Film d'Arnaud Desplechin

Conte_de_noel_afficheUn conte de Noël
Film d'Arnaud Desplechin (2008)

Avec
Catherine Deneuve
Mathieu Amalric
Anne Consigny

Durée: 2h30 - Distribution: Bac Films

Cet article a été rédigé le dimanche 25 mai 2008 à 17h26, soit avant le palmarès du festival de Cannes. J'espère sincèrement que Desplechin sera à la fête.

La projection d'un film est quelquefois le pretexte à découvrir des jolies salles. Ici, c'est grâce à mon ami Arnaud (Salut jeune intendant) que je suis entré dans la Pagode, ce cinéma se trouve à deux pas des Invalides et a un confort et un charme jusque là pas vraiment égalé. Ca nous a d'autant plus plu que cette projection a été faite en compagnie de... Dominique De Villepin. Notre ancien premier passait par là pour admirer l'oeuvre de Desplechin, assis un rang devant nous.

En ce qui concerne le film, car c'est bien joli de traquer les peoples mais on a pas que ça à faire, nous rentrons dans une famille atypique dont les caractères égalent le sens du cynisme. Entre une grand mère atteinte d'un cancer particulièrement bizarre (Catherine Deneuve), un fils désenchanté, désabusé, autodestructeur et mal-aimé par la précédente mais qui peut la sauver grâce à un don de moelle épinière (Mathieu Amalric), une soeur qui hait le précédent et qui suit une analyse pour cause de deuil imaginaire et de deuil sublimé (Anne Consigny), le fils de celle-ci entièrement secoué, qui a une possibilité lui aussi de sauver sa grand mère (Emile Berling) deux cousins plus ou moins échangistes (Melvil Poupaud et l'inconnu Laurent Capelluto) et une échangée (Emmanuelle Devos), le patriarche (le charmant Jean-Paul Roussillon) ne sait pas trop où donner de la tête en cette veille de Noël, période cruciale où les familles volent en éclats, où les quatre vérités vous tombent dessus.

Dire que j'y allais à reculons est plus ou moins vrai. En fait, la longueur m'inquiétait terriblement. Le sujet selon moi ne pretait pas à autant de pellicules. Arnaud Desplechin réalise cependant une oeuvre admirable qui sait profiter des situations et du caractère de ses personnages pour faire dans la finesse. Les acteurs sont au top comme rarement avec en tête une Catherine Deneuve très en forme et surtout, surtout, Mathieu Amalric. Ce n'est pas un acteur que j'aime beaucoup car il me paraît au dessus des partis, trop ellitiste à mon goût. Ici, dans ce film pourtant très ellitiste d'ailleurs dans son fonctionnement, il fait des merveilles dans ce rôle de mysanthrope déglingué qui se tape la tête contre les murs tant et plus pour se faire mal et pour faire mal aux autres. Il souffre d'un départ. Sa soeur aussi souffre d'un départ, et pas mal d'autres en souffrent. Ce n'est jamais le même départ mais tous se retrouvent dans cette même douleur qui éloignent les gens et qui rend incisif et cynique.

La peinture des sentiments se fait avec une justesse inouie. les problèmes des uns et des autres se font effectivement dans une sphère qui est certainement pas la nôtre (pour la plupart de mes lecteurs). C'est bien la seule chose qu'on pourrait reprocher à Desplechin, nous seriner avec la bourgeoisie, comme si elle était la seule à savoir sublimer les sentiments du malheur. et alors? Les modestes aussi ont leurs malheurs, les smicards intéressent aussi, peuvent vivre aussi la même chose sans pour autant entrer dans certains poncifs! Au delà de ce point plutôt énervant, on apprécie le regard porté par Desplechin que l'on excuse tant le traitement des personnages est violent, et juste surtout.

conte_de_noel_pics
Réalisé sans trucages

C'est aussi le cynisme qui en fait une réussite avec des dialogues prodigieux de désenchantement et de décalage, la palme revenant à la scène de baston dans la cuisine et la scène du départ de Chiara Mastroianni quand elle disserte sur les réveillons avec Mathieu Amalric. Le spectateur rit, sourit, s'émeut, perd son temps à aucun moment, malgré une fausse sortie dix minutes avant la fin. Les situations ne toucheront certainement pas tout le monde, c'est vrai, mais cela reste une belle leçon.

*****

Posté par lecinedegael à 00:09 - Comédie dramatique - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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