22 mai 2008
Le bal des casse-pieds - Film d'Yves Robert
Le bal des casse-pieds
Film d'Yves Robert (1992)
Avec
Jean Rochefort
Miou-Miou
Jean Yanne
Durée: 1h39 - Distribution: Gaumont
Henri Sauveur (Jean Rochefort) n'en peut plus, il est entouré de gros cons qui sont nés pour le faire chier. Comme tout à chacun, il se trimballe son lot d'emmerdeurs. De son meilleur ami en passant par sa femme et tous les gens qui le croisent, ce vétérinaire est mieux avec ses animaux qu'avec les hommes (et comme, certains jours, je le comprends) et doit se farcir tous ces connards. Il n'a donc pas de chance jusqu'à l'arrivée de l'Elue (Miou-Miou) qui va lui permettre de voir la vie, non pas rose, mais en tout cas moins noire.
Voici un film comme je les aime, un film chorale (comme celui-là, celui-là ou celui-là). Et là, on peut dire qu'on est gâté. Les acteurs de ce film sont absolument merveilleux et on prend du plaisir à les voir jouer leurs partitions: Jean Carmet en con à chiens, Jacques Villeret en dépressif collant, Hélène Vincent en soeur chiante, Victor Lanoux en patron débordé, Guy Bedos en pessimiste, Michel Piccoli en gay optimiste, Jean-Pierre Bacri en chauffeur irrascible ou Jean Yanne en passager irritant. Signalons aussi Véronique Sanson (eh oui), Didier Gustin et Patrick Timsitt avec deux "T".
C'est tout ce que j'aime sur le papier mais le passage du scénario à la pellicule est malheureusement un peu difficile. Yve Robert forme donc un assemblage de scènes très sympathiques mais téléphonées, où le travail d'acteur est vraiment mis en avant. Ils sont d'ailleurs servis par des dialogues ciselés et admirables, signés Jean-Loup Dabadie. Yves robert nous gratifie que quelques scènes incroyables comme la scène du marché avec les maraîchers gays ou la scène où Valérie Lemercier singe le chevreuil. Là où la déception se fait sentir, c'est cette volonté butée de laisser la part belle à l'histoire d'amour entre Jean Rochefort et Miou-Miou qui tombe dans le mièvre un peu trop fréquemment et qui plombe ainsi le rythme haletant de cette comédie qui, sans ça, serait enlevé. A partir de la moitié du film, l'effet de surprise n'apparaît plus et n'agit plus, les acteurs se contentant de se pointer comme ça pour dire bonjour mais le plaisir a disparu, on s'attend à la fin.
Heureusement, on a la voix off de Rochefort qui raconte sa vie avec beaucoup d'intelligence et de mordant comme dans un journal intime oral, on obtient un film d'une drôlerie et d'un désenchantement absolu où un personnage qui aime être seul et dont l'entourage ne comprend pas ce plaisir souffre quand nous, on rit et on s'interroge. C'est passionnant et intelligent, c'est lent et irritant.
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